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EUROPE

Le TGV Paris-Barcelone sur les rails

© AFP

Vidéo par FRANCE 2

Texte par Henri de LAGUERIE , Adeline PERCEPT

Dernière modification : 17/12/2013

Le premier TGV reliant directement Barcelone à Paris, Lyon, Marseille et Toulouse a ouvert dimanche. Si la capitale française reste à plus de 6 heures de Barcelone, les Catalans des deux côtés des Pyrénées espèrent en tirer profit.

Sur le quai, Luis photographie le train pour immortaliser l’événement. Sous ses yeux, le TGV numéro 9702 quitte la gare de Barcelone direction Paris. Il est 9h20, dimanche 15 décembre. "Cela va rapprocher l’Espagne et la France, se réjouit ce retraité d’origine espagnole. Ça fait tellement longtemps qu’à Barcelone on attendait cette connexion !" Vingt ans, de mémoire de Catalan, qu’il est question de cette liaison directe à grande vitesse, sans changement de train. En plus de Paris, douze villes françaises sont maintenant directement reliées à Barcelone.

Pour Paris, le trajet reste long (6h25) et peu compétitif par rapport aux offres aériennes. Mais selon Guillaume Pépy, pdg de la SNCF, cette liaison à grande vitesse a surtout été pensée pour rapprocher Barcelone du sud de la France (3 heures pour Toulouse, 4h20 pour Marseille, 1h20 pour Perpignan) : "C’est une liaison méditerranéenne, assume-t-il. Ce qui se passe aujourd’hui est historique. Enfin, les deux champions européens de la grande vitesse, la France et l’Espagne, sont connectés par un tunnel. C’est le début d’une grande aventure".

Guillaume Pepy © Henry de Laguérie



Philippe Saman, président de la Chambre de commerce et d’industrie française à Barcelone, fait partie des Catalans d’adoption qui ont suivi de près les (longs) travaux : "Indiscutablement, c’est le secteur du tourisme qui va le plus en profiter. Parmi les Espagnols qui visitent la France, les Catalans sont les plus nombreux. Pour l’instant, ils vont surtout à Paris. Avec ce TGV, je pense que Toulouse et Marseille vont devenir de nouvelles destinations". De même, Barcelone ne peut que se féliciter : un quart des touristes qui visitent la ville sont des Français.

"Pour nous à Perpignan, c'est une révolution !"

Pour les 700 entreprises françaises installées en Catalogne (dont de grands groupes comme Louis Vuitton, Renault-Nissan et Sanofi), "cela ne va pas révolutionner le business, mais ça va changer les mentalités, explique Philippe Saman. Il y aura plus de proximité régionale".

De gauche à droite : Frédéric Cuvilliers, ministre français des Transports, Ana Pastor, ministre espagnole des Transports et Jorge Fernandez Diaz, ministre espagnol de l'Intérieur © Henry de Laguérie



Perpignan, à 200 kilomètres de Barcelone, est sans doute la ville française qui attendait ce TGV avec le plus d’impatience. "Auparavant, faire le trajet Perpignan-Barcelone en train était insupportable. Il fallait changer de train, c’était très long. Pour nous à Perpignan, c’est une révolution", se félicite le maire UMP Jean-Marc Pujol. La ville a beaucoup misé sur cette liaison à grande vitesse. Un grand projet immobilier s’est développé autour de la nouvelle gare TGV. Le secteur privé y a investi 104 millions d’euros, la municipalité 7 millions d’euros. Dans une ville à l’économie sinistrée, avec un taux de chômage à 18%, l’un des objectifs est d’attirer les investissements espagnols dans l’immobilier perpignanais (1 800 euros le m2 contre 4 000 euros à Barcelone).

À terme, les entrepreneurs et politiques locaux attendent de voir raccourci le temps de trajet pour Paris (le train devrait gagner 50 minutes une fois que le tronçon Nîmes-Perpignan, actuellement en travaux, sera à grande vitesse). Depuis la mise en vente le 28 novembre, 30 000 billets ont déjà été vendus sur ces liaisons directes entre Barcelone et la France. 

Première publication : 15/12/2013

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