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Economie

Le thermostat, nouvelle arme de Google pour entrer dans la maison du futur

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/01/2014

Le géant de l’Internet vient d’acquérir pour 3,2 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) la société Nest spécialisée dans les thermostats et les capteurs de fumée dits "intelligents". Un prix exorbitant ? Pas si sûr.

Toc, toc, toc, qui est là ? C’est Google. Le géant du Web vient de faire un premier pas pour prendre ses aises dans les maisons du futur. Il a annoncé, lundi 13 janvier, l’acquisition de la société Nest, spécialiste de thermostats, capteurs de fumée et thermomètres dits “intelligents”.

À première vue, rien de très alléchant comparés aux lunettes et montres connectés. Et pourtant Larry Page, le PDG de Google a mis 3,2 milliards de dollars (2,34 milliards d’euros) sur la table pour acheter Nest. C’est à ce jour, la deuxième plus importante des acquisitions de Google (derrière Motorola Mobility, obtenue pour 12,5 milliards de dollars - 9,15 milliards d’euros - en 2011) dont le prix est connu.

Au delà d’une simple société de plus au portefeuille de Google, c’est aussi, et surtout, le premier pari financier conséquent d’un géant du Net dans l’”Internet des objets”. Cette catégorie de produit a dominé les débats lors du récent CES, le salon high-tech de Las Vegas. Samsung, Intel et d’autres y ont présenté leur vision de la maison connectée de demain. “Le CES a démontré que les innovations importantes ne viennent plus des secteurs traditionnels comme les smartphones ou les télévisions mais de celui des objets connectés et Google ne veut pas rater cette évolution”, écrit le site américain Wired.

Avec Nest, Google récupère un constructeur d’objet non seulement “intelligents”, c’est-à-dire connectés à l’Internet, mais qui “apprennent aussi”, rappelle le site américain Betanews. Leurs thermostats, par exemple, incorporent des données sur le mode de vie des habitants d’un logement, comme l’heure du réveil, pour adapter la température ambiante. Les capteurs de fumée, quant à eux, analysent les équipements électroniques alentours pour deviner si un vrai feu menace l’intérieur ou s’il ne s’agit que de la fumée d’un grille-pain.

Peur sur le thermostat ?

Reste à savoir ce que Google va faire de sa nouvelle acquisition. Pour l’heure, pas grand chose. Nest continue à construire ses produits comme si de rien n’était, ont assuré mardi ses dirigeants ainsi que ceux du géant du Web. Il n’y aura, donc, pas de thermostat Google en vente dans les magasins dans un proche avenir. C’est un peu ce qui s’est produit avec Motorola qui conçoit toujours des smartphones sous son nom.

Mais à terme, Google va chercher à tirer profit du savoir-faire et des technologies de Nest. “Si votre maison est en feu, vous aurez désormais des annonces Google dans Gmail pour des extincteurs”, s’amuse sur Twitter Sam Biddle, journaliste du site américain Valleywag. Cependant, cette boutade résume bien la crainte soulevée par cette acquisition : après avoir fait main basse sur une partie non-négligeable des données personnelles sur le Net à des fins publicitaires, Google va-t-il essayer de faire de même avec les informations collectées par les objets communicants ?

Conscient de la polémique en devenir, Nest s’est empressé d’assurer, sur son site, que ses “règles de respect de la vie privée limitent clairement le partage des données personnelles”. Une manière de dire que le nouveau maître de Nest ne va pas savoir à quelle heure l’heureux propriétaire d’un de leur thermostat quitte sa maison. Mais la déclaration de Nest n’interdit pas, pour autant, tout partage de données. Ce flou risque de nourrir encore quelque temps les spéculations sur les arrières-pensées de Google.

Un autre point qui, lui, ne donne pas matière à spéculation : le géant du Net récupère avec Nest une pointure incontestée du secteur des nouvelles technologies. Si Tony Fadell, PDG et fondateur de cette société, est peu connu du grand public, c’est parce qu’il a longtemps évolué dans l’ombre de Steve Jobs. Pourtant, il est le créateur original du design de l’iPod. Google aura probablement à cœur, comme le souligne le site GigaOM, d’utiliser les talents de cet entrepreneur pour revisiter les gammes de smartphones Motorola. Un détail ? Si l’iPod et l’iPhone ont eu un tel succès, c’est indéniablement aussi grâce à leur look très distinctif.

Première publication : 14/01/2014

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