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EUROPE

Assassinat de Kurdes à Paris : la thèse d’un crime d’État relancée

© Photo d'archives | Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Söylemez tuées en 2013

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 17/01/2014

Un document sonore diffusé sur Internet mettrait en évidence l’implication des services de renseignement turcs dans le triple assassinat de militantes kurdes à Paris en 2013. Une accusation qui renforce les soupçons d'un crime commandité par Ankara.

Un an après le triple meurtre de militantes kurdes à Paris, la thèse d’un attentat politique commandité par le gouvernement turc a été renforcée par l’apparition d’une pièce à conviction. Dimanche 12 janvier, un enregistrement sonore diffusé sur YouTube a révélé une conversation qui impliquerait Ömer Güney, l’homme inculpé du meurtre de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Söylemez, ainsi que ses possibles supérieurs hiérarchiques, deux membres du MIT (les services de renseignement turcs). Lors de la discussion, censée avoir eu lieu avant les meurtres, les protagonistes identifient des cibles potentielles, plusieurs hauts dirigeants au sein de la guérilla kurde, et détaillent l'approche que devrait adopter Güney.

"Après avoir écouté cet enregistrement, nous pouvons affirmer avec certitude qu’il s’agit bien de la voix d’Ömer Güney", a annoncé, dans un communiqué publié lundi 13 janvier, la Fédération des associations kurdes de France (FEYKA). L’homme turc de 30 ans avait été désigné par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme le chauffeur et l'accompagnateur à Paris de Sakine Cansiz. Il avait été inculpé huit jours après les faits.

Ömer Güney, un "légionnaire" à la solde du MIT ?

Selon la FEYKA, il ne fait aucun doute : "Le crime était planifié, l’assassin n’était pas seul et il poursuivait un objectif politique". Plusieurs médias turcs ont aussitôt publié cette "révélation" sonore. De quoi ulcérer les services de renseignement turcs qui ont de leur côté démenti toute implication. "Une enquête interne a été ouverte concernant les allégations" de la presse, ont-ils indiqué. "Ces informations participent à une opération destinée à mettre en cause notre organisation, qui a joué un rôle important dans le processus de paix [kurde, NDLR]."

Pourtant, mardi 14 janvier, un nouvel élément à charge contre les services de renseignement d’Ankara est venu enfoncer le clou. Le quotidien turc anti-gouvernemental "Sol" a publié un document aux allures d’ordre de mission attribué au MIT, daté de novembre 2012, soit deux mois avant les assassinats, dans lequel Ömer Güney est qualifié de "légionnaire" à leur service. "Nous lui avons donné des instructions pour qu’il se montre extrêmement attentif lorsqu’il correspond avec nous, pour qu’il obtienne l’équipement nécessaire à la mission et pour qu’il effectue les préparatifs au sujet des personnes qui ont été désignées", est-il stipulé.

Les liens entre le MIT et le Premier ministre Erdogan

Une implication du MIT sous-entendrait, pour beaucoup, la responsabilité de l’État turc dans les crimes perpétrés à Paris. En effet, la proximité entre les services de renseignements et le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan est un secret de Polichinelle en Turquie, le chef du MIT, Hakan Fidan, étant un proche du Premier ministre.

Lundi, le gouvernement turc, par la voix de son ministre de la Justice, a vivement dénoncé une "campagne de dénigrement". Et pour cause, si ces nouveaux éléments rendent plausible la thèse d'un crime d'État, ils arrivent dans un contexte politique déjà très tendu en Turquie. Ces derniers mois, Erdogan et la puissante confrérie Gülen, très implantée dans la police et la magistrature, mais tenue à l’écart du MIT, se livrent une âpre bataille. "Le contrôle des services secrets est en jeu", précise même le correspondant du "Monde" à Istanbul.

Par ailleurs, une autre révélation pourrait compromettre les services de renseignement français, d’après des informations également contenues dans l’enregistrement sonore. Le tueur présumé aurait en effet perpétré ses crimes, malgré la surveillance intensive des forces de sécurité françaises, de la police ou de la gendarmerie. Interrogé par le MIT, Ömer Güney confie en effet : "Les renseignements français me suivent seconde par seconde". Un élément qui pourrait avoir des répercussions sur la visite officielle de François Hollande en Turquie, prévue les 27 et 28 janvier prochains.

Première publication : 17/01/2014

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