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Grandes manœuvres à Bangui avant la désignation du président de transition

© AFP/Hémicycle du Conseil national de transition

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 15/01/2014

Pressé par la communauté internationale de désigner rapidement un remplaçant à Michel Djotodia, le Conseil national de transition peinait mercredi à s'entendre sur le profil idéal du candidat. L'élection prévue samedi pourrait être repoussée.

Soumis à de fortes pressions internationales pour aller rapidement à l'élection avec des candidats "respectables", les "parlementaires" n'ont pas réussi mercredi à s'entendre sur les critères d'éligibilité pour le futur président de transition, dont l'élection prévue samedi risque d'être décalée, ont indiqué des sources du Conseil national de transition.

Le temps presse, dans un pays éprouvé par un an de chaos et de violences et où la situation reste extrêmement tendue. Si les choses semblent se normaliser chaque jour davantage à Bangui, quadrillée par les forces internationales, le reste du pays reste essentiellement livré à lui-même.

Dans la capitale, un semblant d'administration a repris, la sécurité s'est largement améliorée mais, selon des habitants, "ça tue toujours en douce dans les quartiers", et les dizaines de milliers de déplacés ayant fui les violences ne sont pas rentrés chez eux, attendant de savoir quel prochain président sortira du chapeau.

Les 135 membres du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) doivent procéder rapidement à l'élection du nouveau président par intérim, après la démission la semaine dernière de Michel Djotodia, contraint au départ par la communauté internationale, France en tête, excédée par son incompétence et son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses.

"On nous tord le bras"

Une communauté internationale qui fait part plus ou moins explicitement de ses desiderata, à savoir un président technique et un gouvernement restreint avec des responsables compétents à la tête des ministères régaliens. "Il y a des exigences des bailleurs de fonds, de la CEEAC [Communauté économique des États d'Afrique centrale], estime un membre du CNT sous couvert de l'anonymat. Ils nous donnent des ‘avis’, mais on a quand même l'impression qu'on nous tord le bras."

Mercredi matin, les partenaires occidentaux et africains de la Centrafrique ont ainsi officiellement demandé aux membres du CNT de ne pas se porter candidats à l'élection. "La communauté internationale exhorte le Conseil national de transition à ne pas se poser en juge et partie d'une élection essentielle pour la poursuite stratégique de la transition", a déclaré devant la presse le général Noël Essongo, président du "comité technique de suivi", représentant les partenaires internationaux. Un point qui pose problème a confié à l'AFP un parlementaire.

Aussi les discussions à l'Assemblée ont porté sur la validation des critères d'éligibilité nécessaires pour se présenter, adoptés la veille par le bureau national, l'organe dirigeant du CNT. Au nombre de 16, ils interdisent notamment la candidature de toute personne ayant été membre d'une rébellion ou d'une milice au cours des 20 dernières années, "ce qui fait du monde en Centrafrique", glisse un délégué, parlant d'une "gageure".

Premier à avoir fait les frais de la pression internationale, l'actuel chef de l'État par intérim et président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet, a confirmé mercredi qu'il ne se présenterait pas, afin de "favoriser un climat serein". Ce dernier, très présent sur le terrain depuis plusieurs jours, notamment face aux forces de sécurité centrafricaines à qui il a promis de redonner leur "dignité", s'est félicité de son bilan.

"Toutes mes actions, en seulement quatre jours, ont favorisé le retour au calme et un début de reprise du travail dans l'administration", a-t-il indiqué. "Il a fait du bon boulot, et nous le lui avons dit", a concédé une source occidentale à l’AFP.

Avec AFP

 

Première publication : 15/01/2014

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