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Moyen-Orient

Syrie : la communauté internationale redouble d'efforts à l'approche de Genève-2

© AFP

Vidéo par Antoine MARIOTTI

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 13/01/2014

Les efforts diplomatiques s'intensifient en vue de la conférence de paix sur la Syrie qui doit avoir lieu le 22 janvier. Occidentaux et Russes tentent toujours de convaincre l'opposition et Damas de s'asseoir à la table des négociations.

À dix jours de la date prévue pour la tenue de la conférence de paix dite Genève-2, la communauté internationale intensifie ses efforts pour donner au sommet des chances d’arrêter le bain de sang en Syrie, où plus de 130 000 personnes ont été tuées dans les combats entre rebelles et régime depuis mars 2011.

Initiée par la Russie et les États-unis, cette conférence de paix, dont l’idée même a déjà suscité de nombreuses querelles, a pour but d'amener le régime et l’opposition à la même table de négociations et de mettre en application les dispositions avancées à la conférence de Genève-1, qui s'était tenue en juin 2012. Reste que malgré tous les efforts déployés notamment par les Occidentaux, les principaux intéressés, le régime syrien et l’opposition, semblent réticents.

Dialogue de sourds

Le communiqué final de ce premier rendez-vous genevois prévoyait notamment la formation d'un gouvernement transitoire tout en passant sous silence le rôle éventuel de Bachar al-Assad, pomme de discorde entre les deux camps. Depuis, le départ d’Assad est en effet devenu la condition préalable, posée par l’opposition, à sa participation à Genève-2. Et cela, le régime syrien ne veut pas en entendre parler. À maintes reprises, Damas a répété qu’il n'irait pas à Genève "pour remettre le pouvoir à qui que ce soit ni faire de transactions avec qui que soit" et qu'il revient à Bachar al-Assad de mener la transition, en cas d'accord en Suisse.

Au vu de cela, mais surtout de la multiplication des bombardements des troupes du régime sur Alep ou encore du siège imposé au quartier rebelle de Yarmouk près de Damas, plusieurs tendances de la Coalition refusent l’idée même de négocier avec le pouvoir syrien. La coalition exige en outre et avant le début des négociations, la cessation du recours aux armes lourdes par le régime et la mise en place de couloirs humanitaires.

Dimanche, les Amis de la Syrie, un groupe composé de onze pays dont la France, les États-Unis, mais aussi le Qatar et l’Arabie saoudite, ont ainsi une nouvelle fois exhorté la Coalition nationale syrienne à prendre part à la fameuse conférence. Or, la CNS, instance de l’opposition syrienne reconnue par l’Occident, est profondément divisée sur son éventuelle participation à Genève-2 et n’a eu de cesse depuis plusieurs mois d’imposer des conditions préalables. Quarante-huit heures de débats houleux entre ses membres réunis à Istanbul cette semaine n'ont pas permis à la Coalition de prendre une décision. Elle doit à nouveau se réunir le 17 janvier.

L’Iran, participera ou pas ?

Malgré les inconnues, les efforts diplomatiques ne faiblissent pas. À l’issue d’une entrevue lundi entre John Kerry et Sergueï Lavrov, les chefs de la diplomatie russe et américain ont appelé à un "cessez-le-feu" limité géographiquement avant l’ouverture de la conférence de paix. Une nouvelle tentative pour amener l’opposition à la table des négociations en réalisant une de ses conditions.

Les deux pays ont continué par ailleurs à marquer leur désaccord sur la question de l’éventuelle participation de l'Iran à ces négociations, à laquelle Washington s’oppose. Devant la presse, Sergueï Lavrov et l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi ont souhaité la participation à Genève-2 de l'Iran, qui n'a pas été invité jusqu'ici. "Pour nous, l'implication de pays tels que l'Iran et l'Arabie saoudite est une nécessité impérative", a déclaré M. Lavrov. "Il n'y a plus que quelques jours avant le 22 janvier. Nous devons tout faire pour démarrer le processus", a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite a été invitée en Suisse, mais pas l'Iran en raison de l'opposition américaine. Pour les États-Unis, comme pour la France, si l'Iran veut participer à Genève-2, ce pays doit clairement accepter son objectif d'établir un gouvernement provisoire doté des pleins pouvoirs, associant rebelles et des représentants du régime. L'Iran sera "bienvenu" en Suisse sous condition d'accepter la transition politique, a ainsi répété lundi John Kerry. De son côté, Téhéran, dont le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif est attendu prochainement en Syrie, a assuré dimanche être prêt à participer aux négociations en Suisse, mais "sans conditions préalables".

Première publication : 13/01/2014

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