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Amériques

Éducation, sécurité : ce qu'attendent les New-Yorkais du futur maire

© Sophie Pilgrim - France 24 | Errol Davis, propriétaire d'une imprimerie à Prospect Heights, Brooklyn

Texte par Sophie PILGRIM

Dernière modification : 06/11/2013

Largement élu sur la promesse d’un "changement", le futur maire démocrate de New York, Bill de Blasio, suscite beaucoup d’espoir. Et pas uniquement parmi les classes les plus populaires. Paroles de New-Yorkais.

Le démocrate Bill de Blasio a remporté, mardi 5 novembre, une très confortable victoire aux municipales new-yorkaises, qui l’opposaient au républicain Joe Lhota. Homme de gauche très populaire, le maire élu de la ville la plus peuplée des États-Unis sera-t-il en mesure de répondre aux attentes d’électeurs en quête de changement ?

Après avoir effectué un démarrage timide dans la course à la succession de Michael Bloomberg, cet ancien médiateur, dont la mission était de faire le lien entre le maire et les New-Yorkais, est parvenu à gagner la confiance d’une population recouvrant un large spectre de catégories sociales.

Bill de Blasio entouré de sa famille

Résidant de Brooklyn et père d’une famille dans laquelle nombre de New-Yorkais peuvent s’identifier (son épouse Chirlane McCray est une Afro-Américaine, et ses deux enfants sont inscrits à l’école publique, pourtant peu fréquentée des élites), Bill de Blasio semble davantage en phase avec ses futurs administrés que ne le furent ses prédécesseurs, le milliardaire Bloomberg et, avant lui, le conservateur Rudy Guiliani. De quoi facilement s’imposer face à Joe Lhota dont le discours tout sécuritaire n’a pas su séduire l’électorat.

Augmentation d’impôts pour les plus riches

Démocrate de l’aile gauche, dite "décomplexée", De Blasio n’a pas hésité, durant sa campagne, à briser un "tabou fiscal". il a promis de relever d’un demi-point l’impôt des plus riches, afin de financer un programme de scolarisation pour les enfants des classes populaires. "Permettre à tous les enfants de bénéficier d’un meilleur niveau scolaire est une exceptionnelle mesure de bon sens", commente à FRANCE 24 Anne Lipke (voir diaporama au bas de la page), professeur d’histoire à la retraite qui vend des gâteaux faits maison devant la bibliothèque de Park Slope, un quartier bobo de Brooklyn. "De Blasio se promène souvent dans le quartier, rapporte-t-elle. Tout à l’heure, je l’ai vu se rendre à la salle de gym, vous venez juste de le rater."

C’est cette affable proximité qui, pour beaucoup, a permis au futur édile de s’attirer les faveurs des électeurs des cinq "boroughs" [arrondissements], qui composent New York. Même dans les quartiers très aisés de Manhattan, à quelque 30 minutes de voiture de Park Slope, le démocrate suscite un certain enthousiasme. Jamie Heim, une retraitée du très chic Upper East Side, dont le mari, Mike, juge pourtant De Blasio "beaucoup trop progressiste" à son goût, s’impatiente de voir le maire élu prendre ses fonctions le 1er janvier prochain. "J’aime son esprit d’ouverture et sa détermination, estime cette New-Yorkaise de 68 ans. Augmenter les impôts reste une mesure difficile à appliquer dans ce pays, mais je sens qu’il y parviendra même si ce n’est que de 0,5 %. Ce serait en tout cas une grande avancée pour la scolarisation infantile."


À Wall Street, célèbre quartier d’affaires du sud de Manhattan, Derek Milton, ouvrier du bâtiment de 42 ans qui travaille sur les chantiers de reconstruction du World Trade Center, affirme que De Blasio est, parmi tous les maires qu’ait connus la ville, celui qui a le plus les pieds sur terre. "Je pense qu’il fera la différence, lance-t-il. Tout spécialement auprès des travailleurs vulnérables, comme nous qui ont été abandonnés par Bloomberg."

