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Viktor Bout, "marchand de mort" et vidéaste amateur, s'expose à Sundance

AFP

Le

Le "marchand de mort" russe Viktor Bout n'était pas seulement un marchand d'armes à la moralité douteuse, il était aussi un vidéaste amateur qui a tourné des dizaines d'heures de films personnels et familiaux, dévoilés dans un passionnant documentaire.Viktor Bout lors d'une audience au tribunal à Bangkok le 4 octobre 2010

Le "marchand de mort" russe Viktor Bout n'était pas seulement un marchand d'armes à la moralité douteuse, il était aussi un vidéaste amateur qui a tourné des dizaines d'heures de films personnels et familiaux, dévoilés dans un passionnant documentaire.

"The Notorious Mr Bout" (Le tristement célèbre M. Bout) marque le retour au festival de Sundance de Maxim Pozdorovkine, présent l'an dernier avec le film "Pussy Riot: A Punk Prayer", sur le groupe russe des Pussy Riot.

Il a cette fois fait équipe avec le documentariste américain Tony Gerber pour retracer la vie rocambolesque de Viktor Bout, arrêté en Thaïlande en 2008 par des agents américains s'étant fait passer pour des guérilleros colombiens. Jugé coupable de tentative de trafic d'armes, il purge aujourd'hui une peine de 25 ans de prison aux Etats-Unis.

"Il ne se sent pas coupable. Il clame toujours son innocence", déclare Tony Gerber à l'AFP dans la station de ski de Park City (Utah, ouest des Etats-Unis), où la 30e édition du festival de cinéma indépendant se tient jusqu'à dimanche.

"Il était très important que ce film ne soit pas un référendum sur la culpabilité ou l'innocence (de Viktor Bout), car cela aurait été beaucoup moins intéressant", poursuit-il. "Pour la loi américaine, il est coupable. Il a tenté de transporter des missiles. Mais en Russie, vous ne pouvez pas être poursuivi pour une +tentative de+. Ce n'est pas un crime".

"Si l'on met de côté la question de la culpabilité et de l'innocence, de la légalité ou de l'illégalité, le film devient une réflexion sur le bien et le mal, la moralité et l'immoralité. C'est un sujet beaucoup plus intéressant", dit-il.

Viktor Bout "se voit comme un homme d'affaires dans son bon droit", assure pour sa part Maxim Pozdorozki. "Les gens ont cette idée fausse en général, selon laquelle les ventes d'armes sont un monde obscur. C'est très naïf de penser qu'on peut transporter un missile d'un endroit à l'autre sans que personne ne s'en rende compte". "Dans 99% des cas, tout le monde est au courant. C'est dans la nature de ce commerce, où sont impliqués les gouvernements", dit-il.

Du "self-made man" à "Icare"

En utilisant les 150 heures de vidéos personnelles de Viktor Bout, ainsi que des images de vidéo-surveillance -- notamment celles du traquenard thaïlandais, dignes d'un thriller hollywoodien -- les deux cinéastes dressent un portrait très personnel, voire sympathique, du marchand d'armes, qui a inspiré le film "Lord of War" avec Nicolas Cage.

"Notre film sur ce +légendaire+ marchand d'armes est aussi l'histoire d'une famille, d'un homme d'affaires, un capitaliste, un rêveur, un homme naïf qui fait beaucoup de mauvais choix parce qu'il ne réfléchit jamais sur lui-même", observe M. Gerber. "On le compare souvent à Icare, qui vole trop près du soleil avec des ailes de cire et trouve le moyen de se demander +Que s'est-il passé? Je n'ai rien fait de mal!+".

Pour M. Pozdorovkine, avec ses excès et son allégeance au capitalisme le plus cynique et débridé, Viktor Bout est "un personnage historique important, en ce sens que sa vie épouse les grandes transitions géopolitiques du monde. Cela en dit beaucoup sur la façon dont la planète a changé ces 25 dernières années".

Outre les films, confiés aux réalisateurs par Alla, l'épouse de Viktor Bout, le film a bénéficié d'un accès direct au "marchand de mort", dont la voix et le récit rythment le documentaire. S'il était d'accord avec le principe du documentaire, il se demandait néanmoins quel public pourrait bien s'intéresser à son histoire, notamment aux Etats-Unis. Là encore, il faisait preuve de naïveté, selon Tony Gerber.

"La dernière fois que je l'ai vu, il m'a demandé: +Pourquoi les Américains voudraient-ils voir ce film ? Ils ont leur idée sur moi, cela ne va pas les intéresser+", raconte le coréalisateur. "Je lui ai fait remarquer qu'il représentait le mythe du self-made man, parti de rien et qui s'est élevé au-dessus de la masse. C'est une figure américaine classique, qui résonne en chacun d'entre nous".

Première publication : 24/01/2014