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Amériques

Réforme de la santé : Obama présente ses excuses pour les couacs

© AFP

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 08/11/2013

Alors que la réforme de la santé se heurte à des ratés, Barack Obama s'est excusé à la télévision. Il fait face à des critiques, après que des Américains ont perdu leur couverture, suite à la mise en place du nouveau dispositif d'assurance.

Le visage grave, et avec beaucoup d’humilité, Barack Obama s’est excusé, jeudi 7 novembre, auprès de la population américaine, dans un entretien diffusé sur la chaîne NBC. Vivement critiqué après les nombreux ratés autour de la réforme du système de santé, le président américain a exprimé ses regrets.

"Je suis désolé qu'ils se retrouvent dans cette situation à cause de promesses que je leur ai faites", a-t-il déclaré, en faisant allusion à l’un des effets secondaires négatifs de cette réforme. Alors qu’il avait en effet assuré ses concitoyens qu’ils pourraient garder leur assurance maladie, s’ils en étaient satisfaits, des compagnies d’assurance ont récemment résilié des forfaits. Certains contrats sont en effet devenus illégaux depuis l'instauration du nouveau système de d'assurance-maladie, forçant des Américains à en changer ou à payer des primes plus importantes pour en obtenir de nouveaux.

Comme l’explique ainsi le "Washington Post", "de nombreuses personnes ont appris le mois dernier qu’ils ne pourraient pas garder la couverture qu’ils avaient signé sur le marché individuel [et non via leurs employeurs, NDLR]. Même si ce groupe représente une petite fraction des assurés américains [environ 5 %], leur histoire a obtenu une attention nationale? et a apporté des arguments aux adversaires de cette réforme".

Les excuses de Barack Obama

Les républicains contre-attaquent

Cette polémique s’est en effet ajoutée à un précédent couac, concernant la mise en ligne du portail américain gouvernemental de souscription à une couverture maladie privée pour les citoyens jusqu’ici dépourvus. Depuis son lancement en octobre, ce site fonctionne très mal, et a même dû être remis à niveau. Les utilisateurs ont fait face à des temps d’attente particulièrement longs, des pages gelés, ainsi que des messages d’erreurs. Les autorités ont finalement été obligées d’admettre que le portail n’avait pas été assez testé.

L’opposition républicaine n’a pas manqué de saisir ces débuts chaotiques pour dénoncer de nouveau cette réforme. "Le président a déjà un Prix Nobel de la Paix, je pense qu’il vise celui de la fiction", a ainsi lancé le représentant républicain Trey Gowdy sur Fox News. Le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, est aussi monté au créneau. "Partout dans le pays, des avis d'annulation arrivent dans les boîtes aux lettres, à cause de la catastrophe, que représente cette loi sur la santé."

En réponse à ces attaques, Barack Obama n’a donc pas hésité à s’excuser. Comme le note le Washington Post, "les présidents disent rarement qu’ils sont désolés en public, même s’ils reconnaissent des erreurs. Les excuses les plus récentes d’Obama remontent à février de l’année dernière lorsqu’il avait déclaré au président afghan Hamid Karzai qu’il était désolé de l’implication d’Américains dans l’incendie d’exemplaires du Coran". 

Malgré ce mea-culpa, le chef d’État n’est toutefois pas revenu sur le bien fondé de sa réforme de santé, l’une des pièces maitresses de son programme. Selon lui, les revers actuels ne seront plus qu’un mauvais souvenir lorsque les Américains ressentiront les avantages de cette réforme, et qu’ils "s’en sortiront mieux" avec une assurance maladie de meilleure qualité.

Critiqué par ses adversaires politiques, le président américain a aussi dû rassurer son propre camp. "La controverse a également inquiété de nombreux alliés démocrates au Capitole, qui feront face l’année prochaine à une nouvelle campagne électorale [les élections parlementaires de mi-mandat à l’automne 2014, NDLR]", résume le "New York Times". Pour regagner leur confiance, Barack Obama a d’ailleurs reçu mercredi 6 novembre 16 sénateurs de son parti à la Maison Blanche.

Première publication : 08/11/2013

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