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FRANCE

Valls et Taubira veulent toucher Dieudonné au porte-monnaie

© AFP - Dieudonné, le 13 décembre 2013

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/01/2014

L'inventeur de la "quenelle", ce bras tendu vers le sol objet d’une vive polémique, doit payer ses amendes. Tel est le message que Manuel Valls et Christiane Taubira ont fait passer, vendredi, dénonçant l'insolvabilité brandie par l'ex-humoriste.

Vendredi 3 janvier, le gouvernement a fait sa rentrée. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et sa collègue de la Justice, Christiane Taubira, se sont exprimés sur l'affaire Dieudonné. Tous deux se sont penchés sur la situation financière de l'ex-humoriste.

Condamné à huit reprises et relaxé plusieurs fois, notamment pour antisémitisme ou injure raciale, Dieudonné n'a pour l'instant acquitté le montant d'aucune amende, dont le total cumulé s'élève à plus de 65 000 euros, dont plus de 37 000 en condamnations définitives, selon des sources judiciaires.

"Insolvabilité organisée"

Christiane Taubira a rappelé que "l'organisation frauduleuse d'insolvabilité est punie par la loi", passible de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Si elle "est avérée, elle doit faire l'objet des diligences nécessaires", juge la garde des Sceaux dans une tribune publiée par le "Huffington Post". "Au titre de l'unité de l'État, le Trésor public doit être en mesure de procéder, par tous moyens de droit, au recouvrement des sommes dues au regard des décisions de justice", poursuit-elle.

Plus tôt vendredi, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, avait estimé sur Europe 1 qu'il fallait "mobiliser l'ensemble des services de l'État pour que Monsieur Dieudonné M'bala M'bala, qui tente d'organiser son insolvabilité, de ne pas payer ses amendes, soit obligé de payer ses amendes".

À la chancellerie, on soulignait que le Trésor public, et donc Bercy, a en charge le recouvrement de ces amendes, mais "se heurte à l'insolvabilité" de Dieudonné. En cas d'impossibilité persistante, Bercy peut saisir le parquet pour engager une procédure de "contrainte judiciaire" prévue par le code de procédure pénale et pouvant éventuellement déboucher sur un emprisonnement, en l'occurrence d'un maximum de trois mois.

Dieudonné, "pitoyable bouffon"

De son côté, Christiane Taubira estime dans sa tribune que "sanctionner avec efficacité est indispensable mais ne suffira pas. Pas lorsqu'un pitoyable bouffon spécule davantage sur les dividendes d'un scandale, que sur les risques judiciaires."

"Ces provocations putrides testent la société, sa santé mentale, sa solidité éthique, sa vigilance. Il nous faut y répondre, car la démocratie ne peut se découvrir impuissante face à des périls qui la menacent intrinsèquement. Il faut donc descendre dans l'arène, disputer pied à pied, pouce par pouce l'espace de vie commune, faire reculer cette barbarie ricanante, la refouler, occuper le terrain par l'exigence et la convivialité", écrit la ministre.

Avec AFP

Première publication : 03/01/2014

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