Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Côte d'Ivoire : fin des audiences de la CDVR

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Les temps forts de la Fashion Week à Paris

En savoir plus

FOCUS

Italie : le phénomène Renzi

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Hubert Reeves, président de "Humanité et biodiversité"

En savoir plus

DÉBAT

France - budget 2015 : le gouvernement serre la ceinture (Partie 2)

En savoir plus

DÉBAT

France - budget 2015 : le gouvernement serre la ceinture (Partie 1)

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Narendra Modi à la conquête des États-Unis

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Guerre des nerfs"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Ebola : ne pas oublier l'Afrique

En savoir plus

  • Le Dalaï-lama privé de visa : le sommet des Nobel de la paix du Cap annulé

    En savoir plus

  • Assassinat d'Hervé Gourdel : quinze personnes visées par des poursuites judiciaires

    En savoir plus

  • Les députés turcs se prononcent sur une intervention contre l'EI

    En savoir plus

  • Bourse de Tokyo : un trader fait une bourde à 617 milliards de dollars

    En savoir plus

  • Mondial-2015 : des footballeuses partent en guerre contre la Fifa

    En savoir plus

  • Equipe de France : Gignac et Payet retrouvent les Bleus

    En savoir plus

  • Quand les touristes chinois découvrent la fronde à Hong Kong

    En savoir plus

  • Le chef de Boko Haram revient à la vie... pour la quatrième fois

    En savoir plus

  • Décès du père d'un journaliste harcelé par un hacker israélien

    En savoir plus

  • Arrestation d’"El H", le baron de la drogue qui valait 5 millions de dollars

    En savoir plus

  • Ebola, EI, coronavirus : la Mecque sous haute surveillance pour le Hadj

    En savoir plus

  • En images : les ratés du Secret Service de la Maison Blanche

    En savoir plus

  • Juppé contre Sarkozy : Chirac choisit son ancien Premier ministre

    En savoir plus

  • Nicolas Sarkozy propose un contrat de cinq ans pour les fonctionnaires

    En savoir plus

  • Ebola au Liberia : les chiffres de l'OMS sont "faux", affirme Ellen Johnson Sirleaf

    En savoir plus

Economie

Londres veut faire de la City le "centre occidental" de la finance islamique

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 29/10/2013

Le Royaume-Uni a décidé de devenir le premier pays non-musulman à lancer un emprunt public, d’une valeur de 234 millions d’euros, conforme aux principes du droit musulman. Une manière de faire profiter la City du boom de la finance islamique.

C’est une première pour un pays non-musulman. Le Royaume-Uni a annoncé, mardi 29 octobre, que le gouvernement allait émettre un “sukuk”, un titre financier conforme aux principes du droit musulman, afin de lever 200 millions de livres sterling (234 millions d’euros).

Une initiative qui vise à faire de la City “le centre incontesté de la finance islamique dans le monde occidental”, écrit George Osborne, le ministre des Finances dans le quotidien économique “Financial Times”. L’émission de ce premier “sukuk” doit être confirmée et précisée par le Premier ministre, David Cameron, lors du World Islamic Economic Forum (le Davos de la finance islamique) qui se tient à Londres du 29 octobre au 31 octobre.

Pour l’heure, Londres n’en est, en effet, encore qu’à la déclaration d’intention. Il manque un élément essentiel à ce “sukuk” : savoir à quel actif il va être adossé. Les principes du droit musulman interdisent aux produits financiers de générer des intérêts. Un "sukuk" doit donc s’appuyer sur un actif réel qui ne serait pas “haram” (illicite). Il peut ainsi s’agir d’un bien immobilier ou “d’un projet d’infrastructure comme la construction d’une autoroute qui permettrait à tous les investisseurs ayant souscrit au 'sukuk' d’en détenir une part”, précise à FRANCE 24 Kader Merbouh, directeur du master Principes et pratiques de la finance islamique à l’université Paris-Dauphine.

Redorer le blason de la City

Si les contours de cette initiative britannique doivent encore être précisés, elle n’en demeure pas moins “un signal fort pour les investisseurs du monde musulman”, assure Kader Merbouh. En ce sens, l’annonce du gouvernement Cameron est avant tout une opération de communication pour redorer le blason de la City, écorné par les scandales à répétition comme celui du Libor. “En s’ouvrant officiellement aux principes de la finance éthique, la City cherche, en partie, à se dédouaner aux yeux d’éventuels investisseurs de ses autres pratiques”, confirme Kader Merbouh.

Et pour Londres, les enjeux de cette opération de séduction sont importants. Le poids de la finance islamique a explosé depuis le début du XXIe siècle. “La valeur des 'sukuk' émis au niveau international est passé de 3,5 milliards de dollars [2,5 milliards d’euros] en 2003 à 44,8 milliards de dollars [32,5 milliards d’euros] en 2012”, rappelle le “Financial Times”.

La France dans le viseur

Mais on ne s’improvise pas “centre incontesté de la finance islamique dans le monde occidental” du jour au lendemain. Pour l’instant, les principales places européennes pour la finance islamique sont “dans l’ordre, la France, le Luxembourg, l’Allemagne et la Belgique”, rappelle Kader Merbouh.

Le Royaume-Uni, encore à la traîne, “essaie en fait de détourner l’attention des investisseurs du monde musulman des centres traditionnels en Europe continental”, estime cet expert. Une sorte de déclaration de guerre qui vise, donc, au premier chef Paris. “C’est une manière de pointer du doigt l’attentisme de la France en la matière et de dire ‘regardez, nous nous agissons’”, précise Kader Merbouh.

Pour lui, la vraie question est maintenant de savoir comment la France va réagir. L'universitaire souligne que l’Hexagone dispose d’indéniables avantages comme “l’expertise reconnue à l’étranger des banques françaises en matière de finance islamique, des actifs - notamment dans l’immobilier - de grande qualité et une importante communauté musulmane qui pourrait être intéressée par ce genre de placements.” Reste qu’il ne faut pas, d’après Kader Merbouh, se reposer sur ses lauriers et négliger l’importance, très bien comprise par Londres, du message politique pour créer de la confiance chez les éventuels investisseurs.

Première publication : 29/10/2013

  • BANQUE

    Paris courtise la finance islamique

    En savoir plus

  • CRISE FINANCIÈRE À DUBAÏ

    La finance islamique montre ses faiblesses

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)