Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : calme précaire dans la capitale, violences en province

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Au Cameroun, la population se mobilise pour l'éducation

En savoir plus

#ActuElles

Canada : les mystérieuses disparitions des femmes autochtones

En savoir plus

REPORTERS

Le meilleur des grands reportages de France 24 en 2014

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Retour sur les temps forts de l’année 2014

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Un troisième Bush à la Maison Blanche ?"

En savoir plus

DÉBAT

CAN-2015 : un défi pour le continent africain

En savoir plus

L'ENTRETIEN

"Il faut que Pékin réévalue ses politiques dans les régions tibétaines"

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Uruguay : la vie après Guantanamo

En savoir plus

Amériques

Le parrain de la mafia montréalaise Vito Rizzuto est décédé

© Facebook

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 23/12/2013

Surnommé "Teflon Don", Vito Rizzuto, le parrain de la mafia montréalaise, est mort lundi 23 décembre de cause naturelle. Après avoir passé six ans en prison aux États-Unis, il venait de rentrer au Québec.

Un parrain qui s’éteint dans une chambre d’hôpital, cela n’est pas banal. La mort le 23 décembre de Vito Rizzuto, le chef du clan sicilien de Montréal, à l’âge de 67 ans, des suites de complications pulmonaires, n’a pas manqué de susciter de nombreuses interrogations au Québec.

"L’homme qui était connu sous le surnom de 'Teflon Don' (l'homme auquel aucune affaire n'a jamais collé, NDLR) est mort tranquillement ? C’est une surprise pour beaucoup de gens", a ainsi déclaré Julian Sher, un journaliste spécialiste de la pègre, à l’antenne de la chaîne canadienne CBC.

Interrogé par Radio-Canada, le reporter André Cédilot, connu pour ses ouvrages sur la mafia, n’a pas non plus caché son étonnement : "Si Vito Rizzuto avait été atteint d’une maladie, on l’aurait su (…) mais ça se peut que ses longues années au pénitencier, de 2004 au 2012, aient affecté sa santé".

"La sixième famille"

Arrêté en 2004 pour le meurtre en 1981 de trois membres de la famille Bonanno de New York puis extradé aux États-Unis, Vito Rizzuto venait en effet de passer près d'une dizaine d’années en prison. Libéré en octobre 2012, il était rentré depuis à Montréal où il semblait reprendre le contrôle sur la mafia de la ville.

Né en 1946 à Cattolica Eraclea en Sicile, cet homme très soigné qui n’avait pas peur des médias, était l’héritier d’une longue lignée de criminels. Son père Nicolo Rizzuto, émigré dans les années 50, était à la tête de la "sixième famille", appelée ainsi par opposition aux "cinq familles" de la mafia new-yorkaise. Après la disparition du chef de l’époque, le Calabrais Paolo Violi, le patriarche avait pris le contrôle du crime organisé à Montréal dans les années 80.

"La famille de Rizzuto, à laquelle on se réfère sous le nom de "sixième famille" est une organisation violente et criminelle, responsable de l’importation et de la distribution de tonnes d’héroïne, de cocaïne et de marijuana au Canada, de blanchissement et de prêts illégaux de centaines de millions de dollars et qui a profité grassement de paris illégaux, de fraudes et d’assassinats", avaient ainsi résumé un peu plus tôt cette année des procureurs américains, comme le rapporte le journal "Globe & Mail".

Portrait de Vito Rizzuto

Une famille décimée

Pendant la détention de Vito Rizzuto, le pouvoir de cette famille a toutefois été contesté et de nombreux membres ont perdu la vie. Son fils Nick Jr a ainsi été abattu en pleine rue dans un quartier de Montréal en 2009. Le patriarche Nicolo a pour sa part été tué dans des conditions dignes d’un film de gangster. Un sniper l’a mortellement touché en 2010 à travers la fenêtre de sa résidence, alors qu'il s'apprêtait à passer à table avec le reste de sa famille.

Revenu au pouvoir, Vito Rizzuto a tenté ces derniers mois de restaurer le prestige de sa famille, même si ses réseaux ont été exposés au grand jour lors de la Commission Charbonneau, mise en place pour enquêter sur le système de corruption qui gangrène le secteur de la construction à Montréal. Pour le journaliste Jean-Pierre Charbonneau, cité par la chaîne d’information RDI, le regain de violence qui a gagné la ville récemment en est la preuve : "Je pense que son opération de reprise de contrôle se déroulait selon ses plans assez bien parce que la plupart des assassinats dénombrés au cours des derniers mois sont des gens qui étaient plus dans le giron de ses adversaires, des gens qui l’avaient trahi".

Sa disparition soudaine pourrait désormais remélanger les cartes et mettre à mal l’organisation du crime dans la ville québécoise. "C’est une question de temps, il va falloir quelqu’un d’autre qui va prendre la place, mais ça peut créer beaucoup de conflits", a ainsi conclut André Cédilot à Radio-Canada.

Première publication : 23/12/2013

  • JAPON

    La Miss japonaise qui défie les yakuza

    En savoir plus

  • VATICAN

    Le pape François, cible potentielle de la mafia calabraise

    En savoir plus

  • Sur les traces de la 'Ndrangheta, la plus puissante des mafias d'Italie

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)