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Afrique

Référendum en Égypte à valeur de test pour l'armée et son chef al-Sissi

© FRANCE 24 | Des T-shirts "al-Sissi" vendus place Tahrir au Caire

Vidéo par Jonathan WALSH

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 14/01/2014

Les Égyptiens sont appelés, mardi et mercredi, à se prononcer sur une nouvelle Constitution. Un référendum qui fait office de test pour le pouvoir militaire et son chef, le tout puissant Abdelfattah al-Sissi.

Les affiches vertes prônant le "oui" sont omniprésentes dans les villes d’Égypte. Depuis un mois, elles ont fleuri sur les devantures des boutiques, dans les rues, et trône, immense, sur la place Tahrir du Caire. Mardi 14 janvier et mercredi 15 janvier, 53 millions d’Égyptiens sont appelés aux urnes pour le référendum sur la Constitution.

La campagne du "non" est, elle, quasiment invisible. Les Frères musulmans, principaux critiques du texte rédigé par le nouveau pouvoir, sont aujourd’hui muselés. La confrérie, qui avait pourtant remporté haut la main les deux premiers scrutins libres de l’histoire de l’Égypte – les élections législatives de 2012, puis la présidentielle de 2013 – a été interdite et placée fin décembre sur la liste des organisations terroristes par le pouvoir, en place depuis la déposition par l'armée de Mohamed Morsi le 3 juillet. Ses journaux ont été fermés, ses rassemblements prohibés, ses associations dissoutes et les arrestations, en son sein, sont légion. Malgré cette répression, "l’alliance anti-coup", proche des Frères musulmans, qui continue à s’exprimer devant les mosquées et les universités, a appelé à un boycott du scrutin.

La Constitution fait la part belle à l'armée

Contrairement au texte précédent, élaboré sous les Frères musulmans par une assemblée constituante principalement composée d’islamistes, la Constitution objet du référendum de mardi et mercredi a été élaborée par une cinquantaine de personnalités sensées représenter la société égyptienne. Le texte introduit quelques avancées libérales par rapport au précédent. L’égalité entre les hommes et les femmes y est, par exemple, clairement stipulée. Par ailleurs, il y est, pour la première fois, fait mention aux conventions internationales en matière de droits de l’Homme, et la torture y est criminalisée.

Mais, dans les faits, les différences entre ce texte et la Constitution élaborée par les Frères musulmans sont ténues. Le budget de l’armée demeure opaque, hors du contrôle du Parlement et le Conseil suprême des forces armées conserve également le pouvoir de nommer le ministre de la Défense au cours des deux prochains mandats présidentiels. D’autre part, les civils pourront être jugés par des tribunaux militaires. Et, fait notable, la charia est toujours considérée comme la principale source du droit, même si le texte prohibe les partis politiques fondés sur des "bases religieuses". Une attaque radicale contre les Frères musulmans.

Six mois après la destitution par l’armée du président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, le pays vit sous tension, confronté à une violente contestation des milieux islamistes. Dans ce contexte, ce référendum apparaît comme un test pour le nouvel homme fort de l’Égypte et ministre de la Défense, le général Abdelfattah al-Sissi. D’autant que ce scrutin devrait être suivi d’une élection présidentielle, qui pourrait se dérouler en avril, à laquelle devrait se présenter le général, même s’il ne s’est toujours pas officiellement porté candidat.

La participation, un enjeu crucial

L’homme est qualifié de sauveur par ses partisans, qui estiment qu’il est la seule personne en mesure de ramener le calme et la stabilité dans le pays. Interrogé samedi 11 janvier sur la présidentielle, en marge d’une conférence, il répond : "L’Égypte est au seuil d’une étape décisive de son histoire, dont le résultat est attendu par le monde entier. Si je suis candidat [à la présidentielle, NDLR], il faut que ça soit à la demande du peuple et avec un mandat de l’armée. Nous sommes en démocratie."

La plupart des observateurs, qui ont disséqué la phrase du général, estiment que l’homme ne souhaite se présenter que si la participation au référendum est élevée. Tout est question de légitimer par les urnes la destitution de Mohamed Morsi, premier président élu du pays, et la lutte acharnée que mène le pouvoir contre les Frères musulmans. "Ce qui importe, c’est la participation", assure Hassan Nafaa, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, interrogé par Reuters, qui poursuit : "Le monde verra alors clairement si ce qu’il s’est passé en juillet était un coup d’État ou une révolution populaire contre Morsi".

La Constitution dans les détails

 

Première publication : 13/01/2014

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