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Afrique

RD Congo : la démobilisation des milices du Kivu avance à grands pas

© France 24 | Entraînement d'anciens miliciens dans le camp de Bweremana

Vidéo par Mehdi MEDDEB

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/11/2013

Trois semaines après la capitulation des rebelles du M23 dans l’est de la RD Congo, les redditions de milices se sont accélérées dans la région. Mais le processus de désarmement n’est pas sans poser quelques problèmes... Reportage.

Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le processus de désarmement est en marche. Trois semaines après la victoire de l'armée congolaise sur la rébellion du M23, près de 2 000 ex-combattants issus de différents groupes armés ont déposé les armes. La plupart d’entre eux transitent à Bweremana, à environ 50 kilomètres au sud-est de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Pas un jour ne passe sans que la ville ne voit débarquer des dizaines d'anciens rebelles ayant sévi dans cette région, marquée par des violences depuis deux décennies. Parmi eux, des membres du M23, mais aussi des Maï-Maï et des Cheka. À leur arrivée, ces anciens rebelles doivent se faire enregistrer auprès d’un agent des Nations unies. "Il y a des enfants parmi eux. Donc, il faut que nous ayons une idée sur leur âge et leur nombre", témoigne Patrick Muhindo, interprète à la Monusco, la force onusienne de maintien de la paix dans les Kivus.

Un seul repas par jour

Les enfants sont ensuite emmenés dans un centre, tandis que les adultes sont cantonnés dans un camp à ciel ouvert installé au milieu de Bweremana. Depuis que le M23 a capitulé, les redditions de certaines milices se sont accélérées. Après avoir aidé de manière ponctuelle les Forces armées congolaises (FARDC) dans leur guerre contre le M23, Abdullay Balume Charmant et sa faction espèrent pouvoir intégrer les rangs de l’armée régulière. "On a jugé bon de remettre les armes pour intégrer les FARDC", indique-t-il.

Mais certains d’entre eux regrettent déjà de s’être livrés aux autorités. À la tête d’un groupe d’auto-défense comptant une centaine d’hommes, le colonel Jean Bahisenge fait part de son désenchantement : "vivre dans cette caserne, c'est un problème, c'est une vie défavorable. On ne passe pas la nuit comme il faut, on ne mange pas comme il faut". Dans le camp de Bweremana, un seul repas est servi chaque jour aux anciens miliciens.

Pour beaucoup, l’intégration dans l’armée se fait un peu trop attendre. Pour occuper leurs journées, entre deux parties d’échec, les anciens combattants sont initiés à la discipline militaire. En attendant de pouvoir enfin rentrer dans le rang...

Première publication : 28/11/2013

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