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Asie - pacifique

Singapour, la policée, secouée par des émeutes de travailleurs étrangers

© AFP | Le bus impliqué dans l'accident a été immédiatement attaqué

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/12/2013

Des émeutes ont éclaté dans la nuit de dimanche à lundi dans la ville de Singapour, après la mort d'un ouvrier indien, renversé par un bus. Une flambée de violences jamais vues dans la cité-État depuis plus de 40 ans.

La cité-État multiethnique n'avait pas vu cela depuis près de 45 ans. De violentes émeutes ont opposé à Singapour, dans la nuit de dimanche à lundi 9 décembre, des centaines de travailleurs étrangers à la police.

Depuis 1969, où 18 personnes avaient été blessées et des voitures de police brûlées lors de violences raciales, la ville n'avait pas connu une telle violence. C'est la mort d'un Indien, écrasé par un bus dans le quartier "Little India" ("La petite Inde"), où des milliers de travailleurs de la construction du sous-continent indien se réunissent le dimanche pour profiter de leur jour de repos, qui a provoqué les heurts.

Un "banal accident de la route"

"Le dimanche soir, tous les ouvriers migrants, la plupart Bangladais, sont rassemblés à Little india, explique Carrie Nooten, correspondante de FRANCE 24 à Singapour. Ils attendent les véhicules pour les ramener à leurs dortoirs après leurs chantiers. Ce qui s'est passé, c'est un banal accident. Un jeune homme de 33 ans a traversé la route hors des clous et le bus ne l’a pas vu. Il est mort quasiment sur le coup", précise Carrie Nooten.

Rapidement, environ 400 personnes s'en sont alors pris au bus incriminé, ainsi qu'à des voitures de police. Dix policiers comptent parmi les blessés, selon les forces de l'ordre.

"Une trentaine de véhicules a été abîmée, une ambulance incendiée. Du jamais vu à Singapour depuis 45 ans, ajoute la correspondante de FRANCE 24. Vingt-sept personnes ont été arrêtées et d’autres sont en cours d'interpellation. Ils risquent de 7 à 10 ans de prison ainsi qu’une peine de flagellation, héritée des colonies britanniques".

Le Premier ministre, Lee Hsien Loong, a précisé que le gouvernement serait ferme avec les émeutiers. "Nous n'épargnerons aucun effort pour identifier les coupables et leur infliger toute la force de la loi", a-t-il prévenu.

Une forte dépendance à la main d'œuvre immigrée

Dans cette cité-État sans histoires où les autorités font régner un ordre absolu, ce fait divers montre la faille du système singapourien, qui a toujours dépendu d’une forte main d’œuvre immigrée. La présence de travailleurs d'Asie du Sud fait d'ailleurs régulièrement l'objet de critiques de la part des Singapouriens de souche.

Avec AFP

Première publication : 09/12/2013

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