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Les cambrioleurs qui ont fait vaciller le FBI brisent 43 ans d'anonymat

© Wikimedia Commons | J. Edgard Hoover, patron du FBI de 1935 à 1972

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 08/01/2014

Dans un livre, cinq Américains révèlent avoir fait partie des cambrioleurs qui ont dérobé en 1971 les documents ayant révélé l’étendue de la surveillance mise en place par le FBI. Toute ressemblance avec l’affaire Snowden n'est pas fortuite.

Ils s’appellent William C. Davidon, Bob Williamson, Keith Forsyth, John et Bonnie Raines. À eux seuls, ils ont mis à mal le système de surveillance massive et systématique institué par J. Edgar Hoover, le patron du FBI dans les années 70, sans que leur identité ne soit jusque-là dévoilée. Mais mardi 7 janvier, dans un livre intitulé : “The Burglary : the discovery of J. Edgar Hoover’s Secret FBI”, ils ont décidé de révéler avoir fait partie de l’équipe des huit personnes qui ont ébranlé la présidence Nixon et poussé les États-Unis à mieux contrôler les activités de ses espions.

Tout se passe le 8 mars 1971, jour du célèbre combat de boxe entre Mohamed Ali et Joe Frazier. Alors que tout l’Amérique - FBI compris - suit cet affrontement décisif à la télévision, les huit conjurés entrent par effraction dans les locaux du FBI à Media (Pennsylvanie). Ils y dérobent des liasses de documents à l’origine des révélations en cascade sur l’étendue des opérations de surveillance du FBI visant les opposants à la guerre du Vietnam et les militants de la cause afro-américaine.

Les dossiers, entrés dans l’histoire sous le nom de “Media Files”, sont ensuite transmis anonymement à plusieurs médias américains. Le “Washington Post”, sous la plume de Betty Medsger - auteur du livre qui vient de sortir - dégaine le 25 mars 1971 et d’autres journaux prennent le relais dans les jours et semaines suivantes. Les Américains apprennent alors avec stupeur les dessous du programme Cointelpro (Counterintelligence Program) qui consistait à utiliser toutes les méthodes possibles et imaginables pour intimider et ruiner la réputation de ceux qui sont dans le viseur de J. Edgar Hoover.

Soutien à Edward Snowden

Il y a cette note, signée par le patron du FBI en personne, qui appelle ses agents à harceler les militants pacifistes afin de “nourrir leur paranoïa et de leur faire croire qu’il y a un agent [du FBI] derrière chaque boîte aux lettres”. Il y a aussi cette lettre envoyée au révérend Martin Luther King lui suggérant de se suicider s’il ne veut pas que ses affaires extraconjugales soient révélées au public.

J. Edgar Hoover, avec le soutien du président Richard Nixon, a tout fait pour étouffer ces révélations. Sans succès. Il a aussi lancé une chasse à l’homme, mobilisant pendant plusieurs années au moins 200 agents du FBI pour retrouver ces cambrioleurs. Là encore, sans succès. Le puissant patron de l’espionnage américain n’a jamais connu ces voleurs que sous leur nom de code : la Citizens’ Commission to Investigate the FBI (la Commission citoyenne d’enquête sur le FBI).

Au final, une commission d’enquête parlementaire a repris le flambeau et fini par imposer une réforme du fonctionnement du FBI, dont les activités se sont retrouvées davantage encadrées.

Si, sur plusieurs points, l’affaire rappelle le débat engendré actuellement par les révélations sur le cybersurveillance massive de la NSA, ce n’est pas un hasard. Les cinq conjurés ont fini par décider de faire leur “coming-out” afin de soutenir l’ex-consultant de la NSA Edward Snowden.

“Nous espérons que notre décision servira de rappel aux Américains sur les dérives dont sont capables des autorités qui ne sont pas contrôlées et qu’ainsi nous allons contribuer à notre échelle au débat public actuel”, a affirmé Keith Forsyth, lors d’une conférence de presse pour présenter le livre. “Je pense qu’[Edward Snowden] est un lanceur d’alerte tout ce qu’il y a de plus légitime et que nous pouvons aussi être appelé ainsi”, a souligné, pour sa part, Bonnie Raines au quotidien britannique “The Guardian”.

Première publication : 08/01/2014

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