Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Les "MarocLeaks" inquiètent le pouvoir marocain

En savoir plus

#ActuElles

Jouets sexistes : le marketing des fabricants en cause

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Joyeux Noël... laïc !

En savoir plus

REPORTERS

Argentine : le bilan Kirchner

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Cuba - États-Unis : la fin de la guerre froide ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

La Grèce fait trembler les marchés

En savoir plus

À L’AFFICHE !

La personnalité tourmentée de "Mr. Turner"

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : colère à Peshawar lors des funérailles des écoliers assassinés

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

François Hollande, un recentrage à gauche ?

En savoir plus

asie

La Mongolie, nouvel eldorado économique des Européens

© AFP

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 24/10/2013

Le déplacement de Laurent Fabius en Mongolie, vendredi et samedi, ne sera pas uniquement diplomatique. La France va chercher à se positionner dans un pays qui affiche une croissance à deux chiffres et un secteur minier en plein essor.

C’est le défilé des investisseurs étrangers actuellement en Mongolie. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, doit se rendre à Oulan-Bator, vendredi 25 et samedi 26 octobre, aux côtés d’une délégation de chefs d'entreprises publiques et privées. Cette visite - la première pour un chef de la diplomatie française - fait suite à celle d’Angela Merkel la semaine dernière. Accompagnée elle aussi de grands patrons allemands, la chancelière a signé un accord sur l'exploitation du charbon et le groupe Siemens a paraphé un contrat portant sur des turbines à gaz.

En courtisant la Mongolie, les grandes puissances européennes espèrent ainsi profiter des immenses richesses naturelles dont regorge le pays, telles que le charbon, le cuivre, l’uranium ou encore l’or. L’ancien pays communiste, qui a rejoint l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1997, "commence tout juste à exploiter ses ressources - estimées à 1 300 milliards de dollars", témoignait sur FRANCE 24 en juin dernier Lee Cashell, PDG de Asia Pacific Investments Partners, un des plus grands groupes d’investissements du pays. L’Américain, qui s’est installé à Oulan-Bator en 2001, table "sur une croissance du pays sur le long terme, qui devrait durer les vingt prochaines années". Enclavé entre la Chine et la Russie, le vaste pays peuplé de seulement 3 millions d’habitants a connu des croissances économiques très élevées ces trois dernières années : +17,5% en 2011, +12,4% en 2012 et les prévisions de croissance économique pour 2013 sont supérieures à 13%, selon la Banque mondiale.

"Le troisième voisin"

Dans ce contexte, les entreprises françaises qui font partie de la délégation (Areva, Sanofi, Air Liquide ou encore GDF Suez) ont de nombreuses cartes à jouer, notamment dans des secteurs comme l’énergie, la construction, l’environnement, les transports ou l’agriculture. La France, grande consommatrice d'énergie nucléaire, aurait un intérêt certain à s'approvisionner en uranium en Mongolie. Areva, qui prospecte depuis dix ans dans le pays, espère concrétiser un "projet stratégique" d'exploitation d'un gisement d'uranium.

Des responsables de Systra (ingénierie des transports), Arianespace, Thales Alenia Space (TAS) et Astrium (filiale du groupe EADS) feront également le déplacement à Oulan Bator pour se positionner. Le moment est bien choisi puisque la Mongolie souhaite améliorer ses transports ferroviaires -5 600 km de voies ferrées sont prévus- et passer "à la vitesse supérieure" dans le domaine des hautes technologies, en se dotant de deux satellites.

Le développement économique très florissant que connaît la Mongolie depuis trois ans ne profite pas à tous. Sa croissance n'est pas suffisante pour réduire la pauvreté, et  les forts taux d’inflation (15 à 18 %) affectent les conditions de vie des populations les plus vulnérables. Aujourd'hui, 36% de la population vit sous le seuil de pauvreté et le chômage atteint les 60%.
 

Quelque peu étouffé entre ces deux grands voisins, la Russie et la Chine, les autorités mongoles ne devraient  pas être insensibles aux intérêts français. Dépendant de son voisin chinois, qui représente 86% des exportations, le pays affiche une volonté de diversifier ses relations politiques, culturelles et économiques. D’autant que le ralentissement économique de la Chine n’est pas sans conséquences pour la Mongolie puisque ses investissements directs étrangers ont chuté de 43% sur la première moitié de l'année.

Le pays a donc tout intérêt à appliquer sa politique étrangère dite du "troisième voisin", visant à renforcer les liens avec l’Europe (France et Allemagne notamment). D'ores et déjà le président français François Hollande a invité son homologue mongole, Tsakhia Elbegdorj, à Paris : une visite qui pourrait se faire dès janvier 2014.

Première publication : 24/10/2013

COMMENTAIRE(S)