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EUROPE

Varsovie : un accord édulcoré sur le climat conclu in extremis

© AFP

Vidéo par Marina BERTSCH

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/11/2013

Le blocage tant redouté a été évité. La communauté internationale a signé un accord fixant les bases - peu concrètes - pour la Conférence de 2015 à Paris, où devra être signé un texte ambitieux pour limiter les gaz à effet de serre.

À deux doigts de l’échec cuisant, la Conférence sur le climat organisée à Varsovie

Les principaux points de l’accord de Varsovie

- Préparation de l’accord de 2015 : tous les pays sont invités à présenter bien à l’avance les contributions qu’ils veulent apporter

- Aide financière aux pays du Sud : les pays développés devront mobiliser un montant supérieur à 10 milliards de dollars par an et la première capitalisation du Fonds vert pour le climat devra "atteindre un niveau très significatif"

- Pertes et dommages : création d’un "mécanisme international de Varsovie sur les pertes et dommages" subis par les pays du Sud à cause du réchauffement

- Protection des forêts : le mécanisme REDD est complété par la sanctuarisation des "clauses de sauvegarde" sur la protection des populations autochtones ou de la biodiversité. Les pays en voie de développement devront respecter ces clauses avant de percevoir l’argent

s’achève finalement sur une note plus positive que prévue. Un accord a en effet été adopté, samedi 23 novembre en fin d’après-midi, au terme de deux semaines de négociations marathons. Près de 200 pays étaient représentés.

Les premiers jalons sont donc désormais posés en vue de la prochaine conférence qui se tiendra à Paris en 2015, dont l’objectif ambitieux est de faire ratifier un texte en mesure de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l'ère pre-industrielle. La hausse de la température actuelle est sur une trajectoire de près de 4°C.

"Juste à temps, les négociateurs à Varsovie ont fait juste ce qu'il fallait faire pour que ce processus continue d'avancer", a félicité Jennifer Morgan, directrice du Centre de recherches World Resources Institute (WRI). "Les représentants des différents pays doivent désormais rentrer chez eux, et faire des progrès significatifs sur leurs offres [en matière de lutte contre le changement climatique, NDLR] qui doivent devenir la colonne vertébrale du nouvel accord sur le climat", a-t-elle ajouté.

 

“Contributions” plutôt qu’engagement

L’accord que la communauté internationale devra conclure à Paris entrera en vigueur dès 2020. En attendant, le texte qui vient d’être signé à Varsovie stipule, entre autres, que les États doivent commencer à préparer des "contributions" sur ce qu'ils entendent faire pour lutter contre le changement climatique. Ces contributions seront intégrées dans l'accord de 2015. Une formulation bien plus nuancée, comparée à celle du texte précédent, rejeté notamment par les grands émergents comme la Chine et l'Inde, qui prévoyait des "engagements". Une formule que souhaitait la France.

Pas d’”engagements”, donc, mais pas non plus de réelle feuille de route pour 2015, comme le voulait l'Union européenne. Il est simplement demandé aux différents États de communiquer leurs “contributions bien en avance", avant la conférence de Paris afin de les évaluer.

“Que des cacahuètes”

Autre point noir, le texte adopté portant sur l’aide financière pour aider les pays pauvres à assumer les conséquences négatives du réchauffement climatique demeure très flou, au grand dam des pays du Sud. Ces derniers exigeaient plus de visibilité sur la mobilisation des 100 milliards de dollars promis d'ici 2020 pour les aider à faire face au changement climatique. L'accord ne pose pas de montants intermédiaires sur la table et "presse" les pays développés à "continuer à mobiliser de l'argent public, à des niveaux supérieurs" à ceux de l'aide d'urgence décidée pour 2010-2012 qui est de 10 milliards de dollars annuels.

"Il n'y pas de consensus sur ce texte", a regretté le délégué égyptien au nom du G77 [pays en développement], tandis que la Chine avait demandé "plus de temps" pour en discuter, alors que la conférence de Varsovie a déjà dépassé d'une journée la date officielle de clôture. "Cette conférence devait être la conférence des finances", a déclaré, de son côté, à l'AFP le négociateur du Bangladesh, Qamrul Chowdhury. "Et tout ce qu'on a, ce sont des cacahuètes", a-t-il ajouté.

Au final, la seule mesure concrète qui a émergé de Varsovie est un accord sur la protection des forêts tropicales. Un maigre lot de consolation qui laisse d’ores et déjà présager de longues nuits blanches de négociations musclées à Paris en 2015.

Avec dépêches AFP et Reuters

Première publication : 23/11/2013

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