Criminalité : "comme le New York des années 1960"

Les collègues de Derek se montrent moins optimistes. La majorité d’entre eux ne voit en De Blasio qu’un "copain de Bloomberg", qui a fait de fausses promesses dans le but de se faire élire. Plus virulent, Tom Monahan, 53 ans, qualifie le maire élu de "terrifiant communiste", dont la politique risque de mener à une recrudescence de la criminalité. "Il va ramener cette ville à ce qu’elle était dans les années 1960", prophétise-t-il.

De fait, le programme sécuritaire, défendu par De Blasio, est celui qui divise le plus. Fervent adversaire du "Stop and Frisk" ["arrêter et fouiller"], une mesure autorisant les forces de l’ordre new-yorkaises à fouiller toute personne agissant de manière suspecte, l’ancien médiateur de la ville a plusieurs fois plaidé pour une "vraie" réforme des méthodes policières, sans toutefois en définir les contours réels.

Même parmi ses électeurs, nombreux sont ceux qui craignent que ses décisions en ce domaine n’engendrent une augmentation du taux de criminalité. Toutefois, ce dernier n’a pourtant cessé de baisser depuis l’instauration de la "tolérance zéro" sous le mandat du républicain Rudy Giuliani [1994-2001]. "Son ancrage à gauche est tel qu’il peut se montrer laxiste en terme de lutte contre l’insécurité, redoute Jamie Heim. Moi non plus, je n’aime pas les contrôles au faciès mais notre ville est plus sûre aujourd’hui. J’espère donc qu’il parviendra à trouver un juste milieu."

"Brooklyn est un ‘borough’ très étendu et agité, observe Ray, un producteur de musique de 24 ans, qui préfère taire son nom de famille. Dans les années 1970 et 1980, c’était un endroit hors de tout contrôle. Et nous ne voulons pas qu’il le redevienne."

Immobilier : bon débarras Monsieur Bloomberg ?

S’il est devenu plus sûr pour les New-Yorkais de se balader dans les rues de la ville, s’y loger devient, en revanche, de plus en plus difficile. La faute à Michael Bloomberg, selon ses détracteurs, qui l’accusent d’avoir cédé la ville aux plus fortunés [New York est la ville comptant le plus de milliardaires au monde]. "Le marché de l’immobilier est devenu épouvantable, déplore Momo Ho, une psychothérapiste de 27 ans qui réside à Harlem, dans le nord de Manhattan. À New York, il y a énormément d’appartements appartenant à des gens très riches, et qui ne sont même pas habités."

Élu sur la promesse du "changement", De Blasio risque de suivre, selon Momo Ho, la même trajectoire que cet autre fameux démocrate qui, en son temps, usa du même slogan. "Cela va faire comme pour l’élection du président Barack Obama : tout le monde pensait que les choses changeraient, mais ce ne fut jamais vraiment le cas. Je ne suis pas très optimiste."

Mais nul ne pourrait être plus sceptique que les fervents partisans du maire sortant, qui l’auraient bien vu rempiler pour un quatrième mandat, si la loi le lui avait permis. "C’est un jour très triste, s’afflige Carol Liu, une habitante de Chinatown. Guiliani avait changé beaucoup de choses, mais Bloomberg est allé encore plus loin. C’était un grand maire. Ils auraient dû supprimer la limitation des mandats, et le laisser se représenter."

D’autres en revanche se félicitent de son départ. Pour Ramona LaCen, une militante syndicale qui a distribué des tracts en faveur de Bill de Blasio durant la campagne, Michael Bloomberg a toujours écarté les syndicats des discussions. "De Blasio sera quelqu’un qui travaillera avec nous, et pas contre nous", espère-t-elle. Avant d’ajouter : "Bloomberg a transformé New York en ‘Bloomberg-ville’. Pour le réveillon du Jour de l’An [qui marquera la fin du mandat du maire sortant], je vais donner une fête comme on en n’a jamais vues. Nous allons envahir Central Park. Cette année, nous allons avoir tant de choses à célébrer."

Première publication : 06/11/2013

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