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EUROPE

Ukraine : l'opposition demande une trêve pendant les négociations

© ANATOLIY STEPANOV / AFP

Vidéo par Florence THOMAZEAU

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/01/2014

Au lendemain d'une journée sanglante qui a fait 5 morts, les chefs de file de l'opposition ukrainienne ont annoncé une trêve, jeudi, jusqu'au soir. Ils attendant de connaître l'issue des négociations avec le président Viktor Ianoukovitch.

L'ultimatum posé par les leaders de l’opposition en Ukraine va-t-il porter ses fruits ? Alors que les manifestants avaient menacé de passer à l’offensive, jeudi 23 janvier, si Viktor Ianoukovitch persistait à refuser la négociation, il semblerait que l’initiative reste en suspens et que les affrontements marquent une pause. 

Vitali Klitschko, chef de file de l’opposition, a en effet appelé policiers et manifestants rassemblés rue Grouchevski à Kiev, théâtre de violents affrontements depuis dimanche, à une trêve jusqu'à 18 heures, en attendant le résultat de négociations prévues avec le pouvoir. "Je reviendrai d'ici 20 heures (locales) et vous rendrai compte des négociations", a déclaré l'ex-boxeur, cité sur les lieux par l'agence Interfax. Des journalistes sur place confirment une pause dans les échauffourées opposant manifestants et police anti-émeutes après cette déclaration, alors que la veille, la violence était à son comble.

Mercredi, journée sanglante

 

Le sang a déjà coulé mercredi, alors que les manifestations qui agitent Kiev depuis plus de deux mois ont pris un tournant radical. L’apparition d’un blindé, qui s’est frayé un passage entre les cars de police brûlés et s’est avancé vers les manifestants, en est le symbole le plus frappant.
 
"C'était une journée de peur et de confusion", raconte Gulliver Cragg, correspondant de FRANCE 24 en Ukraine. "Les gens sont partagés entre le désir de venir à bout du régime et la peur des balles après les morts de mercredi, tués visiblement par des franc-tireurs". 
 
Dans la matinée, le Premier ministre ukrainien, Mikola Azaro, qui assiste au Forum économique mondial de Davos, a qualifié ces actions de "véritable tentative de coup d'État".
 
Cinq personnes ont été tuées et 300 autres blessées dans les violents affrontements entre manifestants pro-européens et forces de l'ordre, selon le centre du service médical improvisé de l'opposition.  D’après le site Ukrainska Pravda, quatre des cinq personnes tuées avaient des blessures par balles. Le parquet ukrainien a indiqué de son côté que seuls deux hommes avaient été tués par balles dans la zone des affrontements.
 
Les forces de l'ordre, casquées et équipées de boucliers, ont lancé mercredi plusieurs assauts contre les barricades dressées dans la rue Grouchevski, qui mène au Parlement. Aux cocktails molotov et jets de pierre des manifestants, elles ripostaient par des tirs de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes. Le Premier ministre Mykola Azarov a également autorisé la police à passer outre l'interdiction habituelle des canons à eau par des températures inférieures à zéro. Il faisait près de moins dix degrés mercredi à Kiev. Les manifestants isolés ou tombés étaient battus sans ménagement à coup de pieds et de matraques, selon les journalistes sur place.
 
Viktor Ianoukovitch "a cessé d'être président et est devenu un assassin", a déclaré, dans un message transmis par ses proches, l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko. Les leaders de l'opposition ont annoncé mercredi 22 janvier au soir, devant des dizaines de milliers de personnes réunies dans le centre de la capitale, passer à l'offensive "si Ianoukovitch ne fait pas de concessions". De son côté, Arseni Iatseniouk, proche de l'ex-Premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko, a donné "24 heures" au pouvoir pour éviter un "bain de sang".

Les réactions à l'étranger ne se sont pas fait attendre
 
L'Union européenne s'est dite "choquée" par l'escalade de la violence en Ukraine, théâtre depuis plus de deux mois d'une contestation sans précédent après la volte-face du régime, qui a renoncé fin novembre à un rapprochement avec l'UE pour se tourner vers la Russie. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a averti Kiev de "possibles actions" et de "conséquences pour les relations" avec l'Ukraine avec l’UE. Les États-Unis ont annoncé également des premières sanctions, en révoquant les visas de responsables ukrainiens impliqués dans les violences.
 
Moscou a pour sa part dénoncé "l'ingérence étrangère" dans les affaires intérieures de l'Ukraine, tout en estimant que l'opposition "extrémiste" en violait "outrageusement la Constitution". Jeudi matin, le Kremlin a d’ailleurs confirmé qu’il n’interviendrait pas en Ukraine. La Russie est "convaincue" que les autorités ukrainiennes "savent ce qu'il faut faire et trouveront la meilleure solution pour faire revenir la situation à la normale et rétablir la paix", a indiqué M. Peskovc le porte-parole du président russe Vladimir Poutine dans une interview publiée sur le site du quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda.

Avec AFP 

 

Première publication : 23/01/2014

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