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Afrique

Kidal, la ville touareg qui échappe à tout contrôle

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 03/11/2013

À Kidal, la ville où ont été enlevés les deux journalistes de RFI, la situation sécuritaire est instable. Le mouvement rebelle du MNLA est aux commandes, et les forces armées maliennes et étrangères sont en sous-effectif.

Les deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été tués à Kidal, berceau de la communauté touareg. Dans cette ville du Nord-Mali administrée par les membres du Mouvement national pour la libération de l’Azawad [MNLA], l’armée malienne, les forces françaises et celles de l’ONU peinent à assurer la sécurité.

Si, en juin dernier, les accords de Ouagadougou ont abouti à la création d'une commission mixte composée des deux parties – armée de Bamako et MNLA – chargée de veiller à la sécurité de la ville, dans les faits, l’armée malienne semble dépossédée de ce territoire.

"Nos forces [au nombre de 200, le nombre maximum autorisé par le MNLA, NLDR] n’ont pas une marge d’action, qui leur permettrait d’être en permanence présentes sur les différents axes", explique le ministre malien de la Défense, Soumeylou Boubeyè Maïga, sur l’antenne de FRANCE 24. "Le contingent de la Minusma [200 soldats également, NDLR] qui est là-bas est plus ou moins cantonné". Une affirmation étayée par Abdoulaye Bathily, le numéro deux de la force onusienne. "Nous sommes à moins de 50 % de nos effectifs, et nous avons beaucoup de problèmes logistiques étant donné l’immensité du territoire à couvrir", s’est-il justifié, sur FRANCE 24.

Même cas de figure pour la force militaire Serval, faible, elle aussi, de 200 soldats sur place. "Elle ne dispose pas d’effectifs suffisants pour sécuriser la ville", précise le ministre Soumeylou Boubeyè Maïga.

"Les troupes de l’armée malienne ne patrouillent pas à Kidal"

Une infériorité numérique, qui complique les opérations des militaires sur place. "Les troupes de l’armée malienne, comme de la Minusma, ne patrouillent pas dans Kidal, car, par la force des choses, Kidal bénéficie d’une sorte de statut à part", poursuit le ministre. La ville fait en effet partie du processus politique engagé entre Bamako, la capitale au Sud, et le Nord, dans le cadre des accords préliminaires de Ouagadougou. "C’est la seule zone, où la souveraineté de l’État n’est pas effective", reconnaît le ministre de la Défense.

Aux commandes de la ville, le MNLA, est cependant aux prises avec une autre faction touareg : Ansar Dine. "Le MNLA tient le centre-ville. Les islamistes d’Ansar Dine, dont le chef a joué un rôle déterminant dans la libération des quatre otages d’Arlit, sont à la périphérie", explique, au journal "Le Parisien", Mathieu Guidère, spécialiste du terrorisme.

En outre, le MNLA, initialement un groupe aux revendications indépendantistes, est un mouvement hétéroclite, précise André Bourgeot, directeur de recherche au CNRS. "Il y a des djihadistes, des narcotrafiquants, parfois des jeunes qui prennent des substances illicites", commente-t-il sur FRANCE 24. "Les activités criminelles à Kidal sont donc probablement assez fréquentes", conclut-il.

Première publication : 03/11/2013

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