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Asie - pacifique

La campagne présidentielle afghane endeuillée par un double meurtre

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/02/2014

L'ouverture officielle de la campagne présidentielle en Afghanistan, dimanche 2 février, a été marquée la veille par le meurtre de deux membres de l'équipe d'Abdullah Abdullah, considéré comme le favori du scrutin. L'acte n'a pas été revendiqué.

Alors qu’onze candidats afghans se sont officiellement lancés dimanche 2 février dans la course à la présidentielle pour succéder au président Hamid Karzaï, deux membres de l'équipe d'Abdullah Abdullah, ancien ministre et favori du scrutin, ont été abattus à Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan.

"Des hommes armés ont tué le Dr Hamdard, qui était le chef de notre équipe de campagne à Hérat, de même qu'un autre membre de l'équipe", a déclaré à l'AFP le porte-parole de M. Abdullah, Sayed Fazel Sangcharaki. "Des hommes armés ont ouvert le feu sur eux en plein milieu de la rue", avant de prendre la fuite, a-t-il déclaré.

Onze candidats se sont lancés dans la course à la présidentielle

"Menaces" avant les meurtres

"Ce qui vient d'arriver, au début même de la campagne électorale, est un mauvais signe, qui montre que les forces de sécurité sont incapables d'assurer la sécurité de la campagne ou qu'elles ne prennent pas leur travail au sérieux", a estimé le porte-parole de M. Abdullah, accusant les autorités afghanes ne pas avoir suffisamment protégé l'équipe de Hérat, grande ville de l'ouest afghan.

Une source proche de l'ancien ministre Abdullah a par ailleurs indiqué à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que l'équipe de campagne du candidat avait reçu des "menaces" la semaine dernière.

L'attaque n'avait pas été revendiquée samedi soir et aucun porte-parole des Taliban, qui mènent une insurrection sanglante dans le pays depuis leur éviction du pouvoir en 2001, n'était joignable.

Ces meurtres font resurgir le spectre de la précédente élection présidentielle, en 2009, un scrutin chaotique marqué par des fraudes et des violences.

Une élection test

La course à la présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 5 avril prochain, avait déjà été endeuillée par l'assassinat, à la mi-septembre, du chef de la Commission électorale indépendante pour la province de Kunduz (nord) par les rebelles talibans.

Cette élection fait figure de test pour la stabilité et l'avenir du pays, après notamment 12 ans d'intervention occidentale marquée par des dizaines de milliards de dollars d'aide.

Elle survient alors que l'Afghanistan, en proie à des violences persistantes, aborde une période d'incertitude à l'approche du retrait, à la fin de l'année, des 58 000 soldats de la force internationale l'Otan.

Considéré comme un des favoris du scrutin, M. Abdullah était arrivé en deuxième position au premier tour en 2009, avec plus de 30 % des voix. Il s'était retiré du second tour après avoir dénoncé, comme nombre d'observateurs, des fraudes massives, entraînant de facto la réélection de M. Karzaï.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 02/02/2014

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