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Afrique

"Boeremag", ces suprématistes blancs qui voulaient tuer Mandela

© AFP | Deux des accusés en 2012, lors du procès.

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 29/10/2013

Vingt membres de l’organisation suprématiste blanche "Boeremag" ont écopé de peines allant de cinq à 35 ans de prison en Afrique du Sud. Le groupe, responsable d'une série attentats à Soweto en 2002, projetait d’assassiner Nelson Mandela.

Ils ne projetaient rien de moins que de semer le chaos dans la communauté noire d’Afrique du Sud, de tuer Nelson Mandela et de chasser tous les Noirs et Indiens du pays. Vingt membres de l’organisation d’extrême droite "Boeremag", "force boer" en afrikaan (Boer est le nom donné aux descendants des premiers colons hollandais d’Afrique du Sud), ont été condamnés mardi 29 octobre à des peines allant de cinq à 35 ans de prison.

"Les accusés ont eu pour objectif de renverser le gouvernement avec des méthodes inconstitutionnelles impliquant de la violence", a déclaré le juge de la Haute cour de justice de Pretoria, Eben Jordaan, avant d’annoncer les sentences. "Il ont planifié des attaques violentes contre des personnes de couleur, ce qui auraient certainement provoqué, en représailles, des attaques contre des Blancs", a-t-il poursuivi.

Haute trahison

En août 2012, à l’issue d’un procès long de près de 10 ans, les prévenus ont été reconnus coupables de haute trahison pour avoir fomenté un complot contre le gouvernement, un crime auquel s’ajoute celui de meurtre pour cinq d’entre eux. Dans le système juridique sud-africain, les sentences font l’objet d’une délibération postérieure à la déclaration de culpabilité. Ce n’est donc que ce mardi que les accusés ont connu la durée des peines dont ils ont écopé.

Les méfaits de la "Boeremag" remontent principalement à 2002. Dans la nuit du 29 au 30 octobre de cette année-là, une série d’attentats sème la panique dans le township de Soweto, au sud-ouest de Johannesburg. Une mère de famille meurt dans l’une des explosions, des dizaines de personnes sont blessées. Quelques jours plus tard, les attaques sont revendiquées par un groupuscule de suprématistes blancs jusqu’alors inconnu, la "Boeremag", également appelé "les guerriers de la nation boer" par la presse.

"Nous déclarons que ces attaques sont le début de la déchéance du gouvernement dirigé par le Congrès national africain [ANC, parti encore au pouvoir, créé par Nelson Mandela], et nous assumons toutes nos responsabilités en ce sens", déclare le groupe dans les colonnes d’un journal rédigé en langue afrikaan. À la fin du mois de novembre 2002, deux autres bombes explosent dans le pays.

Nelson Mandela ciblé

Le groupe avait également dissimulé une bombe sur la route que devait emprunter l’icône de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la paix, Nelson Mandela, pour se rendre dans une école rurale. Leur tentative d’assassinat avait échoué : l’ancien président (1994-1999) s’était finalement déplacé en hélicoptère. Le plan du groupe était clair : multiplier les attaques contre la communauté noire, prendre le contrôle de bases militaires, renverser le gouvernement, instaurer la loi martiale dans le pays et en chasser les Noirs et les Indiens.

La police a rapidement arrêté une vingtaine de membres de l’organisation. Leur procès commence courant 2002, il durera dix ans et sera émaillé de plusieurs incidents. Deux accusés, notamment, parviennent à s’évader lors d’une audience en 2006. Ils ne seront arrêtés que plusieurs mois plus tard. Cinq ans plus tard, ils renouvellent leur tentative, accompagnés de trois autres prévenus. Leur fuite ne dure cette fois que quelques minutes. Ce procès est considéré comme le plus onéreux de l’histoire de l’Afrique du Sud. 

Première publication : 29/10/2013

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