Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REVUE DE PRESSE

"La constance, c'est la confiance"

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Benjamin Stora, directeur de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

La fermeture de restaurants Mac Donald's en Russie : scandale sanitaire ou pression politique ?

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : l'ONU va déployer 10 000 casques bleus

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Blackout médiatique contre les jihadistes

En savoir plus

DÉBAT

Rentrée économique en France : tableau noir pour l'exécutif ?

En savoir plus

DÉBAT

Israël - Hamas : accord impossible ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Barbarie"

En savoir plus

SUR LE NET

La Toile divisée à propos de Darren Wilson

En savoir plus

  • Gaza : trois commandants du Hamas tués dans un raid israélien

    En savoir plus

  • Présidentielle au Brésil : la candidature de Marina Silva menace Dilma Rousseff

    En savoir plus

  • Cécile Rol-Tanguy : "Je représente les résistantes qui ont été oubliées"

    En savoir plus

  • Syrie - Irak : le pape François tantôt pacifiste, tantôt va-t-en-guerre

    En savoir plus

  • Assassinat de James Foley : les États-Unis ont tenté de le libérer

    En savoir plus

  • Le chef de l'armée désigné Premier ministre à Bangkok

    En savoir plus

  • Ukraine : "C’est le début de la Troisième Guerre mondiale"

    En savoir plus

  • Pourquoi les négociations sur un cessez-le-feu permanent sont un cauchemar ?

    En savoir plus

  • Libération de Paris : où étaient les combattants noirs de la 2e DB ?

    En savoir plus

  • Netanyahou compare le Hamas aux jihadistes de l'État islamique

    En savoir plus

  • Fabius veut coordonner avec l'Iran la lutte contre l'État islamique

    En savoir plus

  • Darius, ce jeune Rom lynché en juin et SDF en août

    En savoir plus

  • Heurts à Bangui entre soldats français et individus armés

    En savoir plus

  • Vidéo : après une nuit plus calme, la situation reste tendue à Ferguson

    En savoir plus

  • Hollande : "La situation internationale est la plus grave depuis 2001"

    En savoir plus

Economie

L’offensive anti-NSA du Brésil fait des remous

© Flickr | La présidente brésilienne Dilma Rousseff

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 13/11/2013

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, veut obliger les géants du Web à stocker au Brésil les données personnelles qu’ils collectent sur le territoire. Une mesure pour contrôler l’utilisation de ces informations, qui est critiquée de toute part.

Dilma Rousseff se construit une image de pasionaria de la lutte contre la NSA. La présidente brésilienne n’a visiblement pas digéré les révélations de l’ex-consultant de la CIA, Edward Snowden, sur l’espionnage par l’agence américaine. Cette dernière est accusée de s’être interressée de très près à toutes les communications du gouvernement brésilien ou du géant pétrolier national Petrobas.

C’est pourquoi elle a déclaré “l’urgence constitutionnelle” pour un vaste projet de réforme de l’Internet, qui doit être discuté au Parlement cette semaine. Il s’agit d’une version enrichie du “Marco Civil de Internet” [la “constitution de l’Internet” brésilienne], qui traîne depuis des années dans les cartons législatifs du pays, et propose un ensemble de mesures pour assurer certains droits fondamentaux aux internautes. Dans le sillage du scandale des écoutes de la NSA, le gouvernement brésilien y a ajouté, fin octobre, un amendement, qui a déclenché une polémique, dépassant largement les frontières du pays.

Cette nouvelle proposition, soutenue par Dilma Rousseff, imposerait aux géants mondiaux du Web de faire une copie de toutes les données qu’ils collectent sur les internautes nationaux, et de les stocker sur le sol brésilien. Une proposition qui vise à exercer un meilleur contrôle sur l’utilisation faite par ces multinationales des informations personnelles qu’elles détiennent. En effet, si elles stockent des données au Brésil, elles se retrouvent responsables au regard des lois en vigueur dans le pays. Ainsi, les tribunaux pourraient être amenés à statuer sur des affaires, où les Google, Facebook et autres transmettent sur ordre de la NSA des informations, concernant des internautes brésiliens.

Levée de bouclier de Google, Facebook & Co

Un projet qui a fait froid dans le dos des géants du Net. Google, Facebook et d’autres fournisseurs de services Internet ont fait parvenir une lettre au gouvernement brésilien lui demandant de renoncer à une mesure qui “aurait un impact négatif sur l’économie numérique du pays”. Car, pour ces groupes, il s’agit, avant tout, d’une histoire de gros sous.

En effet, cette disposition, si elle était adoptée, les obligerait à établir localement des centres de données. Une opération très coûteuse : le Brésil est le pays sur le continent américain, où construire de telles structures revient le plus cher. Le prix est, en moyenne, de 60,9 millions de dollars [45,4 millions d’euros], contre 48,7 millions de dollars [36,3 millions d’euros] au Mexique, et 40 millions de dollars (30 millions d’euros) aux États-Unis, d’après une étude du cabinet britannique de consultants Frost & Sullivan, cité par le quotidien britannique “Financial Times”. À ce coût, s'ajoute le poids de taxes sur les centres de données, qui sont deux fois plus élevées qu’aux États-Unis.

En clair, cette proposition risquerait “de priver les internautes de services Internet de qualité, fournis par des sociétés américaines et internationales”, prévient Google. Une menace à peine voilée, par laquelle le géant de l’Internet suggère être prêt à couper le robinet à Gmail, YouTube ou encore Google Maps aux internautes brésiliens, plutôt que de payer des dizaines de millions de dollars pour construire de nouveaux centres de données.

Efficace ?

Ces géants du Web sont d’autant plus critiques, que le Brésil est l’un des marchés les plus prometteurs pour eux. Il est déjà le deuxième pays en terme d’abonnées à Facebook et dans le top 5 pour Twitter et YouTube. Ils n’ont donc aucune envie qu’une loi rende leurs affaires sur place plus compliquées et onéreuses.

Mais les multinationales du Net ne sont pas les seules à se montrer hostiles à cette mesure. Des experts en sécurité craignent qu’elle n’améliore seulement à la marge la sécurité de la vie privée. La NSA n’attend pas d’avoir accès aux centres de données pour collecter les informations, souligne la BBC. Les documents fournis par Edward Snowden prouvent, que les espions américains peuvent très bien aussi “écouter” les câbles par lesquels transitent ces informations.

D’autres craignent que cette obligation imposée aux fournisseurs de service Internet soit un coup porté à la compétitivité brésilienne dans le secteur clef des nouvelles technologies. Cette approche “protectionniste” ne serait pas sans rappeler la décision brésilienne, dans les années 1980, de créer une industrie de l’informatique 100 % nationale, craint Carlos Eduardo Lins da Silva, un enseignant à l’institut brésilien du Wilson Center, un centre américain de recherche sur les nouvelles technologies. Une approche, qui avait “plongé le pays dans une sombre décennie en matière d’innovation”, rappelle-t-il au “Financial Times”.

Première publication : 13/11/2013

  • SCANDALE PRISM

    Espionnage : les tensions entre le Brésil et les États-Unis montent d'un cran

    En savoir plus

  • NATIONS UNIES

    Espionnage : à l’ONU, Dilma Rousseff fustige "l'affront" des États-Unis

    En savoir plus

  • SCANDALE DES ÉCOUTES

    Prism : les chefs d'État brésilien et mexicain espionnés par la NSA

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)