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La grève de la police sème la zizanie

© AFP | Manifestation de policiers dans les rues de La Plata

Texte par Antoine RAUX

Dernière modification : 13/12/2013

En une semaine, les violences consécutives à une grève des policiers ont fait au moins neuf morts. Le gouvernement accuse les forces de l'ordre de passivité face aux pillages et les soupçonne même d’en être complices.

"Saccages en série", "Zone de guerre", "Journée de deuil" titre la presse argentine. Depuis une semaine, les scènes de pillages se succèdent dans les provinces pauvres du nord du pays. En se mettant en grève, les polices provinciales laissent s’installer le chaos.

La première avait éclaté à Cordoba le 4 décembre. Les policiers avaient alors décidé de ne plus sortir dans la rue pour réclamer des hausses de salaires. "Pourquoi mourir pour quelques pesos ?" affichait une femme de fonctionnaire lors d’une manifestation de soutien au mouvement des policiers.

La ville de Cordoba, grand site industriel du pays, n'est pas épargnée par la pauvreté. À la radio ou sur les zones de commentaires des sites d’information, de nombreux Argentins rejettent la responsabilité des pillages sur "les délinquants qui sont sortis des bidonvilles et s'en sont donné à cœur joie". Cependant les pillages sont fréquents en Argentine, surtout en décembre à la veille des fêtes. Mais face aux pillages de commerces, la question que se posent beaucoup d’Argentins c’est de savoir si ces violences sont improvisées.

La police, problème ou solution ?

Pour beaucoup, la thèse d’une connivence entre forces de l'ordre et délinquants ne fait guère de doute. "À chaque fois, ils [les pilleurs, NDLR] interviennent dans des zones libérées" explique Susana Fiorito une militante du quartier populaire de Bella Vista à Cordoba. "Ils s'attaquent à des petits supermarchés, des magasins de sport, ou d'électroménager. Et bien pourquoi ils ne s'attaquent pas aux luxueux centres commerciaux, si c'est pour faire leurs courses de Noël ? En fait, rien n'a été laissé au hasard. Tout a été planifié", dénonce Susana. "Et on veut faire porter le chapeau aux plus pauvres, en laissant les gens dans l'idée que sans la police, ce sera l'anarchie".

Une explication reprise par la présidente de la République Cristina Kirchner, dans son discours pour célébrer, mardi, les 30 ans de démocratie ininterrompue en Argentine. "Je ne suis pas née d’hier. Je ne crois pas aux coïncidences. Ni à la contagion des événements. Mais ce qui vient de se passer en Argentine a été minutieusement déterminé, préparé et exécuté avec une précision chirurgicale".

Le trafic de drogue, nerf de la guerre


Et la police de la province de Cordoba a récemment été pointée du doigt. En septembre dernier, le chef de la brigade anti-drogue de la ville est tombé avec cinq de ses lieutenants pour corruption et trafic en bande organisée. Avec cet épisode, les forces de l'ordre ont perdu le peu de prestige qu'il leur restait, et aussi, leur principale source de financement.

Dans l’émission du journaliste Jorge Lanata, un ancien commissaire de la province de Buenos Aires explique que "Dans les années 1990, le système s'appuyait sur les bordels et le jeu clandestin. Après une purge, les flics se sont concentrés sur la drogue pour remplir "'a cajita feliz' [la "caisse du bonheur", NDLR]. La police a alors offert sa protection aux bandes de narcos : 20 000 pesos pour un laboratoire, 2 000 pesos pour un petit distributeur". Et d’ajouter : "Avec le scandale de Cordoba, il est encore apparu au grand jour que les criminels, c'étaient eux !"

© afp

Ce genre de révélations se multiplie depuis quelques jours jetant une lumière crue sur les raisons qui poussent les policiers à se retrancher dans leur caserne.

Interrogé par FRANCE 24, Pepe di Paola, le prêtre du bidonville de La Carcova, dans la province de Buenos Aires, confirme lui aussi que l’attitude des policiers face à la vague de pillage est ambiguë et qu’il les soupçonne lui aussi de complicité.

"C'est la première fois qu'on a vu des pillages aussi bien organisés. D'abord une voiture qui passe et casse les vitres. Ensuite, des gens qui arrivent en moto et chargent une camionnette. Tout ça dans les même plages horaires et à plusieurs endroits différents ".

Dans ce quartier, où les photos du pape François sont aussi nombreuses que celles du Padre Mugica ce "curé de base" dénonce les ravages qu’engendre le trafic de drogue dans les quartiers populaires et l’implication fréquente des policiers.

“La drogue est en train de décimer les jeunes d'ci. Et la police y a trouvé sa source de financement. Elle a gagné en autonomie. Au lieu de se démocratiser, c'est une institution de plus en plus pervertie. Si le chef de la police anti-narco roule en voiture de luxe et vit dans l'opulence : que va penser un simple flic ? Que lui aussi, il a bien le droit de rapiner".

Première publication : 11/12/2013

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