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Amériques

"À New York, les plus pauvres ne disparaissent pas, ils sont dégagés"

© AFP | Le nouveau maire de New York, Bill de Blasio, lors de sa campagne

Vidéo par Emmanuel SAINT-MARTIN , Jessica LE MASURIER

Texte par Sophie PILGRIM

Dernière modification : 08/11/2013

L'ex-maire de New York, Michael Bloomberg, laisse derrière lui une ville très inégalitaire. Les plus pauvres sont peu à peu chassés, même dans les secteurs qui leur étaient jusqu'ici accessibles. Reportage dans le quartier de Harlem à Manhattan.

Le nouveau maire de New York, Bill de Blasio, qui entrera officiellement en fonction en janvier prochain, a promis de s’attaquer à la crise des logements et aux prix de l’immobilier, dans une ville où les plus modestes peinent à payer leur loyer, même dans les quartiers où ils pouvaient encore se le permettre.

Combler le fossé grandissant entre les riches et les pauvres fera partie des défis de ce maire démocrate qui succèdera à Michael Bloomberg. Et pas des moindres. En 2012, 1% des travailleurs gagnait à lui seul 40 % de la masse salariale, faisant de New York l’une des villes les plus inégalitaires des États-Unis.

Pourtant, la "Big Apple" continue d’exercer un incomparable pouvoir d’attraction aux quatre coins du monde. Toujours plus peuplée, la capitale économique des États-Unis peine à entraîner tout le monde dans sa croissance et ses habitants les plus modestes sont les premiers à en pâtir. Longtemps défavorisés, les quartiers où ils étaient installés sont devenus les lieux prisés de la nouvelle bourgeoisie branchée.
 
"Les pauvres ne disparaissent pas, ils sont dégagés"
 
Rien de vraiment nouveau, certes. Longtemps symbole de la ségrégation des Noirs américains et de la ghettoïsation de leurs quartiers, Harlem connaît une renaissance depuis les années 1980. Mais la gentrification s’accélère et les écarts se creusent. L’arrivée des nouveaux riches a irrémédiablement fait bondir les prix de l’immobilier, précarisant de fait les habitants modestes de ces quartiers. Tandis que des bars bobos et des Starbucks ouvrent à tous les coins de rues, les habitants historiques ont de plus en plus de mal à payer leur loyer.  
 
Warren Bradley, professeur et artiste qui vit à Harlem, n’a pas eu d’autre choix que d’accepter la hausse de 35 % de son loyer. C’était payer ou partir, alors il payera tant qu’il pourra. "Les gens s’imaginent que la gentrification a éradiqué la pauvreté dans ces quartiers", explique Bradley à france24.com, "mais les pauvres ne disparaissent pas, ils sont juste dégagés !"
 
Poète, Brad Bathgate s’inspire de la réalité sociale de son quartier pour écrire les vers qu’il déclame dans le métro.  Selon lui, Harlem est devenu "le terrain de jeu de la bourgeoisie". "Quand ils ont installé un Starbucks au 125 de la rue, je savais que les loyers allaient augmenter !", déplore-t-il. Acculé, Brad Bathgate a été obligé de quitter le quartier où il a grandi. Il est persuadé que le crack et la cocaïne ont été introduits à Harlem pour aggraver la pauvreté de ses habitants, et ainsi, les déloger plus facilement. "C’était pour profiter de la misère des ouvriers", affirme-t-il.
 
Les riches ont tout à y gagner
 
De l’autre côté du miroir, les New Yorkais aisés s'en sont bien sortis. Selon l’agent immobilier Michel Madie, le marché à Harlem est en plein boom. Un appartement acquis pour 750 000 dollars (environ 560 000 euros) peut se revendre sur le marché environ 2,5 millions de dollars (1,9 million d’euros), d'après ses estimations. Français d’origine, Michel Madie vit lui-même dans un immense appartement  qui vaut près de 12 millions de dollars (8,9 millions d’euros). "Beaucoup plus que ce que je l’ai acheté !" s’enorgueillit-il.
 
La gentrification de leur quartier est ainsi souvent pour les propriétaire une source de fierté. "C’est magnifique de voir notre bien prendre tant de valeur. C’est triste pour ceux qui louent, mais c’est génial pour nous", se réjouit Andrea Nye, mère de deux enfants et propriétaire à Harlem.
 
Pour d’autres, l’embourgeoisement est l’inévitable conséquence d’une ville en constante évolution. Gaku Takanashi, immigré japonais et musicien de jazz, vit à New York depuis 25 ans. Il dit ne plus reconnaître le quartier où il s’est installé en 1988. "Il y a beaucoup de diversité aujourd’hui", reconnaît-il auprès de france24.com. "Le monde entier se trouve à Harlem et je ne trouve pas que ce soit une mauvaise chose. Tout le monde veut vivre à New York ! L’intégralité de la ville a changé et Harlem en fait partie."
 
Marjorie Elliot, qui ouvre ses portes au tout-venant chaque dimanche pour des concerts de jazz maison, se réjouit également de la diversification de son quartier. "Regardez ces garçons", dit-elle en montrant du doigt les trois musiciens, dont son fils, qui jouent du jazz sur la scène de son salon, "il y en a un qui vient du Japon, un autre de France et le troisième qui vient du bas de la rue. Pour moi, Harlem c’est ça."

Adapté par Sarah Leduc

Première publication : 08/11/2013

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