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Dernière modification : 02/12/2013

Travail du dimanche : vers une réforme a minima

Dans la revue de presse française, ce lundi, le rapport sur le travail du dimanche suscite les critiques de plusieurs journaux, la mobilisation de Jean-Luc Mélenchon, un reportage en Centrafrique et la colère des tatoueurs français.

"La nouvelle bataille du dimanche", titre le Parisien-Aujourd’hui en France, car, il s’agit bien d’une bataille. 8 millions de Français travaillent actuellement le dimanche et la loi actuelle comporte beaucoup d’absurdités, estime le journal.

Mais le rapport Bailly ne "propose pas de révolution". Il devrait être un "modèle d’équilibrisme". Tant pis pour ceux qui soulignent "les archaïsmes ou les absurdités", regrette Matthieu Croissandeau dans son éditorial.

Le Figaro lui aussi critique ce qu’il craint être une "réforme a minima". Le journal de droite demande que le dossier soit réglé par un décret et non une loi, comme le propose Jean-Claude Bailly. Yves Thréard estime que passer par une nouvelle loi est dangereux. Elle risque de se "perdre dans les détails et les exceptions". Surtout que "chaque parlementaire fera valoir les caractéristiques de son terroir", poursuit-il. "Le gouvernement ne devra pas se cacher derrière des jouxtes parlementaires pour se défausser et ne rien faire", prévient l’éditorialiste.

Autre sujet social à la Une : la réforme fiscale de Jean-Marc Ayrault. C’est à lire dans l’Humanité pour qui cette réforme, ou plutôt, cette révolution doit être l’affaire du peuple. Avec ce gros plan sur la manifestation organisée dimanche par Jean-Luc Mélenchon. Une manifestation dont la mobilisation est l’objet de débats. La police a compté 7000 manifestants. Les organisateurs 100 000.

En tout cas, dans le Figaro, on apprend que les partisans du Front de Gauche inquiètent moins l’Elysée que les bonnets rouges en Bretagne (qui ont eux, de nouveau massivement manifesté ce samedi). D’ailleurs, un ministre cité par le journal se moque de Jean-Luc Mélenchon. Il estime que son mouvement n’a pas marché formidablement jusqu’à présent. "Ca fait des années qu’il se croit en 1788, à la veille d’une révolution" poursuit un député de la majorité ironiquement.

On reste en Bretagne, avec ce témoignage d’un entrepreneur du BTP qui lui s’inquiète d’un autre sujet : la concurrence d’entreprises qui font appel à des travailleurs des pays de l’Est. Il s’appelle Michael et il dirige une entreprise de BTP dans le secteur agricole. Il affirme avoir perdu une dizaine de contrats depuis un an et demi parce que ses tarifs sont 20% plus chers que la concurrence. La raison : face à lui certaines entreprises n’embauchent que des travailleurs roumains ou polonais (les fameux travailleurs détachés), payés beaucoup moins et qui n’ont pas les mêmes protections sociales. Par exemple, lui paie des tickets resto et les heures supp. Ce qui n’est pas le cas des concurrents. Et contrairement à ce qui est souvent dit, il affirme qu’il n’a aucun mal à trouver des employés français. Il regrette que la loi européenne favorise la concurrence déloyale.

Un témoignage qui illustre assez bien le problème des "travailleurs détachés". Sujet qui est justement à la Une du journal, alors que les députés français se saisissent du dossier ce lundi avant que les ministres européens en discutent la semaine prochaine.

Avec ce titre "Le retour du plombier polonais". Car le débat ne fait que commencer à quelques mois des élections européennes. Evidemment c’est un clin d’œil à la campagne lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, lorsque le fameux plombier polonais avait dominé les débats de campagne. Le journal de gauche estime que ce sujet des travailleurs "low cost" (comme il les appelle) démontre que "l’Europe économique n’est plus viable sans une Europe sociale. Et plus grave encore, que l’Europe en l’état est devenu le plus grand danger pour l’idée même d’Europe politique".

Le Figaro s'intéresse également à la Centrafrique avec un reportage poignant sur Damara, une ville située à 75km de la capitale Bangui. Un accrochage y a eu lieu jeudi dernier entre les troupes de la Séléka (donc du gouvernement actuel) et les rebelles anti-Balaka (qui sont des paysans qui veulent défaire le gouvernement et surtout la Seleka). Plusieurs personnes y ont trouvé la mort. Depuis, la plupart des habitants ont fui dans la brousse.

Damara ressemble à une ville morte, raconte Adrien Jaulmes. Les petites maisons sont fermées. Des poulets et des cochons errent dans les cours des chaumières désertes. Les étals des marchés sont vides. La situation dans cette ville illustre assez bien ce qui se passe à l’extérieur de la capitale où des centaines de milliers de personnes se cachent dans la brousse, apeurées par des rumeurs de massacres, notamment antimusulmans.

On termine par cet arrêté ministériel qui mécontente les tatoueurs. C’est la Une de Metronews. "Les tatoueurs piqués au vif". De quoi s’agit-il ? et bien à partir du 1er janvier prochain, les tatoueurs n’auront tout simplement plus le droit d’utiliser 90% des colorants dont ils se servent. La raison : c’est le principe de précaution. Ces colorants pourraient être nocifs pour la santé, risques de cancers notamment. Donc fini les tatouages colorés. La France est le seul pays européen à imposer une telle restriction.

La profession craint donc pour sa peau, écrit le journal. Pour un tatoueur cité par le gratuit, il n’y a certes "pas de risque zéro, mais des morts à cause du tatouage, ça n’existe pas". Les professionnels envisagent un recours légal devant les instances européennes pour défendre leurs couleurs.
 

Par Christophe DANSETTE

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