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Economie

Facebook, 56 nuances de genre

© Pôle infographie FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/02/2014

Fini la seule identification par les termes homme ou femme sur le célèbre réseau social. Depuis jeudi, les internautes peuvent choisir parmi 56 orientations sexuelles aux États-Unis. Une victoire pour la communauté LGBT.

Il y a de quoi hérisser le poil de tous les polémistes de la théorie du genre. Facebook, connu pour être à la pointe de la défense des droits de la communauté homosexuelle, vient de faire un petit changement dans son interface et un grand pas en direction de ceux qui jugent qu’on peut se définir autrement que comme un homme ou une femme.

Aux États-Unis, il est désormais possible sur le réseau social de choisir entre homme, femme ou un genre personnalisé. Une troisième option que Facebook a inclus “afin que [ses utilisateurs] se sentent en adéquation avec leur vraie et authentique personnalité”, d’après un communiqué publié sur le réseau social, jeudi 13 février.

“Nous avons collaboré avec un groupe d’organisation en pointe de la lutte pour les droits de la communauté LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) afin d’offrir une liste extensive d’identités sexuelles utilisées par un grand nombre de personnes pour se décrire”, poursuit Facebook. Les utilisateurs du site ont, ainsi, la possibilité de choisir parmi 56 genres différents en plus du traditionnel homme ou femme.

Cette liste à rallonge comprend des termes comme transsexuel, androgyne ou bisexuel qui sont largement entrés dans le langage commun. Autant de catégories qui comportent des déclinaisons comme "Trans Man" ou Trans Female". Mais cette vaste palette de choix inclut aussi des mots qui, du moins, en France n’ont pour l’instant pas rencontré d’écho auprès du grand public. La qualification de “non-binary” (non-binaire) évoque ainsi le refus de rentrer dans le schéma classique homme/femme. Two-spirit (Bispirituel ou Berdache) est généralement utilisé dans la communauté des Indiens d’Amérique du Nord pour désigner une personne du “troisième genre”. Il ne s’agit pas de l’expression d’une préférence sexuelle mais bien pour un individu d’estimer qu’il n’est “ni typiquement homme, ni typiquement femme”, comme l’explique Diane Labelle au magazine québécois Urbania. D’autres notions, quoique également peu usitées, se comprennent plus aisément comme bigenre ou “gender nonconforming” (qui ne se conforme pas aux genres.)

Ceux qui ne se reconnaîtront pas dans ces nouvelles catégories peuvent également choisir de ne plus être identifiés par Facebook par le pronom “il” ou “elle” mais par un autre plus neutre (they en Anglais).

Des géants du Net pionniers

Un changement d’approche de Facebook qui a largement été salué par les organisations américaines sympathisantes de la cause LGBT. “Le profil Facebook est devenu une vraie identité pour les internautes et c’est un pas important qui va permettre à de nombreuses personnes de se définir honnêtement en ligne”, a ainsi assuré Chad Griffin, président de la Campagne pour les droits de l’Homme. La GLAAD, l’une des associations LGBT les plus influentes aux États-Unis, s’est réjouie de cette nouveauté permettant aux “personnes transgenres de raconter leur vraie histoire avec leur propre mot”.

Les associations américaines catholiques se sont, de leur côté, empressées de critiquer cette décision. “Facebook peut faire ce qu’il veut, mais il y a une réalité qui divise l’humanité en deux entre les hommes et les femmes”, affirme au quotidien britannique “The Guardian” Jeff Johnston, un membre de “Focus and Family”, une association catholique de Denver.

Reste que ce changement est dans l’air du temps de la Silicon Valley. Les géants du Net, comme Facebook, Google ou Apple, ont souvent été des pionniers dans la reconnaissance des droits pour leurs salariés LGBT. Depuis plusieurs années, la plupart de ces groupes offrent, ainsi, une mutuelle qui couvre aussi bien les besoins pour les employés hétérosexuels que transgenres, comme le rappelle Dana McCallum, une ingénieur travaillant pour Twitter.

Google avait, de son côté, réussi à faire son petit effet médiatique lors de l’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi. Le géant de l’Internet avait profité de l’occasion pour habiller le logo de son moteur de recherche aux couleurs arc-en-ciel en guise de protestation contre les mesures discriminatoires en Russie envers les homosexuels.

Première publication : 14/02/2014

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