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Economie

Le FBI arrête "l’homme le plus détesté de l’Internet"

© Wikimedia Commons

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 24/01/2014

Hunter Moore est soupçonné d’avoir payé un pirate informatique pour voler des images compromettantes d’internautes. Cet Américain, qualifié d’”homme le plus détesté de l’Internet”, s’était fait connaître comme le roi du "revenge porn".

Son passé l’a rattrapé. Le FBI a arrêté, jeudi 23 janvier, Hunter Moore surnommé, depuis un portrait paru en 2012 dans le magazine “Rolling Stones”, l’”homme le plus détesté de l’Internet”. Il est soupçonné par les autorités d’avoir, entre 2011 et 2012, payé un pirate informatique afin de lui fournir des photos de nus d’internautes récupérées illégalement sur leur ordinateur. Hunter Moore est accusé de les avoir ensuite publiées sur le Net et d’en avoir tiré de juteux bénéfices financiers.

Ces accusations vont bien plus loin que ce qui était jusqu’alors reproché à cet Américain de 29 ans. Hunter Moore s’est en effet fait connaître comme le roi incontesté du “revenge porn” (porno revanchard). Cette pratique très controversée et critiquée consiste, pour des personnes quittées ou trompées, à poster sur le Net des photos compromettantes de leur ex-petit(e) ami(e). Un désir de vengeance qu’Hunter Moore a permis d’assouvir avec isanyoneup.com, le site le plus populaire pour trouver ce genre de clichés mis en ligne à l’insu des victimes entre fin 2010 et avril 2012.

Au sommet de sa gloire, début 2012, Hunter Moore publiait plus de 20 nouvelles photos par jour, et IsAnyOneUp attirait près de 350 000 visiteurs uniques quotidiennement. En tout, Hunter Moore assure qu’en un an son site a été consulté 500 millions de fois. Ce petit commerce, essentiellement financé par la publicité, lui permettait de gagner jusqu’à 30 000 dollars par mois. Parmi ses victimes les plus célèbres se trouvaient un concurrent de l’émission de télé-réalité “American Idol” et la fille d’un généreux donateur du parti républicain américain.

Banni à vie de Facebook

Le succès de IsAnyOneUp a été d’autant plus dangereux pour l’intimité des internautes que d’autres sites similaires se sont multipliés, donnant naissance à une vraie économie de niche du “revenge porn”. Hunter Moore a reçu d’innombrables menaces de mort, une femme s’est même présentée à son domicile et l’a agressé physiquement ce qui lui a valu un séjour à l’hôpital. Facebook l’a aussi banni à vie car il y faisait de la publicité pour son site, et PayPal a bloqué son compte.

Mais légalement Hunter Moore se sentait à l’aise dans ses baskets. Le fondateur de IsAnyOneUp s’estimait protégé par une loi américaine selon laquelle le propriétaire d’un site n’est pas responsable du contenu mis en ligne par les internautes. Lorsqu’il a décidé d’arrêter, en avril 2012, sa grand œuvre de “revenge porn” car il avait - officiellement - eu un “changement de sentiment” à l’égard de cette pratique, il espérait avoir mis cette lucrative parenthèse de sa vie derrière lui.

C’était sans compter les trouvailles du FBI. D’après son ancien avocat, contacté par le quotidien américain "Time", les autorités fédérales s’intéressent à Hunter Moore depuis plus d’un an. Ils ont pu mettre la main sur des messages échangés avec un pirate informatique - également arrêté jeudi 23 janvier - qui prouvent que Hunter Moore ne se contentait pas uniquement des photos soumises volontairement par d’autres internautes. Le dossier d’accusation fait état de dizaines de courriels dans lesquels il demande expressément à son acolyte de pirater des comptes de messagerie d’internautes pour y récupérer des photos compromettantes. Impossible dans ce cas-là d’invoquer l’irresponsabilité légale de l’hébergeur de contenu. Hunter Moore doit comparaître devant un tribunal fédéral californien mardi 28 janvier.

Première publication : 24/01/2014

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