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Asie - pacifique

Incident place Tiananmen : Pékin procède aux premières arrestations

© AFP | La place Tiananmen à Pékin

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/10/2013

Les autorités chinoises ont arrêté cinq personnes suspectées d’être impliquées dans "l’attaque terroriste" qui a fait cinq morts et 40 blessés, lundi, place Tiananmen à Pékin.

La police chinoise a annoncé mercredi avoir interpellé cinq suspects après l'"attaque terroriste" qui a fait cinq morts et 40 blessés lundi place Tiananmen à Pékin.

La place emblématique, centre névralgique du pouvoir en Chine, a été le théâtre d'une "violente attaque terroriste, soigneusement planifiée, organisée et préméditée", a affirmé le bureau de la sécurité publique de la capitale chinoise, sur son site de microblog officiel.

Cet attentat a été perpétré grâce à un véhicule immatriculé dans la région du Xinjiang, où vivent les Ouïghours, une minorité musulmane rétive à la tutelle de Pékin.

Lundi, juste après midi, cette voiture de type 4x4 a percuté des touristes et policiers, avant d'exploser devant l'entrée de la Cité interdite, sous le grand portrait de Mao Tsé-toung.

Le conducteur et les deux occupants du véhicule sont morts, ainsi qu'une touriste de nationalité philippine et un touriste de la province méridionale chinoise du Guangdong, selon la police. Quarante personnes ont été blessées, selon un dernier bilan.

Sans employer le terme d'attaque-suicide, la police a précisé que les suspects "décédés sur place" avaient mis le feu à des bidons d'essence qu'ils transportaient, provoquant l'explosion et l'incendie de la voiture.

Les trois occupants de la voiture faisaient partie d'une même famille : le chauffeur, répondant au nom d'Osmane Hassan, selon la transcription de son nom en chinois, était accompagné de sa mère et de son épouse, selon le communiqué de la police.

Les enquêteurs ont retrouvé dans la carcasse du véhicule des jerricans d'essence, deux couteaux, une barre en métal et des banderoles avec des inscriptions religieuses fondamentalistes, ont précisé les autorités policières.

Aux domiciles "provisoires" des cinq suspects arrêtés, des banderoles appelant au djihad et des sabres ont été retrouvés, selon la police, qui ne fournit pas d'autre précision.

Les autorités et l'ensemble de la presse officielle chinoises refusaient jusque-là d'admettre explicitement que le coeur de Pékin ait pu être le théâtre d'un attentat.

C'est autour de la place Tiananmen que le régime communiste a maté dans le sang au printemps 1989 le mouvement pour la démocratie.

Mais la piste de l'attentat s'est confirmée ces dernières 48 heures, les policiers ayant envoyé aux hôtels de la capitale deux avis de recherche identifiant au total huit suspects originaires du Xinjiang.

C'est la télévision d'Etat CCTV qui a la première annoncé les arrestations et la qualification d'attentat pour ces faits, à propos desquels les médias officiels se contentaient de compte-rendus laconiques.

"Les arrestations ont été effectuées dix heures après les faits, qui sont désormais qualifiés d'attaque terroriste", a précisé CCTV dans un communiqué sur ses comptes de microblog.

Les cinq interpellations de suspects ont été confirmées par une dépêche de l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

Le Xinjiang est une immense région chinoise frontalière de l'Asie centrale. Musulmans turcophones, les Ouïghours en composent l'ethnie majoritaire.

Cette immense "région autonome", aux confins occidentaux de la Chine, est régulièrement secouée par des troubles en raison des fortes tensions entre Han, l'ethnie majoritaire en Chine, et Ouïghours. Les autorités accusent invariablement de "terrorisme" les militants ouïghours.

Mercredi, un nombre inconnu des victimes de l'attentat restaient hospitalisées. Un journaliste de l'AFP a tenté d'entrer en contact mercredi avec certaines d'entre elles en se rendant à l'hôpital public Tongren de Pékin, mais s'y est vu refuser l'accès.

"Tous les patients impliqués dans l'événement sont en voie de rétablissement et il ne serait pas commode que vous les rencontriez maintenant", lui a déclaré une infirmière.

Une vaste censure se poursuivait en parallèle sur l'internet.

Une organisation exilée a par ailleurs affirmé mercredi redouter une répression accrue visant les Ouïghours, après l'explosion de cette voiture qui a toutes les apparences d'un attentat.

"Aujourd'hui j'ai peur pour l'avenir du Turkestan oriental et pour le peuple ouïghour comme jamais je n'ai eu peur", a confié dans un communiqué Rebiya Kadeer, la présidente du Congrès mondial ouïghour, une organisation de défense des Ouïghours basée à Munich, en Allemagne.

L'appellation "Turkestan oriental" est utilisée par les séparatistes ouïghours pour désigner la région autonome chinoise du Xinjiang.

Mme Kadeer a passé plusieurs années dans les geôles chinoises avant de prendre la route de l'exil.

AFP

Première publication : 30/10/2013

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