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Les mésaventures d'un rappeur libanais pris pour un kamikaze

© Capture d'écran Twitter

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 23/01/2014

Un rappeur libanais à la barbe foisonnante a été arrêté et brièvement détenu mercredi dans la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain d'un attentat à la voiture piégée. Les forces de sécurité croyaient avoir affaire à un terroriste.

Au Liban, la barbe foisonnante ne fait pas le kamikaze. C’est la leçon tirée des mésaventures d’Hussein Charafeddine, un rappeur libanais au crâne rasé et à la barbe généreuse, arrêté et brièvement détenu mercredi 22 janvier dans la banlieue sud de Beyrouth. Sur les dents en raison de la vague d’attentats à la voiture piégée et d’attaques-suicides qui vise la banlieue sud de la capitale libanaise depuis quelques mois, les forces de l’ordre ont cru avoir affaire à un terroriste.

D’autant plus qu’il a été appréhendé à Haret Hreik, un fief du Hezbollah visé par deux attentats depuis le début de l’année, le dernier en date ayant eu lieu le 21 janvier. Soit la veille de son arrestation.

Une photo sur laquelle le chanteur, connu sous le pseudonyme de Double A the Preacherman, apparaît menotté et flanqué de deux gendarmes, a rapidement été diffusée par certains médias locaux qui l’ont décrit comme un salafiste. Ce n'est qu'une fois le cliché repris sur les réseaux sociaux que les fans de son groupe funk-hop, "the Banana Cognacs", ont fait état de la méprise et multiplier les appels à le libérer.

"Notre frère Double A n’est pas un terroriste. Son seul crime est d'être d’un super rappeur, un ami et un frère. Libérez Double A !", ont-ils posté sur le compte Facebook du groupe de Hussein Charafeddine. Sur Twitter, en signe de soutien, le hashtag #BeardedNotATerrorist (un barbu n’est pas un terroriste, NDLR) a également fait son apparition.
 
N’étant porteur d’aucun engin explosif, aucune charge n’a été retenue contre l’artiste, qui a été remis en liberté. Une fois libre, Hussein Charafeddine a écrit sur sa page FaceBook, qu’"un cap avait été franchi en matière d’ignorance".
 
 

 

Première publication : 23/01/2014

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