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Amériques

Un litige menace d’interrompre le chantier du canal du Panama

© Dsasso via Flickr - Vue du canal de Panama

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/01/2014

Le consortium international GUPC a menacé de cesser les travaux d’agrandissement du canal de Panama si leur budget n’était pas augmenté de 1,6 milliard de dollars. L'Autorité du canal de Panama refuse, le président Martinelli a été appelé en renfort.

L’année du centenaire du canal du Panama débute sous le signe de la discorde. Ouvert en 2009, le chantier pharaonique qui prévoit l’élargissement de cette route maritime longue de 80 km est sérieusement menacé. La raison : un contentieux entre le consortium GUPC chargé des travaux et l'Autorité du canal de Panama [ACP]. Le premier demande une rallonge budgétaire de 1,6 milliard de dollars pour couvrir “des surcoûts imprévus”, ce que la seconde refuse farouchement. Si l’ACP ne s’exécute pas sous 21 jours, le consortium a annoncé, jeudi 2 janvier, qu'il “procéderait à la suspension des travaux.”

“Il s'agit de sujets techniques, de composantes du ciment, de questions géotechniques, géologiques, d'impôts, de taxes, de questions économiques, en relation avec les employés, de questions climatologiques”, a justifié, auprès de l'AFP, un porte-parole de Sacyr. Ce constructeur espagnol dirige le consortium GUPC, également composé de la firme italienne Impregilo, de la belge Jan de Nul et de la panaméenne Constructora Urbana.

Le président Martinelli à la rescousse

De son côté, l'administrateur du canal, Jorge Quijano, rejette totalement la demande, affirmant que cette manœuvre de GUPC était “destinée uniquement à nous forcer à négocier hors des termes du contrat” d’un montant total de 3,2 milliards, qu’a remporté le consortium il y a cinq ans. À l’époque, des rumeurs accusant Sacyr d’avoir volontairement sous-estimé les coûts des travaux, afin de pouvoir renégocier le contrat plus tard, avaient largement fuité dans la presse.

Les tensions entre les deux parties sont telles que le président du Panama, Ricardo Martinelli, a annoncé, jeudi 2 janvier, qu’il comptait se rendre très prochainement en Europe pour obtenir des garanties sur la poursuite des travaux d'agrandissement. "Je vais aller en Espagne et en Italie pour exiger de ces gouvernements qu'il fassent preuve de responsabilité morale sur ce qui a été convenu, parce qu'il est anormal qu'une entreprise surfacture de manière aussi énorme des travaux d'élargissement", a-t-il déclaré.

“Bouleverser l'industrie maritime internationale”

Le chef de l’État panaméen compte particulièrement sur ces travaux au potentiel considérable pour l’économie du pays et qui, selon ses propres termes, vont “bouleverser l'industrie maritime internationale”. Mais le chantier, qui devait s’achever en octobre 2014 au moment des célébrations des 100 ans du canal inauguré le 15 août 1914, accuse déjà un net retard. Un premier désaccord entre l’ACP et GPUC était survenu, dès le lancement des travaux, quant à la piètre qualité du ciment utilisé. Le consortium avait accepté d'en changer contre une compensation de 573 millions de dollars. Cet épisode a décalé l’inauguration du nouveau canal à 2015.

Le projet prévoit, en plus de l'élargissement des voies d'accès, le percement d'une troisième voie d'eau, l'élévation du niveau du lac Gatun, le creusement du lit du canal et la construction de nouvelles écluses. Après travaux, des navires transportant jusqu'à 12 000 conteneurs - soit le triple de la capacité actuelle - pourront emprunter le canal.

Avec AFP

Première publication : 02/01/2014

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