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FRANCE

Le tueur en série Émile Louis est mort

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/10/2013

Condamné à la prison à perpétuité dans l'affaire des disparues de l'Yonne, Émile Louis est mort dimanche matin, à l'âge de 79 ans. Il avait été transféré il y a quelques jours de sa prison vers un hôpital sécurisé en raison de son état de santé.

Meurtrier et pervers hors normes, il était l'un des plus célèbres tueurs en série français. Émile Louis, condamné en 2004 à la prison à perpétuité pour le meurtre des sept "disparues de l'Yonne", est mort dimanche matin à l'âge de 79 ans à Nancy, a indiqué l'un de ses avocats. "Il est mort ce (dimanche) matin" à l'unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de Nancy, où il avait été admis lundi dernier en raison de la dégradation générale de son état de santé, a indiqué à l'AFP son avocat, Alain Fraitag, confirmant une information de l'Est Républicain.

Cet homme qui a longtemps caché son extrême cruauté derrière une apparente normalité de chauffeur de bus purgeait jusqu'alors sa peine à la prison d'Ensisheim (Haut-Rhin), aux côtés d'autres tueurs en série comme Francis Heaulme ou Guy Georges. Dernièrement, il faisait des chutes à répétition et avait perdu au moins 20 kilos, selon une source proche du dossier. Ironie du sort, son hospitalisation était intervenue alors qu'il devait être vu lundi par un expert médecin dans le cadre d'une demande de suspension de peine pour raisons de santé.

Il avait été interpellé en décembre 2000 dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de sept jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans : des pupilles de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) et déficientes mentales légères, qui avaient disparu dans la région d'Auxerre entre 1975 et 1979. La plupart d'entre elles avaient recours au bus scolaire conduit par Émile Louis. L'une d'entre elles avait été sa maîtresse et une autre avait été placée dans la famille du chauffeur de car.

Sa condamnation à la prison à vie en 2004, assortie d'une peine de sûreté de 18 ans, avait été confirmée par la Cour d'assises d'appel de Paris en 2006. Il avait également été condamné à 30 ans de réclusion criminelle avec une sûreté de 20 ans pour viols avec torture et actes de barbarie sur sa seconde épouse et agressions sexuelles sur la fille de celle-ci.

Enfant de la DDASS 

Né à Auxerre le 26 janvier 1934, Émile Louis, comme les disparues de l'Yonne, était lui aussi un enfant de la DDASS, abandonné à la naissance puis placé dans une famille d'accueil où il avait beaucoup souffert. "Émile Louis a vécu une forme de maltraitance affective, inspirée par une figure parentale cruelle créant très tôt chez lui la représentation de liens sado-masochistes", avait dit un expert psychologue aux assises de l'Yonne en 2004.

Plusieurs spécialistes ont avancé l'hypothèse d'un clivage de sa personnalité, né de cette enfance douloureuse. D'un côté, Emile Louis montrait le visage d'un "bon père" de quatre enfants, un "homme sans tache". Plusieurs témoins avaient d'ailleurs évoqué un homme "jovial", "poli", et très "compréhensif", notamment à l'égard des jeunes femmes fragiles psychologiquement qu'il conduisait dans son bus.

Tueur hors série

Toutefois, son parcours judiciaire semé de multiples poursuites et condamnations pour des faits de viols ou d'agressions sexuelles, avait fait apparaître la face sombre du personnage. Émile Louis éprouvait une "véritable jouissance à établir une domination sur l'autre", estimait un psychologue en 2006, parlant de lui comme un "extrême de la perversion, de la cruauté, de la souffrance", "un tueur hors série".

Devant la cour d'assises de l'Yonne, l'accusé Émile Louis n'avait pas laissé transparaître la moindre émotion, en dehors de regrets rapides, lors du défilé à la barre de ses anciennes victimes, qui faisaient état avec douleur de ses pratiques sexuelles perverses. Résumant les analyses des experts, le président du procès de première instance l'avait dépeint comme "une forteresse entourant un vide affectif sidéral".

L'avant-dernier jour du procès des disparues de l'Yonne en 2004, Émile Louis avait émis le souhait de "finir ses jours dans un monastère", s'il avait "le bonheur de sortir de prison". Avant d'ajouter : "Finalement la prison et le monastère, c'est un peu pareil".

Avec dépêches

Première publication : 20/10/2013

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