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EUROPE

Les Espagnols s'unissent pour lutter contre la chereté de l'énergie

© AFP

Vidéo par Adeline PERCEPT , Clément PERROUAULT

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/10/2013

Face à la flambée des prix de l'électricité en Espagne, de plus en plus de consommateurs s'organisent en coopérative afin de réduire leur facture énergétique. Reportage.

Alors que le prix de l'électricité a augmenté de 80% depuis 2006 et que la bulle des énergies renouvelables explose, les Espagnols n'hésitent plus à s'organiser en coopératives unies pour acheter leur énergie moins cher. Une association regroupant 400 000 usagers vient de lancer un appel d’offres aux entreprises énergétiques espagnoles afin d’obtenir des petits prix sur l’électricité pour les 12 prochains mois. Une façon de lancer un défi aux grandes entreprises de ce secteur quasi monopolistique en Espagne. 

À Fuenlabrada, en banlieue de Madrid, Carolina Minguez gagne 1 000 euros par mois, la moyenne espagnole. Avec une facture d'environ 80 euros, le prix de l’électricité est devenu un vrai problème pour elle. "La facture a augmenté de 60% depuis le début de la crise", rappelle Carolina Minguez. Ce n’est pas un luxe, c’est un service essentiel pour les gens, et son prix augmente énormément alors que tous les salaires baissent. C’est la double peine pour le consommateur."

Carolina Minguez fait partie des 477 000 Espagnols qui se sont unis au sein d'une coopérative baptisée "Je veux payer moins cher " pour lancer un appel d’offres aux entreprises distributrices d’électricité. "En Espagne, c’est la première fois qu’il y a ce type d’action collective pour faire pression sur un marché", souligne-t-elle.

"On ne peut pas changer les règles du jeu en plein match"

L’électricté espagnole est la troisième plus chère d'Europe. Le pays doit beaucoup importer, et les autorités semblent ne plus croire à la solution alternative des énergies renouvelables. Après avoir coupé les subventions au secteur, Madrid veut désormais imposer une taxe sur le solaire.

"On ne peut pas changer les règles du jeu en plein match", déplore le porte-parole de l'association de consommateurs Organización de Consumidores y Usuarios (OCU) . Si on a décidé au départ de miser sur les énergies renouvelables, il faut le faire jusqu’au bout. Il faut faire de l’Espagne une puissance en la matière, et ne pas tout laisser inachevé. À la fin, celui qui paye c’est le consommateur."

Pour le gouvernement espagnol, il fallait absolument dégonfler la bulle du solaire. Il y a quelques années, des dizaines de milliers d’Espagnols ont été incités par l’État à investir et revendre leur électricité aux compagnies espagnoles, avec des promesses de rentabilité juteuse. Des promesses aujourd’hui envolées.

"Nous avons un soleil magnifique, profitons-en"

Justo Cruz-Rodriguez a investi 380 000 euros dans les plaques photovoltaïques. Il a  hypothéqué sa maison, celle de son père et de sa fille, et son entreprise. "À chaque fois que je les regarde, ça me rend très triste, regrette ce petit investisseur en regardant ses panneaux solaires. Pourtant, je l’ai fait en y croyant vraiment. Ma situation économique, celle de mon père et de ma fille sont en sérieux danger parce que le gouvernement n’arrête pas de changer les conditions tarifaires du solaire. Alors que nous, nous avons signé à l’époque des contrats fixes avec Iberdrola et l’État espagnol sur 25 ans !".

Pour lui, l’Espagne championne du solaire, montrée en exemple ces dernières années, appartient au passé. "De cette Espagne, il ne reste rien. De quoi dispose le sud de l’Espagne ? Ici, nous avons un soleil magnifique. Alors profitons-en !, insiste Justo Cruz-Rodriguez. Si on peut en tirer une énergie propre et renouvelable, que nous pouvons vendre à d’autres pays, ou produire pour notre consommation, pourquoi ne pas le faire ?".

Avec 26 milliards d’euros de déficit énergétique, Madrid cherche à réduire ses coûts. Cependant, 55 000 petits investisseurs seraient affectés par le sacrifice du développement du solaire.

Première publication : 24/10/2013

  • Énergies renouvelables : l'exemple espagnol

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