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Afrique

Samba-Panza : "Impulser une dynamique de réconciliation et d’apaisement"

© AFP | Catherine Samba-Panza, présidente centrafricaine de la transition

Vidéo par Tatiana MOSSOT

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/01/2014

Au lendemain de son élection à la présidence intérimaire centrafricaine, Catherine Samba-Panza a réitéré sa volonté de mener une politique d’écoute et de réconciliation. Et promis de nommer un gouvernement de technocrates.

Élue, lundi 20 septembre, à la présidence intérimaire centrafricaine par les 135 membres du parlement provisoire, Catherine Samba-Panza accède aux commandes d’un État à genou. Violences interreligieuses, administration en déliquescence, grave crise humanitaire… La Centrafrique est un "pays en lambeaux" que l’ancienne maire de Bangui à la charge de "recoudre" avant la tenue d’élections prévue, pour l’heure, en février 2015.

"Je vais recevoir les groupes armés, Séléka et anti-Balaka, et écouter leurs demandes"

En guise de première déclaration officielle, la nouvelle présidente avait lancé, dans la foulée de son élection, un "appel vibrant" en direction des combattants musulmans de l’ex-rébellion Séléka et des miliciens chrétiens anti-balaka, pour qu’ils déposent les armes. "À compter de ce jour, je suis la présidente de tous les Centrafricains sans exclusive", avait-elle souligné dans un souci de rassemblement.

"Recevoir et écouter les groupes armés"

Au lendemain de sa désignation, Catherine Samba-Panza en a dit un peu plus sur les orientations qu’elle entend donner à son action. "Je vais impulser une dynamique de réconciliation, d'apaisement. Ça, je vais m'y employer, a-t-elle affirmé à FRANCE 24. Je veux recevoir les groupes armés et les écouter. Il faut les écouter, connaître leurs attentes, analyser si cela est réaliste ou pas."

Ainsi, pour la présidente intérimaire, la fin des violences ne passe pas uniquement par le désarmement, mais aussi par un accompagnement de ceux qui auront abandonné les armes. "Si on lâche ces jeunes dans la rue, on n’aura pas résolu les problèmes, a-t-elle indiqué. Avec le gouvernement qu’on va mettre en place - le ministre de la Sécurité, le ministre de la Défense, le ministre de la Jeunesse -, on va voir quelles opportunités offrir à ces jeunes. C’est souvent par dépit, parce qu’ils vivent dans l’extrême pauvreté, qu’ils n’ont pas d’avenir, que ces jeunes se lancent dans des actions de violence et succombent au repli identitaire. Il faut comprendre cela aussi."

"Pas de politique politicienne"

"Je ne vais pas rentrer dans les politiques politiciennes et les débats d'équilibre"

Consciente que sa désignation n’a pas mis fin aux tensions dans le pays, Catherine Samba-Panza souhaite agir vite. Aussi, le nouveau Premier ministre de transition "sera nommé d'ici deux ou trois jours", "mercredi ou jeudi", a-t-elle déclaré à RFI.

Pour ce qui concerne la composition du gouvernement, la présidente exclut toute manœuvre partisane. "Vous savez, c'est le manque de dialogue qui a créé beaucoup de frustration au sein de la classe politique, et qui a été vraiment à la base des conflits que nous avons connus jusqu'ici, a-t-elle estimé sur FRANCE 24. Je ne vais pas entrer dans les politiques politiciennes et les débats d'équilibre. Nous sommes à une période où il faut se mettre au travail, où j'ai besoin de technocrates à côté de moi pour être efficace."

De fait, Catherine Samba-Panza sait que l’envoi d’une force européenne, ainsi que le déblocage des fonds promis par la communauté internationale, dépend de la crédibilité des nouveaux dirigeants de la transition centrafricaine.

"Toute précipitation pourrait être préjudiciable"

Quant à la question religieuse, cette chrétienne, qui se refuse à tout communautarisme, la juge secondaire. "Si j'ai un Premier ministre qui répond à ces critères et qui a une religion musulmane, je ne vois pas pourquoi je ne le nommerais pas", a-t-elle expliqué à RFI.

Quant à la durée de la transition, elle estime que "le calendrier initialement prévu de février 2015 est tenable". Mais, a-t-elle prévenu, "toute précipitation pourrait être préjudiciable en raison [des risques] de contestation des résultats" des élections, que la France souhaite officiellement voir se dérouler avant la fin 2014.

Première publication : 21/01/2014

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