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EUROPE

Crispations diplomatiques autour de la crise ukrainienne

© Mehdi Chebil / FRANCE 24

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 29/01/2014

Alors que la situation reste tendue en Ukraine entre le pouvoir et les opposants, toujours nombreux à protester malgré les concessions du gouvernement, l’ex-République soviétique s’est trouvée au cœur d’échanges diplomatiques tendus, mercredi.

Il n’y a pas qu’en Ukraine que la situation est tendue. Sur le plan diplomatique, l’Union européenne et la Russie continuent à s’opposer verbalement à propos de la situation dans l’ex-République soviétique, toujours instable.

Mercredi 29 janvier, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’est entretenue par téléphone avec le président russe, Vladimir Poutine, et le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, pour plaider en faveur du dialogue. "On ne doit pas laisser la situation sombrer à nouveau dans la violence", a-t-elle déclaré, selon un porte-parole.

L’UE attend un "véritable dialogue" en Ukraine

Catherine Ashton, haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, était, quant à elle, à Kiev où elle a rencontré le président ukrainien, qui après avoir fait quelques concessions, n’entend pas céder davantage. "Le dialogue qui a eu lieu par intermittence doit devenir un véritable dialogue. Nous espérons assister à de vrais progrès dans les jours qui viennent", a-t-elle souhaité.

Comme la veille à Bruxelles, lors du sommet Union européenne-Russie, le président russe, Vladimir Poutine, a rappelé mercredi que la Russie tiendrait ses engagements financiers envers l’ex-République soviétique, et ce même si l’opposition pro-européenne arrivait aux affaires. Le chef du Kremlin a toutefois précisé quelques heures plus tard que la Russie "attendrait la formation d’un nouveau gouvernement ukrainien" pour poursuivre le versement de l’aide financière de 15 milliards de dollars promise à Kiev.

En décembre, Vladimir Poutine avait décidé de se porter au secours d’une Ukraine au bord de la faillite. L’opposition locale et les puissances occidentales y avaient vu l’expression du satisfecit de Moscou après la volte-face du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, qui avait renoncé in extremis à un accord d’association et de libre-échange avec l’Union européenne pour se tourner vers la Russie.

Si une première tranche de trois milliards a été versée fin décembre par la Russie sous la forme d’un emprunt obligataire, Kiev s’attend à un deuxième versement rapide, de deux milliards de dollars. Le Premier ministre ukrainien par intérim, Serhiy Arbouzov, s’est engagé à tout faire pour minimiser les conséquences économiques de la crise.

"Le pays est au bord de la guerre civile"

Et pourtant, en Ukraine, tous les signaux sont au rouge. Léonid Kravtchouk, qui fut le premier président de l’Ukraine indépendante, n’y est pas allé par quatre chemins : "Le pays est au bord de la guerre civile", a-t-il jugé mercredi, s’exprimant devant la Rada, le parlement monocaméral ukrainien. "Nous devons appeler ce qui se passe par son nom. Il s’agit d’une révolution parce qu’il est question d’une tentative pour changer de pouvoir."

Plusieurs centaines de contestataires campaient toujours place de l’Indépendance à Kiev, mercredi, tandis que d’autres, plus radicaux, affrontaient les forces de l’ordre aux abords du stade de football du Dynamo Kiev. De nombreux opposants à Viktor Ianoukovitch occupent encore plusieurs bâtiments administratifs à travers le pays, dont l’Hôtel-de-ville de la capitale et le siège du ministère de l’Agriculture.

Après une demi-journée de négociations entre la majorité et l’opposition, une loi d’amnistie pour les manifestants interpellés depuis le début de la contestation a été adoptée en fin de journée par le Parlement. Ceux-ci doivent, en échange, s’engager à évacuer la plupart des bâtiments qu’ils occupent. Les partis de l’opposition se sont abstenus durant ce vote. "Pour nous, il est tout simplement impossible de dire aux gens : ‘Vous avez fait le nécessaire, maintenant il faut rentrer chez vous’", a estimé l’ancien boxeur Vitali Klitschko, l’un des leaders de l’opposition.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/01/2014

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