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Afrique

Reportage à Bangui : "S'ils ouvrent le feu, on riposte"

© Capture d'écran FRANCE 24

Vidéo par Rabya OUSSIBRAHIM , Matthieu MABIN , James ANDRE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/01/2014

En Centrafrique, la démission et l'exil du président Michel Djotodia n'apaisent pas les tensions. Les envoyés spéciaux de FRANCE 24 ont rencontré anti-balaka et Séléka qui se tiennent tête sur l'axe stratégique du pont PK9 à Bangui.

Le pont PK9 est le principal axe de ravitaillement de Bangui. Et désormais, c'est un point de confrontation entre forces de la Séléka et milices anti-balaka. Depuis la démission, vendredi 10 janvier, du président centrafricain Michel Djotodia, désormais exilé au Bénin, ses combattants n’ont plus de chef. Ils tiennent cependant toujours tête à leurs ennemis.

"Depuis trois jours, on s’observe, explique aux envoyés spéciaux de FRANCE 24 le capitaine Souleymane Daouda, responsable du poste Séléka du PK9. Nous, quand ils ne tirent pas sur nous, on ne réagit pas. Mais comme ils ont décidé d’ouvrir le feu sur nous, on a riposté."

De l’autre côté du pont, les anti-balaka. Si, pour le moment, la situation reste relativement calme, des roquettes faites maison sont prêtes à servir alors que moins de 200 mètres séparent les combattants. Le caporal-chef Alfred Rombot, anti-balaka, commande la petite troupe. "Non, non, on n’a pas attaqué. C’est eux qui ont tiré sur nous. Il faut que les mercenaires partent. Quand ils se seront déplacés, on prendra PK9 et on travaillera avec l’armée française", assure-t-il.

"Ils ont fait le plus gros pas vers la paix"

Travailler avec l’armée française, un projet des deux camps qui n'est pour l’instant pas très réaliste. "On fait en sorte que tout le monde se tienne à carreau maintenant qu’ils n’ont plus de gouvernement. Ils ont fait le plus gros pas vers la paix", explique l’adjudant Thierry, membre de la force Sangaris. "Il faudrait m’ouvrir la barrière, je vais traverser, explique ensuite le soldat français à un membre de la Séléka. Je vais avec deux véhicules et je vais leur expliquer que ce soir je suis là. Si ça tire, je riposte."

Les Séléka sont prévenus. Quiconque utilisera ses armes essuiera les tirs des Français. Pour les anti-balaka, même message. "Il fallait leur dire qu’il ne faut pas qu’ils tirent sur nous. Hier, ils ont tiré", insiste le caporal-chef Alfred Rombot. La réponse du militaire français est sans appel : "ils savent que le tarif sera le même pour tout le monde : celui qui agresse sera éliminé".

Ce qui se passe autour de ce pont est à l’image de la crise qui déchire la Centrafrique. D’un côté les milices anti-balaka, de l’autre les forces de la Séléka, et au centre la force internationale qui essaie d’éviter un bain de sang.

Première publication : 12/01/2014

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