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Génocide rwandais : Simbikangwa "disait que les Tutsis devaient mourir"

© FRANCE 24 | Clémentine Nakure, l'un des témoins-clés du procès Simbikangwa.

Vidéo par Thaïs BROUCK

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/02/2014

Vingt ans après le génocide au Rwanda, le premier procès historique d'un ex-officier rwandais s'est ouvert mardi à la cour d'assises de Paris. FRANCE 24 est partie à la rencontre de deux de ses victimes présumées, et d'un tueur repenti, à Kigali.

Près de 20 ans après le début du génocide rwandais, le premier procès historique d'un ancien officier rwandais s'est ouvert mardi 4 février à la cour d'assises de Paris, qui le juge au nom de la "compétence universelle" prévue par des accords avec le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dans le boxe des accusés : Pascal Simbikangwa, 54 ans, ancien directeur des services de renseignement de la présidence rwandaise, paraplégique depuis un accident de la circulation en 1986. Cet ex-officier comparaît pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. Il est accusé d'avoir incité, organisé et aidé les massacres qui firent quelque 800 000 morts, principalement Tutsi et Hutu modérés, en 100 jours entre avril et juillet 1994, notamment en fournissant des armes aux miliciens opérant aux barrages dressés dans le centre-ville de Kigali. Le prévenu, qui nie en bloc, risque la perpétuité.

Au Rwanda, peu nombreux sont ceux qui ont accepté d’apporter leur témoignage pour les besoins du procès. Clémentine Nakure est l’une des rares femmes à avoir accepté de parler du rôle de Pascal Simbikangwa lors du génocide. En août 1993, cette commerçante voyageait vers le nord du pays. Elle affirme avoir été enlevée sans raison par les hommes de main de l’ancien capitaine. Encore sous le choc, elle assure avoir subi des coups pendant près d'une heure.

"Lorsque je suis arrivée dans le bureau de Simbikangwa, il avait un pistolet et une massue. Il m'a accusée de travailler pour les services de renseignement du FPR [Front patriotique rwandais, parti majoritairement constitué de Tutsis]. Je lui ai répondu : ‘je ne sais même pas de quoi tu parles’. À chaque réponse, il me frappait avec la crosse du pistolet. À chaque fois que je lui répétais ‘Pardonne-moi, je ne suis pas une espionne’, il continuait de me frapper encore et encore."

"Escadron de la mort"

À l’époque, les journalistes aussi essuyaient les foudres du régime hutu. Certains des articles les plus critiques sont aujourd’hui conservés au Centre de formation et de recherches coopératives (Iwacu), à Kigali. Ancien rédacteur en chef, Sam Gody est l’un des témoins-clés des agissements de l’ex-capitaine. Il dit avoir été emprisonné et torturé pendant quatre jours après avoir publié un édito désignant Simbikangwa comme le chef des escadrons de la mort.

"Le quatrième jour, le capitaine Simbikangwa m'a convoqué une quatrième fois dans son bureau. Il m'a alors dit : ‘Je te donne la grâce mais à une condition. Tu peux écrire n'importe quoi sur le président de la République, tu peux écrire n'importe quoi sur les ministres, sur le MNRD [Mouvement révolutionnaire national pour le développement, parti du président Juvénal Habyarimana], mais tu ne dois plus jamais parler de l'escadron de la mort’."

"C'était quelqu'un d'important, un capitaine"

Pascal Simbikangwa aurait supervisé les barrages de Kiyovu, dans le centre-ville de la capitale rwandaise, où étaient arrêtés ou exécutés les Tutsis. Des milliers de personnes y ont laissé la vie. "C'était quelqu'un d'important, un capitaine. Il tournait en voiture et donnait les ordres, toutes les instructions, témoigne Emmanuel, un ancien milicien Interahamwe qui affirme avoir obéi aux ordres de l’ex-capitaine. Il disait que les Tutsis devaient mourir. Il écumait tous les quartiers de la ville pour nous donner ses instructions."

Après neuf années de prison, Emmanuel a refait sa vie. Il est chauffeur de moto-taxi, mais les souvenirs des massacres sont plus vivaces que jamais à l'approche du 20ème anniversaire du génocide.

Première publication : 05/02/2014

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