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Culture

La Berlinale face aux vieux démons allemands

© DR | Image extraite du documentaire “German Concentration Camps Factual Survey”

Texte par Jon FROSCH

Dernière modification : 12/02/2014

Nazisme, Holocauste, intégrisme religieux… Quand ils ne replongent dans le passé trouble de l’Allemagne, les films présentés à la 64e Berlinale auscultent les maux qui rongent la société allemande d’aujourd’hui. Avec plus ou moins de réussite.

Après "The Grand Budapest Hotel" de Wes Anderson en ouverture, le 64e Festival du film de Berlin s'est de nouveau penché sur l'histoire et la société allemande, en présentant des films sur le nazisme et l’Holocauste, ainsi que des longs-métrages sur les maux de l'Allemagne d'aujourd'hui.

Parmi les productions effectuant un saut dans le passé trouble du pays, le documentaire “German Concentration Camps Factual Survey”, projeté en avant-première dimanche 9 février à la Berlinale, constitue probablement le travail le plus critique à l’égard de l’Allemagne.

Tourné par des cameramans des armées britannique, américaine et russe lors de la libération des camps de concentration en 1945, ce projet est à l'origine une commande d’un producteur britannique, qui souhaitait confronter la population allemande aux conséquences de leur soutien à Adolf Hitler. Mais lorsque le film, dont la supervision avait été confiée à un certain Alfred Hitchcock, fut quasiment achevé, ses réalisateurs ont estimé que sa sortie pourrait compromettre les efforts de réconciliation entrepris après-guerre. Longtemps, les bandes restèrent ainsi prendre la poussière des archives.

Nouveau témoignage de l’horreur des camps

Il aura fallu attendre 1984 pour qu’un extrait du documentaire soit montré à la Berlinale, puis à la télévision américaine un an après. Et, dimanche dernier, une version inédite de 70 minutes, restaurée par les Britanniques du Musée impérial de la guerre, a été dévoilée aux festivaliers.

C’est dans un silence de cathédrale que ces derniers, dans la grande majorité allemands, ont découvert les images d’époque montrant les victimes des camps allemands et polonais (les camps de concentration de Belsen, Dachau et Buchenwald et le camp de la mort d’Auschwitz). “German Concentration Camps Factual Survey” foisonne de ces remuants témoignages de l’indicible horreur : mer de visages émaciées fixant les caméras ; officiers nazis jetant des cadavres squelettiques dans les charniers ; prisonniers frottant leur corps rachitique sous le jet de leur première douche d’eau chaude ; garçon savourant un bol de soupe après son transfert dans un centre médical.

Nombre de ces séquences ont beau nous être familières, elles n’ont en rien perdu de leur capacité à susciter l’abomination. Et les voir dans la durée, qui plus est dans une version remasterisée, demeure une douloureuse expérience.

À l’épreuve des images s’ajoute une voix-off pointant la responsabilité des citoyens allemands de ces années, coupables au mieux d’indifférence, au pire de complicité avec les atrocités nazies. On frissonne d’horreur à voir ces gardes SS rigolards ou ces villageois faisant commerce de produits conçus à partir des cheveux, des bouts de peau et des dents des détenus.

Le commentaire a été récemment réenregistré, mais il respecte les mots tels qu’ils furent écrits en 1945. Ce qui explique pourquoi, comme on l’a appris lors du débat suivant la projection, les juifs ne sont pas présentés comme les principales victimes du régime nazi. Les réalisateurs du documentaires avaient en effet estimé qu’en mettant l’accent sur les souffrances des juifs, le public antisémite aurait davantage de difficultés à éprouver des regrets.

"The Monuments Men" : des héros bien faiblards

À l’autre bout du large spectre des films sur le IIIe Reich présentés à la Berlinale se trouve "The Monuments Men", histoire vraie d’une équipe d’experts en art partie sauver des chefs-d’œuvre de la mainmise nazie. Et il semble absurde de ranger sous la même bannière un document comme “German Concentration Camps Factual Survey” avec cette grosse et paresseuse machine hollywoodienne qu’est le cinquième film de George Clooney.

Ce dernier, que l’on a connu, en tant que réalisateur, capable du bon (“Good Night, and Good Luck”) comme du moyen (“Les Marches du pouvoir”), n’a jamais fait preuve d’une exceptionnelle virtuosité derrière la caméra. Et ce n’est pas avec ces mièvres et tarabiscotées aventures propres à exalter l’héroïsme d’hommes ordinaires, que l’acteur va figurer parmi l’élite de la réalisation. "The Monuments Men" fait partie de ces films faiblards qui, en dépit du spectacle offert par un Matt Damon, une Cate Blanchett ou encore un Jean Dujardin (et son adorable accent) combattant de sardoniques et vils Allemands, ne parvient même pas à sortir le spectateur de la léthargie.

“Stations of the Cross” : les fous de Dieu dans le viseur

Plus en prise avec l’Allemagne contemporaine, “Stations of the Cross” de Dietrich Brüggemann dépeint les effets destructeurs de l’intégrisme catholique sur une adolescente. Effets qui auraient pu se révéler tout aussi néfastes dans n’importe quelle communauté ultra-religieuse.

Œuvre aussi austère que maîtrisée, le film du cinéaste allemand se déploie en 14 impressionnants plans-séquences (autant que les étapes composant le chemin de croix du Christ) durant lesquelles on voit la jeune Maria (excellente Lea van Acken) essayer de rester en conformité avec le mode de vie ascétique prêché dans sa paroisse. Un souci de rectitude constamment contrarié par les inéluctables pulsions adolescentes : un éveil sexuel, qui lui fait éprouver du désir pour un charmant camarade de classe, et une attirance pavlovienne pour la rébellion, qui l’amène à se soulever contre ce monstre de dogmatisme qu’est sa mère (Franziska Weisz).

De fait, “Stations of the Cross” est le genre de travail que les festivals européens aiment tant programmer : un film formellement exigeant mais peu original en définitive. Certes quelques-uns des segments brillent par leur panache, comme celui où un charismatique prêtre (Florian Stetter) exhorte une classe à résister aux plaisirs sataniques comme le rock ou la mode. Mais la fureur contenue qui habite l’ensemble et cette valse-hésitation permanente entre satire et tragédie finit pas lasser, dès lors qu’on devine le sort qui sera réservé à la jeune héroïne.

Les fous de Dieu sont une cible facile. Leur tirer dessus ne manquera jamais, comme à Berlin, dimanche, de provoquer l’hilarité d’une salle de critiques, que l’on sait agnostiques pour la plupart. Le fanatisme, c’est mal, nous ressasse méthodiquement “Stations of the Cross”. Sacré scoop.

Première publication : 11/02/2014

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