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Economie

Mars One : plus d’un millier de candidats en lice pour coloniser Mars

© @marsone

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 02/01/2014

Mars One a annoncé avoir retenu 1058 candidats sur 200 000 postulants pour son projet d’établir une base humaine permanente sur Mars d’ici 2025. Une initiative controversée que la fondation néerlandaise compte financer grâce à la télé-réalité.

Ils ne sont plus que 1058 à pouvoir continuer à rêver de devenir les pionniers d’une possible future colonisation de Mars. La fondation néerlandaise Mars One a révélé, le 30 décembre 2013, avoir fait un premier écrémage parmi les 200 000 candidatures reçues pour son projet d’établir la première base humaine permanente sur la Planète rouge d’ici 2025.

“Nous avons été impressionnés par le nombre de personnes qui se sont portées volontaires, et notre défi a été de faire la part entre ceux que nous pensons être mentalement et physiquement aptes à devenir des ambassadeurs humains sur Mars et ceux qui prenaient cette mission visiblement beaucoup moins au sérieux”, a déclaré Bas Lansdorp, l’un des co-fondateurs de Mars One. Il a précisé avoir même reçu des vidéos où des candidats “posaient nus”...

VIDÉO de présentation du projet Mars One

La moyenne d’âge de ceux qui ont été retenus est inférieure à 35 ans et la proportion d’hommes (586) est légèrement supérieure à celle des femmes (476). L’identité précise des finalistes n’a, en revanche, pas été dévoilée par Mars One. Impossible, donc, de savoir si l’un des 2 000 Français à avoir postulé a été retenu pour la suite de l’aventure.

Avec le soutien du créateur de “Big Brother”

La suite, justement, devrait être bien plus sérieuse qu’une simple vidéo et une lettre de motivation. Mars One ne gardera au final que 24 élus. Pour faire leur choix, l’équipe de physiciens, médecins et astronautes qui travaillent pour cette fondation va soumettre à partir de 2014 les finalistes à plusieurs tests physiques et psychologiques pour évaluer leur motivation et leur état de santé. Le processus de sélection devrait durer environ deux ans.

Après cette phase, ces nouveaux voyageurs de l’espace recevront leur aller simple pour la Planète rouge. Mais pourront-ils l’utiliser ? Depuis que Mars One a dévoilé, en mars 2012, son projet de créer la première colonie humaine sur Mars, les sceptiques se bousculent au portillon. Le fait que le prix Nobel de physique 1999 Gerard ‘t Hooft fasse parti des “ambassadeurs” de ce projet ou que plusieurs anciens membres de la Nasa ont rejoint l’équipe n’a pas suffi à faire taire les critiques.

Premier doute : le modèle économique. Mars One juge que six milliards de dollars seront suffisant pour envoyer une première équipe de six personnes sur Mars. Pour rassembler cette somme, la fondation compte certes sur les dons et le merchandising (vente de T-shirt notamment). Mais, surtout, elle veut transformer la sélection, l’entraînement et le lancement de la première mission en immense émission de télé-réalité. Ce n’est pas un hasard si Paul Römer, l’un des co-créateurs du premier “Big Brother”, est associé à ce projet.

Si tout se déroule comme prévu, les téléspectateurs du monde entier pourront suivre 24h/24 les aventures des candidats à ce voyage inédit vers Mars. “Est-ce que des gens vont vraiment regarder un tel programme pendant plusieurs années ? Et est-ce que des chaînes vont réellement dépenser des fortunes pour en acquérir les droits ?”, se demandait déjà en juin 2012 Marion Anderson, chercheuse en géosciences à l’université de Monash, la plus importante université australienne. Pour l’heure, Mars One est restée très discrète sur l’état des discussions avec des chaînes de télévision. “Nous sommes en train de négocier les droits de diffusion du processus de sélection”, affirme seulement la fondation dans son communiqué du 30 décembre.

La question est d’autant plus critique que le budget de six milliards de dollars ne couvre que l’envoi des six premiers colons. Chacune des missions suivantes coûterait, en fait, la bagatelle de quatre milliards de dollars supplémentaires, affirme le site Space.com.

Risques cardiaques et rayonnements solaires

Au-delà même des enjeux financiers, il y a aussi les défis scientifiques. Les responsables de Mars One assurent que les technologies pour établir une base humaine permanente sur la planète rouge existent déjà. La fondation a conclu, en décembre 2013, un accord avec le géant américain Lockheed Martin pour mettre en place une sonde qui doit être envoyée en 2018 sur Mars pour préparer le terrain. Elle espère aussi pouvoir utiliser des versions modifiées de la navette spatiale que la société californienne SpaceX a mis au point pour ses propres projets d’exploration spatiale.

Reste qu’il demeure, pour plusieurs spécialistes de l’exploration spatiale, beaucoup de facteurs qui rendent un périple vers Mars très risqué en l’état actuel des connaissances scientifiques. Le voyage, qui dure environ un an, peut avoir des effets très violents sur le corps. Perte de densité osseuse, gonflement du visage et des mains et multiplication des risques cardiaques sont les principales conséquences de la microgravité qui règne dans un astronef.

Et une fois arrivé sain et sauf sur Mars, les problèmes continuent. Pour le correspondant scientifique de la BBC, Jonathan Amos, le principal danger vient du rayonnement solaire contre lequel l’atmosphère de Mars ne procure aucune protection. “Sans des habitats renforcés, ils succomberaient tous au cancer en moins d’un an”, assure-t-il.

Autant de raisons qui font que la Nasa n’envisage pas d’envoyer une équipe d’astronautes chevronnés sur Mars avant 2030 au plus tôt. On attend maintenant de savoir quels atouts Mars One a dans sa manche pour affirmer ainsi pouvoir réaliser l’ambition d’un vol habité vers Mars cinq ans avant la célèbre agence spatiale américaine.

Première publication : 02/01/2014

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