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Afrique

Reportage à Bangui : les Tchadiens, cibles des milices armées chrétiennes

© FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/01/2014

Les autorités tchadiennes sont suspectées d’avoir encouragé les ex-rebelles de la Séléka en Centrafrique. Civils et militaires originaires du Tchad subissent donc la vindicte des groupes d’autodéfense.

Des dizaines de familles tchadiennes sont venues trouver refuge dans l’ambassade du Tchad à Bangui. Comme tous les musulmans de Centrafrique, ils sont devenus la cible des anti-balakas (anti-machettes, en langue Sangui), une milice d’autodéfense chrétienne formée après la prise du pouvoir par les ex-rebelles de la Séléka.

La crise qui déchire la Centrafrique a ravagé leurs vies. Les anti-balakas pillent, brûlent les maisons et tuent… "Mon mari a été tué, témoigne Hajar Mahadi une jeune maman de trois enfants. Les anti-balakas l’ont attaqué alors qu’il ne s’y attendait pas. Ils l’ont tué, lui et son frère, à la machette". Un récit devenu presque ordinaire, à Bangui, tant les violences interconfessionnelles ensanglantent aujourd’hui la capitale centrafricaine.

Les Tchadiens visés par les anti-balakas

Selon l’ambassadeur du Tchad, 57 Tchadiens ont été tués depuis le début du conflit, de nombreux autres sont portés disparus. La communauté tchadienne est particulièrement ciblée par la milice d’autodéfense chrétienne en raison du rôle ambigu de N’Djamena dans la crise qui secoue aujourd’hui le pays. Certains accusent le président tchadien d’avoir secrètement soutenu la Séléka, aujourd’hui au pouvoir.

"La présence de quelques éléments tchadiens dans la Séléka n’a rien à voir avec l’État tchadien et avec les Tchadiens qui vivent ici depui 40 ou 50 ans, précise Mahmat Charif Dawsa, l’ambassadeur. Et en plus, les forces armées qu’on a mis à disposition de la Misca [force africaine de maintien de la paix, NDLR] sont des unités qui relèvent de l’armée tchadienne, ils n’ont rien à voir avec la Séléka".

Les soldats tchadiens de la force africaine ont déjà payé un lourd tribut dans le conflit. Au cours du seul mois de décembre, ce contingent a perdu une dizaine d’hommes au cours d’accrochages avec des milices armées. Ce taux de perte est l’un des plus élevés de la Misca.

Première publication : 07/01/2014

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