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Une journaliste et un rappeur tunisiens condamnés à 4 mois de prison avec sursis

© AFP | Hind Meddeb et les rappeurs Aymen Feki et Moustapha Fakhfakh

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/11/2013

Le rappeur Aymen Fekhi et la journaliste Hind Meddeb ont été condamnés lundi en Tunisie à quatre mois de prison avec sursis. La justice leur reproche d'avoir troublé l'ordre public après la condamnation du rappeur Weld el 15 à deux ans de prison.

Le rappeur tunisien Aymen Fekhi, dit Men-Ay, et la journaliste franco-tunisienne Hind Meddeb ont été condamnés lundi 25 novembre à quatre mois de prison avec sursis pour "outrage à un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions" et "atteinte aux bonnes mœurs", selon FRANCE 24. Un second rappeur, Moustapha Fakhfakh dit "Mr Moustapha" a quant à lui été relaxé.

"C'est une première victoire car ils risquaient tout de même un an et six mois de prison. Je vais discuter avec mes clients et leur conseiller de faire appel", a expliqué leur avocate, Me Ghazi Mrabet, à l'AFP. Mais "la décision de faire appel revient à mes clients", a-t-il ajouté.

Les trois prévenus ont été poursuivis à la suite de heurts en juin dernier à la sortie d'un tribunal entre policiers et partisans du rappeur Weld el 15, condamné à l'époque pour une chanson insultant la police.

"Nous n’avons rien à nous reprocher"

Hind Meddeb était accusée d'avoir insulté alors les fonctionnaires de police dans la salle d'audience et Men-Ay d'avoir invectivé les policiers dans la rue lors des affrontements. "Mustapha, Aymen et moi sommes ici pour donner un signe de bonne foi, nous estimons que nous n'avons rien à nous reprocher", avait indiqué à l'AFP la journaliste avant le procès lundi matin.

Devant le juge, la journaliste a reconnu avoir lancé des insultes le jour des heurts, mais a assuré que cela "n'était pas adressé" à la police ou à la justice. Les deux rappeurs ont pour leur part clamé leur innocence.

Me Mrabet avait demandé "un non-lieu pour tous les accusés", soulignant notamment que Hind Meddeb avait été interrogée par la police sans qu'un interprète ne soit présent alors qu'elle ne "parle pas l'arabe".

"Les policiers sont des chiens"

Les procès de rappeurs se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, depuis la diffusion de la chanson du chanteur Weld el 15 "Les policiers sont des chiens" au printemps.

À chaque fois, les accusés ont été condamnés en première instance à de lourdes peines, avant que celles-ci ne soient considérablement allégées, voire même annulées en appel.

Weld el 15, en cavale depuis sa condamnation dans le cadre d'une deuxième affaire à 21 mois de prison, doit être rejugé le 5 décembre. Son co-accusé, le rappeur Klay BBJ, a lui été relaxé lors d'un autre procès.

Près de trois ans après la révolution, la police, la justice et le gouvernement dirigé par les islamistes du parti Ennahda sont régulièrement accusés par les ONG et l'opposition de chercher à juguler la liberté d'expression acquise après le soulèvement.

Aucune réforme de fond du système judiciaire et des forces de l'ordre n'a été entreprise depuis la chute du régime autoritaire de Ben Ali en janvier 2011.

Avec dépêches (AFP)

Première publication : 25/11/2013

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