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Economie

À Paris, Google veut flatter le monde de la culture avec son Lab

© Sebastian Seibt/FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 10/12/2013

Le géant de l’Internet a inauguré mardi à Paris son Lab, émanation physique de sa plateforme de numérisation des œuvres d'art du monde entier, baptisée l'Institut culturel. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a boycotté l’événement.

Un peu de réel, beaucoup de virtuel. Google a ouvert à Paris, mardi 10 décembre, son Lab, l’émanation physique de son institut culturel qui permet, notamment, de consulter en ligne plus de 45 000 œuvres d’art issues de près de 500 musées et galeries de par le monde. “Nous avons choisi Paris car c’est une place centrale par laquelle la plupart des artistes passent un jour, et aussi parce que la vingtaine d’ingénieurs qui travaillent dessus sont basés ici”, a expliqué Amit Sood, le père du projet Google Art qui englobe toute la politique de numérisation des œuvres artistiques, lors de la présentation du lieu.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce nouvel espace de 340 m², installé dans les locaux de

"Google n'est pas un ennemi", affirme Fleur Pellerin.

Le groupe américain Google "n'est pas un ennemi de la France", mais le gouvernement français "a parfois des désaccords avec les géants du Net", a déclaré mardi la ministre de l'Economie numérique Fleur Pellerin, lors de l'inauguration du Lab de l'Institut culturel de Google à Paris.

"Non, Google n'est pas un ennemi de la France et des entreprises françaises. C'est un acteur majeur de la transformation numérique de la France", a souligné la ministre dans son discours.

"Mais, et je le redis avec force, il n'est pas question de renoncer à nos valeurs, à notre idée d'une société plus juste, plus ouverte et plus égalitaire" et "Google, comme les grands acteurs de l'internet, doit respecter strictement les lois de notre pays", a-t-elle ajouté.

(AFP)
 

Google France non loin de la Gare Saint-Lazare, n’a pas vocation à se transformer en musée. “C’est pensé comme un espace de travail, d’échanges et de débats”, assure Laurent Gaveau, le tout nouveau directeur du Lab qui a pris ses fonctions cet été après avoir officié en tant que Monsieur "Nouvelles Technologies" au château de Versailles.

“Showroom” pour le Google Art project

En clair, le commun des mortels n’y aura accès qu’”exceptionnellement” lors d’événements ponctuels. Le reste du temps, l'institut culturel de Google permettra au géant de l’Internet de multiplier les contacts avec le monde culturel. Ce sera aussi un lieu d'accueil pour jeunes artistes en résidence de deux ou trois mois. “L’idée est de leur permettre d’avoir accès à notre technologie pour travailler sur leurs œuvres et leur montrer ce qu’il est possible de faire”, explique Laurent Gaveau.

Le Lab servira aussi, et peut-être avant tout, de “showroom” pour illustrer l'appétit de Google à numériser tout le patrimoine artistique mondial. Le géant américain a profité de l’occasion pour annoncer 34 nouveaux partenariats dont cinq en France (comme l’Institut du monde arabe et le Musée des arts et métiers).

Amit Sood a aussi dévoilé un nouveau volet à ce projet. Dorénavant n'importe quel artiste ou galerie pourra héberger ses œuvres sur la plateforme de l’institut culturel sans contrôle a priori. Gare, donc, aux dérives. Qu’en sera-t-il des tableaux à connotation politique marquée ou extrêmement violents ? “Il existera un bouton pour signaler un contenu litigieux”, affirme-t-on chez Google. Mais ce seront les équipes de Google et non des experts en art qui évalueront le bien-fondé d’une plainte.

Fleur Pellerin au lieu d'Aurélie Filippetti

Un exemple qui illustre bien l’aspect controversé de tout le projet Google Art. Certains y voient une manière pour Google de faire main basse sur la culture numérique. La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a d’ailleurs préféré, à la dernière minute, ne pas assister à l’inauguration. Elle “ne souhaite pas servir de caution” au groupe américain, a indiqué son cabinet. Plusieurs dossiers, comme le faible montant des impôts payés en France par Google et “l’équilibre” des contrats entre établissements publics et Google nécessiteraient, d’après la ministre, d’être éclairés. Ce sera finalement Fleur Pellerin, la minsitre déléguée à l'Économie numérique, qui représentera, mardi en fin d'après-midi, le gouvernement lors de l'inauguration officielle.

Google a conscience des controverses soulevées par ces divers projets. Au sujet de son institut culturel, le géant de l’Internet pensait pourtant avoir assuré le coup. “Nous n’avons aucun droit de propriété sur les œuvres consultables en ligne et nos partenaires peuvent à tout moment les retirer de la plateforme”, assure Amit Sood.

Il souligne également que, fait quasi unique dans le portefeuille des services Google, l’institut culturel “n’est pas appelé à être monétisé”. En clair, les données personnelles des visiteurs virtuels ne sont pas utilisées à des fins publicitaires. Mais le géant de l’Internet n’a pas investi des ressources dans ce projet uniquement par amour de l’art. “Les technologies sur lesquelles on travaille pour l’institut culturel peuvent très bien servir dans d’autres services”, assure ainsi Anselm Baird-Smith, l’ingénieur en chef de l’institut culturel. La messagerie Gmail ou le moteur de recherche, des services très rentables, pourront ainsi bénéficier des innovations développées pour le Google Art Project. Les esprits chagrins pourront, du coup, considérer que les musées servent de cobayes à Google. Reste que pour l'instant, ces établissements y trouvent  leur compte en touchant, grâce à cette plateforme, de nouveaux publics.

Première publication : 10/12/2013

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