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EUROPE

Le Groenland ouvre les vannes de ses gisements miniers

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 26/10/2013

Après avoir longuement hésité, le Groenland a autorisé jeudi l’exploitation de ses minerais dans ses sous-sols. Une décision aux conséquences désastreuses, selon de nombreuses organisations environnementales.

"C'est un moment historique pour le Groenland", s'est réjoui le ministre groenlandais de l'Industrie et des Minerais, Jens-Erik Kirkegaard, en annonçant, jeudi 25 octobre, la levée de l'interdiction de l'exploitation minière, comme l'uranium, sur son île. "Ce projet est le plus grand jamais vu au Groenland, ouvrant de grandes perspectives pour l'avenir de notre société."

Le gouvernement groenlandais a d’ores et déjà signé, avec le producteur London Mining, un permis d'exploitation d'un gisement de minerai de fer, situé à 150 km au nord-est de la capitale Nuuk, qui devrait produire 15 millions de tonnes par an. L'entreprise britannique envisage, dans un premier temps, un chantier de construction de trois ans, employant de 1 000 à 3 000 personnes, en majorité des ouvriers chinois.

"Nous sommes plus que des icebergs"

L’intérêt économique est évident, mais pas seulement. Bien que le Groenland, ancienne puissance coloniale du Danemark soit autonome depuis 2009, Copenhague verse toujours une subvention, qui représente plus de la moitié du budget de l'État. Les larges subsides de l’exploitation minière permettraient aux 57 000 habitants de l’île, essentiellement des Inuits, de gagner leur indépendance financière.

"Nous voulons que le monde sache, que nous sommes plus que des icebergs : nous sommes une société civilisée", avait déjà fait savoir Palle Christiansen, ministre groenlandais de l'Éducation, de la Recherche et de la Coopération nordique, lors d'une conférence de presse à Paris le 9 juin 2011, exprimant le désir de ses concitoyens d'atteindre le même niveau de vie, que celui du reste de l'Occident.

Une position partagée par la majorité des habitants de l’île, qui avaient, lors des élections législatives en mars, porté au pouvoir des sociaux-démocrates, soucieux de tirer partie des ressources minières dans les sous-sols.

Des dangers écologiques "immenses"

Si la nouvelle activité réjouit une majorité de Groenlandais, elle n’est pas du goût des organisations environnementales, qui voient là une menace du système écologique de l'Arctique. "Les dangers de l'exploitation pétrolière en Arctique sont immenses", affirme-t-on dans un communiqué de Greenpeace France.

"L’exploitation des ressources pétrolières de l’Arctique serait catastrophique en terme d’émissions de CO2", poursuit le document publié par l’ONG. "La construction de plateformes pétrolières ou d'oléoducs menace directement les coraux d'eau froide, qui, pour certains, ont plus de 2 000 ans, et comptent parmi les plus vieux animaux vivants de la planète", s’inquiètent les responsables de l’ONG.

Et en cas de pollution, les conséquences pourraient être désastreuses. "Températures glaciales, conditions climatiques extrêmes et éloignement géographique constituent de sérieux obstacles aux interventions de dépollution."

Mads Christensen, directeur exécutif de Greenpeace Nordique, va plus loin. "Nous ne croyons pas que l'énergie nucléaire est une bonne mesure, et nous craignons que l'uranium peut tomber entre les mains de mauvaises personnes, être utilisé dans la fabrication d'armes nucléaires ou des bombes."

Une terre qui attise les convoitises

Reste que cette nouvelle autorisation pourrait également ouvrir la voie à l'exploitation des terres rares, matières premières très recherchées par les pays fabricants des produits technologiques et notamment par la Chine. "Or bleu avec de l'eau en abondance, or noir avec le pétrole, or vert grâce aux terres rares, or tout court et uranium, le Groenland possède tout ce qui attire la Chine", estime Damien Degeorges, doctorant en sciences politiques, spécialiste des enjeux du Groenland sur le site actua-environnement.com.

Devant un tel enjeu financier, qui aiguise les appétits des plus grandes puissances, le gouvernement du Groenland doit veiller à garder la tête froide, comme le rappelle Damien Degorges. "Dans l'éventualité d'un Groenland indépendant, d'un point de vue de sécurité énergétique et de sécurité tout court, il est crucial que l'économie reste stable. Si le Groenland veut faire évoluer sa politique, il a tout intérêt à rester maître de son destin".

Première publication : 25/10/2013

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