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SPORT

Lolo Jones : la SDF devenue star médiatique des JO

© AFP

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 12/02/2014

Aux JO de Pékin et de Londres, l'Américaine Lolo Jones a chuté par deux fois au pied du podium. Devenue membre de l'équipe de bobsleigh, cette athlète spécialiste des haies veut prendre sa revanche à Sotchi. Une reconversion qui déplaît.

La vie de Lori Jones a tous les ingrédients d’un bon film hollywoodien : une enfance difficile, un don pour le sport, des titres mondiaux, des échecs olympiques, une foi inébranlable, des photos osées et un changement de carrière à 360 degrés. À 31 ans, cette jeune femme multiplie les couvertures des plus grands magazines. Avec 285 000 abonnés sur Facebook et plus de 384 000 followers sur Twitter, elle est la star incontestée des Jeux de Sotchi. Une "success story" à l’américaine qui fait le bonheur des médias, mais qui lui vaut aussi beaucoup d'animosité.

Rien ne prédestinait pourtant cette sportive à participer aux JO d’hiver au sein de l’équipe féminine américaine de bobsleigh. Spécialiste des haies, cette athlète est plus habituée aux stades qu’aux pistes glacées. Dès son plus jeune âge, à Des Moines dans l’Iowa, Lori Jones se fait remarquer par ses talents de sprinteuse. Née dans une famille démunie qui a recours à l’Armée du salut pour se loger, la petite fille n’a qu’un rêve : celui de s’en sortir. Alors que son père multiplie les séjours en prison et que sa mère cumule les petits boulots pour nourrir ses six enfants, Lolo oublie ses soucis en courant. À l’époque, alors que sa famille doit de nouveau déménager, elle aurait déclaré, selon un portrait publié en 2008 dans le journal "Des Moines Register" : "Maman, je ne peux pas aller vivre dans une ville qui n’a pas de piste d’athlétisme. J’essaye de réaliser mon rêve".

La malédiction des JO

Tenace, la jeune championne s’accroche et réussit à intégrer l’équipe d’athlétisme de l’Université de Louisiana State. Mais la concurrence est rude, et Lolo Jones subit un premier échec. Elle n’obtient pas sa qualification pour les Jeux olympiques d’Athènes en 2004. Quatre ans plus tard, elle devient championne du monde en salle sur 60 mètres haies et décroche son billet pour les JO de Pékin. Auréolée du statut d’ultra-favorite, elle heurte l’avant-dernière haie lors de la finale et termine à la 7e place. L'image de l'athlète, effondrée sur le sol après la ligne d'arrivée, fait alors le tour du monde.

La finale perdue par Lolo Jones à Pékin

En 2012, après avoir remporté un deuxième titre de championne du monde, l’Américaine entend bien prendre sa revanche à Londres. Devenue une vraie star, elle squatte les plateaux télés. Elle n’hésite pas à poser à moitié nue pour 'Outside magazine". Elle fait aussi parler d’elle en avouant en mai 2012 sur la chaîne HBO, juste avant l’Olympiade, qu’elle se préserve avant le mariage et attend le grand amour : "Rester vierge est la chose la plus difficile que j’ai faite dans ma vie, c’est beaucoup plus dur que de s’entraîner pour les Jeux olympiques ou que de réussir ses examens à l’université".

Une attention médiatique qui ne lui attire pas que des supporters. En plein JO de Londres, Jeré Longman, du "New York Times", la critique violemment en la comparant à la joueuse de tennis Anna Kournikova, plus connue pour ses unes de magazines que ses performances sportives. Selon lui, Lolo Jones ne doit sa célébrité "qu’à sa beauté exotique et à une triste et cynique campagne marketing". La finale du 100 mètres haies des JO 2012 lui donnera finalement raison. La chouchoute des médias échoue encore une fois et prend la 4e place, au pied du podium.

Une nouvelle piste

Ridiculisée devant la terre entière, Lolo Jones tombe dans une profonde dépression. Quelques mois plus tard, alors qu’elle tente d’oublier sa déception, elle rencontre les deux spécialistes de bobsleigh, Elana Meyers et Jazmine Fenlator. L’athlète gagne deux amies et une nouvelle carrière. "Dès la première semaine, elles m’ont accepté et elles m’ont relevé. Je pense que c’est ce dont j’avais besoin, pas seulement de faire du bobsleigh mais aussi de retourner sur la piste avec la tête haute", a-t-elle expliqué depuis à l’agence Associated Press.

Devenue pousseuse, elle se classe deuxième de la première étape de la Coupe du monde de bobsleigh à Lake Placid et est même sélectionnée pour représenter les États-Unis aux JO de Sotchi. Mais encore une fois, cette reconversion express lui vaut des reproches. Évincée de l’équipe américaine, la pousseuse Emily Azevedo ne cache pas sa rancœur. Interrogée par "USA Today", elle explique que sa rivale a bénéficié d’un passe droit : "J’aurais dû travailler ma popularité sur Twitter plutôt que de prendre de la masse musculaire". Le site Sports on earth insinue également que la chaîne NBC a fait pression sur les officiels américains pour avoir une star à l'antenne en l’absence de la skieuse Lindsey Vonn, blessée : "Avec Lolo, ils ont obtenu ce qu’ils voulaient, un fac-similé acceptable de Vonn".

Toujours critiquée, mais jamais complètement à terre, Lolo Jones se moque de ces commentaires. Même si elle ne fait partie que de la troisième équipe de bobsleigh américaine, elle espère bien repartir de Russie avec une médaille autour du cou. "Le bobsleigh m’a rendue plus forte. Le bobsleigh m’a donné faim. Le bobsleigh m’a donné la foi. Le bobsleigh m’a donné de l’espoir. J’ai poussé un bobsleigh, mais le bobsleigh m’a poussée à ne jamais abandonner mes rêves", affirmait-elle récemment sur sa page Facebook. Après avoir été mise en quarantaine, lundi, en raison d’un léger coup de froid, la passionaria des médias a repris l’entraînement. Elle sera bien sur la piste de Sotchi mardi 18 février pour le début des épreuves de bobsleigh.

Portrait de Lolo Jones (en anglais)


 

Première publication : 11/02/2014

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