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Afrique

Journalistes assassinés au Mali : retour sur les faits

© FRANCE 24

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Charlotte BOITIAUX , Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 04/11/2013

Les circonstances de l'assassinat, samedi, des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal au Nord-Mali, restent encore floues. Retour sur le déroulement des faits depuis leur enlèvement jusqu'à leur mort.

Les circonstances précises de la mort des deux journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI à Kidal, dans le nord du Mali, restent encore parsemées de zones d’ombre. Le point sur la situation.

Comment s’est déroulé l’enlèvement ?

Selon les informations de RFI, les deux envoyés spéciaux sortaient d’un entretien avec Ambéry Ag Rhissa, un représentant du Mouvement national de libération de l'Azawad [MNLA], lorsqu’ils ont été pris à partie par un groupe armé.

Ambéry Ag Rhissa raconte avoir entendu des bruits suspects, après les avoir raccompagnés. "Je suis sorti pour voir ce qu'il se passait. Dès que je suis arrivé à la porte, j'ai vu une voiture, un pick-up, garé à côté de la leur. Il y avait un monsieur à terre, qui avait une arme. Il l'a immédiatement braquée sur moi, et il m'a dit 'retourne à l'intérieur, rentre, rentre !'", ajoute le témoin en précisant que les ravisseurs parlaient Tamachek [la langue touareg].

Ambéry Ag Rhissa a obtempéré. "Je suis rentré, et peu de temps après, ils ont démarré avec les deux journalistes. Ils ont démarré en trombes. J'ai entendu un seul coup de feu, apparemment tiré en l'air, précise-t-il. Je n'ai pas pu voir combien ils étaient, mais plusieurs personnes, qui les ont vu, ont dit qu'ils étaient quatre. Celui que j'ai vu en tout cas ne porte pas de signe extérieur, qui permette de l'identifier comme appartenant à une organisation donnée."

Les ravisseurs avaient préalablement ligoté – ou menotté – Ghislaine Dupont et Claude Verlon, et les ont forcés à monter dans leur voiture.

Mais "qui a informé les ravisseurs de la visite de nos deux confrères chez ce haut responsable touareg ?", s'interroge RFI.

Les ravisseurs pris en chasse par Serval

D’après les premiers éléments fournis par l’armée, le dispositif Serval a été prévenu de l'enlèvement des deux journalistes à 13H10 GMT. Un haut responsable local a alors donné l'alerte, et indiqué aux militaires français la direction dans laquelle le 4X4 des ravisseurs était parti.

L’armée a immédiatement déployé un dispositif de surveillance aux points de contrôle dans le secteur nord/nord-est de la ville de Kidal. Un véhicule de patrouille a, dans le même temps, quitté la ville, et s'est engagé sur la route de Tin-Essako, vers l'est. Selon l'état-major des armées, il s'agit de lourds véhicules blindés, de type VAB, avec une trentaine de militaires à bord.

Au dispositif terrestre se sont ajoutés les renforts aériens. Deux hélicoptères, un Tigre, un puissant hélicoptère d'attaque et un Puma, qui peuvent transporter des commandos, sont également partis de Tessalit. Après une heure et demie de route pour rejoindre Kidal, situé à 250 kilomètres, les militaires n'ont observé aucun mouvement sur le trajet, a déclaré l'état-major à RFI.

"À aucun moment, l'armée française n'a été en contact visuel ou physique avec le véhicule en fuite", indique-t-on, rue Saint-Dominique, contrairement à ce qu'indiquaient certains médias. "Ce samedi, nous n'avions pas d'hélicoptère à Kidal", confie une source militaire.

Un assassinat odieux

À 14h55 GMT, la patrouille au sol a découvert un véhicule à l'arrêt, à une douzaine de kilomètres à l'est de Kidal. Les corps sans vie de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon sont retrouvés à proximité du véhicule.

D’après le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les journalistes ont été "assassinés froidement". "L’un a reçu deux balles, l’autre trois. La voiture [des ravisseurs] était fermée à clé, et aucun impact de balle n’a été retrouvé sur la voiture", a précisé le chef de la diplomatie, désamorçant l’idée d’un échange de tir avec l’armée.

Les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont arrivés dimanche en fin d’après-midi à l'aéroport de Bamako, transportés par un avion militaire français. Ils pourraient être rapatriés en France dès lundi 4 novembre. Une cérémonie très sobre a eu lieu au camp Damien-Boiteux, du nom du premier soldat français tué lors de l'opération Serval au Mali.

De nombreuses questions restent toujours en suspens : pourquoi avoir décidé subitement d’abattre les deux envoyés spéciaux, à moins de 15 km de la ville ? "Généralement les ravisseurs savent qu'un otage vaut plus cher vivant que mort. Donc quel élément est venu perturber leur fuite ? Leur véhicule est-il tombé en panne ? Ont-il entendu un hélicoptère de Serval et se pensant menacés, les terroristes ont-il décidé de se débarrasser de leurs otages pour fuir plus facilement ?", s'interroge encore RFI.

Insécurité à Kidal

Aucun groupe armé n’a revendiqué l’enlèvement et le meurtre des envoyés spéciaux de RFI. Il n’en reste pas moins que les regards accusateurs se tournent vers les mouvements islamistes, habitués à ces pratiques.

Malgré la présence de l’armée malienne et de la Minusma [la mission de l’ONU au Mali], la sécurité n’est pas établie à Kidal – c’est d’ailleurs pour cette raison que la force Serval avait refusé d’amener avec eux les journalistes dans la zone. Les armes circulent au vu et au su de tous. De nombreux groupes armés sont encore présents dans la région, dont Aqmi [Al-Qaïda au Maghreb islmaique], le Mujao [Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest], Ansar Dine [allié des islamistes d’Al-Qaïda], et certains membres du MNLA [la rebellion Touareg]. Autant de groupes armés qui pourraient être impliqués.

Il pourrait également s’agir un crime crapuleux : les enlèvements de journalistes, pour les "revendre" ensuite à des groupes armés sont fréquents dans la région.

Première publication : 03/11/2013

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