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EUROPE

Attentats à Volgograd : une "gifle" pour Poutine

© AFP

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 31/12/2013

Les attentats qui ont frappé la ville de Volgograd, en Russie, mettent à mal l’impressionnant dispositif sécuritaire déployé à l’approche des JO. Un camouflet pour Vladimir Poutine, qui a ordonné le renforcement de la sécurité dans tout le pays.

Police, armée, services secrets… Les moyens colossaux déployés pour assurer la sécurité des Jeux olympiques d’hiver, qui doivent se tenir dans la ville russe de Sotchi du 7 au 23 février, n’ont pas empêché deux kamikazes d’activer leur bombe, dimanche et lundi à Volgograd [anciennement, Stalingrad]. En moins de vingt-quatre heures, 34 personnes sont mortes dans ces deux attaques, la première survenue dans une gare de Volgograd dimanche, la seconde dans un trolleybus lundi. Un coup dur pour Vladimir Poutine, qui avait fait des JO de Sotchi une vitrine pour sa politique sécuritaire.

La tenue des jeux est également l’occasion pour les terroristes actifs dans le Caucase-Nord de montrer ce dont ils sont capables, d’après Alexei Malashenko, spécialiste du Caucase au centre Carnegie. "Les terroristes aiment la mise en scène et la théâtralité", confie-t-il à FRANCE 24. En première ligne, Doku Oumarov, homme le plus recherché de Russie et chef des "Moudjahidines du Caucase", a juré dès le mois de juillet qu’il ferait tout son possible pour empêcher la tenue de l’évènement, qui doit attirer 6 000 athlètes et plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Le militant tchétchène réclame la création d’une république islamique autonome dans le Caucase-Nord.

Prenant ces menaces au sérieux, le président russe a déployé un dispositif sans précédent pour une compétition sportive. La cité hôte a été transformée en une véritable forteresse : près de 40 000 policiers sur le qui-vive, plusieurs centaines de caméras dans les rues, et des drones et dirigeables dans le ciel prêts à capturer les moindres faits et gestes des visiteurs. En mer, la sécurité est également de mise avec les patrouilles permanentes de navires de guerre et l’installation de deux radars pour détecter des sous-marins.

Renforcement de la sécurité

Le dispositif sécuritaire à l'approche des JO de Sotchi

Pourtant, à 700 kilomètres de là, c’est la ville de Volgograd, déjà meurtrie il y a deux mois par un kamikaze, qui a été touchée. Dimanche, après le premier attentat qui a tué 18 personnes, le président Poutine s’est voulu rassurant, s’empressant de déclarer que la sécurité était rétablie et qu’il n’y avait plus rien à craindre. Peine perdue : dès le lendemain, un second attentat faisait seize nouveaux morts. "Suite au nouvel attentat, le gouvernement est plus prudent et annonce des mesures concrètes", précise la correspondante.

Le renforcement de la sécurité dans les gares, les centres commerciaux et les aéroports à travers le pays a ainsi aussitôt été ordonné. À Volgograd, Poutine a dépêché le directeur du Service fédéral de sécurité de Russie (FSB) en personne. Dans les rues de la ville, sur les marchés, dans les transports publics, toute personne est désormais sujette à des contrôles d’identité renforcés. D'après Andreï Piliptchouk, à la tête des services d'urgence, 87 personnes ont été interpellées pour n'avoir pas pu produire de documents d'identité en règle ou avoir opposé une forme de résistance aux policiers.

L’image de Vladimir Poutine écornée

Une réaction frénétique destinée à réparer les dégâts que ces attaques ont causé à l’image d’homme fort et de leader incontesté du président. "L’image de Vladimir Poutine est écornée, certains observateurs en Russie n’hésitent pas à parler d’une véritable gifle", commente Jean-Didier Revoin, journaliste basé à Moscou. "Poutine a assis son autorité en se posant comme le garant de la sécurité et d’un retour à l’ordre, après le chaos des années Eltsine. Les jeux de Sotchi devaient être une véritable apothéose pour lui."

Sotchi se situe à une centaine de kilomètres du Caucase-Nord et du Daguestan, fief de la rébellion islamiste. Bien qu’il ait écrasé la rébellion en Tchétchénie, et remis en place une administration pro-Kremlin à Grozny il y a plus de dix ans, le président russe n’a jamais réussi à venir à bout de l'insurrection islamiste qui s'est développée dans le Nord-Caucase. Tout comme le double attentat de Volgograd l'a rappelé, c'est tout le territoire russe qui est menacé à l'approche des Jeux olympiques.

Première publication : 31/12/2013

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