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À Hong Kong, un loup en peluche devient l'icône de la contestation

© 路姆西 Lufsig (Facebook)

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 13/12/2013

Un loup en peluche vendu par le géant de l'ameublement suédois est en rupture de stock depuis trois jours à Hong Kong. Pour cause, il est devenu, malgré lui, l'icône de la contestation dans cette région autonome de Chine.

À l'origine, le loup en peluche vendu par Ikea était simplement déstiné aux enfants. Mais depuis qu'un manifestant hong-kongais en colère l'a lancé au visage du chef de l'exécutif, Leung Chun-ying, lors d'un meeting public, dimanche 9 décembre, le jouet est devenu l'icône de la contestation dans cette région autonome de Chine. Cet ancien conseiller gouvernemental est empêtré dans un scandale de conflit d'intérêts dans un projet immobilier. Il est en outre soupçonné d'entretenir des liens avec les triades, la mafia locale. 

Depuis cet événement, ses habitants se l'arrachent. Cette ferveur dépasse même le géant de l'ameublement suédois, qui a vu les clients affluer dans ses magasins, lundi 10 décembre, dès 7 heures du matin, pour s'offrir la fameuse peluche. Quatre heures plus tard, leur stock avait été vendu.

"Terme obscène se rapportant au sexe féminin"

En quelques jours, la peluche est également devenue une véritable star sur les réseaux sociaux. Une page Facebook rassemblant plus de 49 000 mentions "J'aime" a été créée.

Cette peluche, vêtue d'une chemise à carreaux et d'un jean, et qui serre dans ses griffes une petite poupée ressemblant à une grand-mère, n'a pas été choisie au hasard. D'une part, "le loup" est le surnom donné au chef de l'éxecutif par ses détracteurs qui le qualifient régulièrement de "fourbe" et "manipulateur". D'autre part, le nom donné à la peluche, Lufsig, évoque en chinois “un terme obscène se rapportant au sexe féminin", comme le raconte poliment le South China Morning Post.

L'enseigne bleu et jaune, qui refuse de commenter cette affaire, se défend de donner à ses produits une connotation religieuse ou politique. Elle affirme néanmoins réfléchir à un nouveau nom pour la peluche, qui retrouvera les étagères des magasins hong-kongais au début du mois de janvier. 

Ironie de l'histoire

De son côté, Leung Chun-ying, élu en juillet dernier par un collège de grands électeurs majoritairement acquis à Pékin, a choisi de prendre cette histoire avec humour, en publiant une photo de lui aux côtés de la peluche. 

Leung Chun-ying, chef de l’exécutif hong-kongais, pose en compagnie de la peluche.


Le chef de l'exécutif y raconte avoir acheté le loup pour sa fille, et avoir ainsi fait un don à l'association Unicef, qui perçoit une partie de la vente à chaque peluche achetée. Dans ce message teinté d'ironie, il s'est toutefois gardé de faire toute allusion au nom du jouet. 

Durant son mandat, Leung Chun-ying doit notamment mettre en place le suffrage universel qui doit permettre aux habitants de Hong Kong de choisir son successeur en 2017. Mais ses détracteurs sont sceptiques sur sa capacité à mettre en place cette réforme. Selon une étude d'opinion menée en décembre par l'université de Hong Kong, Leung Chun-ying bénéficie de 42 % d'opinion favorable. 

Première publication : 13/12/2013

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