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Afrique

L'Égypte lève l'état d'urgence en vigueur depuis trois mois

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/11/2013

Un tribunal égyptien a levé mardi l'état d'urgence imposé depuis trois mois dans le pays. Le gouvernement a affirmé qu'il entendait se conformer à cette décision, entrée en vigueur après la flambée de violences envers les pro-Morsi.

Un tribunal égyptien a statué que l'état d'urgence, imposé depuis trois mois en Égypte, avait expiré mardi 12 novembre. Le gouvernement a pour sa part affirmé, dans un communiqué, qu'il "s'engageait à appliquer la décision de justice et attendait de recevoir une copie de l'arrêt pour l'exécuter".

L’état d’urgence, qui permet aux autorités de procéder à des arrestations et des perquisitions sans mandat, avait été décrété par le président par intérim, Adly Mansour, le 14 août dernier à la suite de l'intervention des forces de sécurité contre les campements des partisans du président islamiste Mohamed Morsi, renversé par l'armée début juillet. Au moins un millier de personnes ont été tuées, essentiellement des pro-Morsi, le 14 août et dans les jours qui ont suivi.
Censé durer un mois, l'état d'urgence avait été prolongé de deux mois le 12 septembre.

L’état d’urgence, symbole de "lois répressives"

L'état d'urgence a été imposé de façon quasi-permanente en Égypte depuis des décennies, avant sa levée le 31 mai 2012. Sa remise en place était importante d'un point de vue symbolique, a estimé Heba Morayef, responsable de Human Rights Watch en Égypte. "Le ministère de l'Intérieur semble avoir la conviction que les lois répressives ont un effet de dissuasion", a-t-elle dit.

Le président par intérim doit promulguer bientôt par décret de nouvelles régulations des rassemblements, qui sont perçues comme des restrictions à la liberté de manifester et de faire grève et qui ont déjà suscité de vives réactions de mécontentement, même parmi les membres du gouvernement et ses partisans.

Les partisans de M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte, appellent régulièrement à manifester, en particulier le vendredi, à l'issue de la prière musulmane hebdomadaire, même si la répression a limité leur capacité à mobiliser massivement.

Les États-Unis saluent la mesure mais demeurent inquiets

Mardi, les États-Unis ont salué la levée annoncée de l'état d'urgence et du couvre-feu, tout en exprimant leurs "inquiétudes" face aux projets des autorités égyptiennes de "légiférer en matière de sécurité". "Nous exhortons le gouvernement à respecter les droits de tous les Égyptiens, ce qui implique d'assurer que tous les Égyptiens puissent exercer dans le calme leur liberté de rassemblement et d'expression", a déclaré la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki.

Outre les pouvoirs élargis des forces de l'ordre, l'état d'urgence a permis au gouvernement d'assigner l'ancien président Hosni Moubarak, actuellement jugé pour complicité dans le meurtre de manifestants début 2011, à résidence dans un hôpital militaire du Caire. Hosni Moubarak avait été libéré de prison en septembre. Mais il pourrait être de nouveau incarcéré, le gouvernement ayant amendé une loi allongeant la durée de détention provisoire.

Avec dépêches

Première publication : 12/11/2013

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