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Economie

Faux profils sur Match.com : un mannequin réclame 1,5 milliard de dollars

© Flickr/CarbonNYC

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 26/11/2013

Yuliana Avalos est la principale plaignante d’une action collective contre le site américain de rencontre Match.com accusé de laisser des internautes utiliser des photos de célébrités pour créer de faux profils destinés à des arnaques en ligne.

Pour le mannequin américain Yuliana Avalos, c’est tout simplement “la plus importante conspiration sur l’Internet”. Elle est devenue, en fin de semaine dernière, la principale plaignante d’une action collective en justice contre le géant américain des sites de rencontre Match.com. Une procédure qui vise à récupérer 1,5 milliard de dollars du site, accusé d’avoir laissé proliférer des faux profils qui utilisent indûment des photos de célébrités glanées sur le Net pour attirer d’autres utilisateurs de Match.com dans des arnaques en ligne.

“Il n’y a pas un jour sans que quelqu’un me dise qu’il a vu ma photo sur Match.com”, se désole Yuliana Avalos. Elle assure qu’il existe plus de 200 faux profils sur ce site de rencontres qui utilisent une image d’elle. En tout, la plainte collective a isolé environ 3 000 cas d’usurpation de photos qui concernent des acteurs ou actrices, des mannequins et même des militaires.

Suicide

Evan Spencer, l’avocat qui porte cette affaire devant la justice, n’a pas voulu détailler le nombre de plaignants et a, également, refusé de révéler les noms d’autres célébrités impliquées dans cette procédure. Il a préféré souligner les prétendus manquements de match.com. La société pourrait, d’après lui, “utiliser des logiciels gratuits qui permettent de scanner des millions d’images et s’assurer ainsi qu’une même photo n’apparaît pas sur plusieurs profils”.

Une absence de contrôle d’autant plus dommageable, d’après Yuliana Avalos, que ces faux profils seraient essentiellement utilisés pour des arnaques en ligne aux conséquences parfois mortelles. Elle raconte, ainsi, l’histoire d’un Américain séduit par un membre de Match.com qui affichait une photo d’elle sur son profil. “La ‘femme’ avec qui il pensait communiquer l’implorait de lui verser de l’argent et au bout du compte il a fait faillite”, souligne le mannequin au “New York Daily Mail”. “Il a dû emprunter de l’argent à son fils, ensuite il a tout perdu et il a fini par se suicider”, ajoute Yuliana Avalos.

De son côté, l’avocat s’étonne que Match.com laisse des internautes créer des profils de soi-disant Américains alors que l’adresse IP (identifiant de l’ordinateur connecté au Web) indique qu’ils habitent en Russie, au Ghana ou encore au Nigeria. Dans la plainte, Evan Spencer demande au site de mettre en place un contrôle qui interdirait à des personnes qui ne résident pas aux États-Unis de créer des comptes américains. Autant de supposées négligences qui sont une manière de sous-entendre que le site adopte volontairement un certain laisser-faire pour gonfler artificiellement le nombre de ses utilisateurs.

“Théories du compot farfelues”

Des accusations que le spécialiste américain des rencontres en ligne récuse. “La vraie arnaque dans cette affaire est cette plainte sans fondement, remplie de théories du complot farfelues et d’affirmations boiteuses en lieu et place de faits ou de bases légales”, affirme le site dans un communiqué publié samedi 23 novembre.

Le site est d’autant plus virulent à l’égard de cette action collective qu’il est déjà sorti victorieux d’une affaire judiciaire similaire. En 2012, un juge californien avait affirmé que match.com “n’avait pas à faire la police pour contrôler le contenu du site” afin de s’assurer que tous les profils correspondaient bien à de vrais âmes en peine.

Mais à l’époque, la plainte avait été déposée par des utilisateurs frustrés de s’apercevoir qu’une partie des membres du site étaient soit inactifs, soit des arnaqueurs. “Cette fois-ci, c’est différent”, affirme Evan Spencer. Le droit à l’image de ses clients serait, d’après lui, bien plus solide que les revendications d’utilisateurs qui s’estiment floués sur le nombre de membres du site.

Première publication : 26/11/2013

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