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Moyen-Orient

Le plan d’Al-Qaïda pour mettre à feu et à sang un fief du Hezbollah

© AFP - Une voiture piégée désamorcée par l'armée le 12 février 2014.

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 14/02/2014

Des voitures piégées, des tirs de roquettes et plusieurs kamikazes prêts à se faire exploser. Tel était le plan, déjoué à temps, d'un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda visant la banlieue sud de Beyrouth et le Hezbollah.

L'arrestation par les services de renseignement de l’armée libanaise d'un haut dirigeant des brigades Abdallah Azzam, un groupe djihadiste opérant au Liban et lié à Al-Qaïda, semble avoir permis d’éviter un bain de sang visant la banlieue sud de Beyrouth.

Le suspect en question est un réfugié palestinien nommé Naïm Abbas, qui, selon la presse libanaise, avant de rejoindre Al-Qaïda, a été un membre du Fatah, avant de se radicaliser et d’intégrer les rangs de plusieurs mouvements extrémistes.
 
Naïm Abbas passe aux aveux
 
Placé sous surveillance après avoir été lâché par un de ses compères, il a été arrêté dans un faubourg de la capitale libanaise lors d'une opération spéciale le 12 février. Il est accusé d’être le "cerveau" de plusieurs attentats à la voiture piégée qui ont ensanglanté ces derniers mois des zones chiites contrôlées par le Hezbollah. Il entendait punir le parti chiite à cause de son engagement en Syrie aux côtés de l'armée du régime.
 
Passé aux aveux quelques heures après son arrestation, l'homme a fourni des indications qui ont permis aux forces de sécurité de désamorcer deux voitures piégées avec plus de 100 kg d’explosifs, cachées dans le centre de Beyrouth, et dans un village accoudé à la frontière syrienne, à l’est du pays du Cèdre. "Naïm Abbas a admis l'existence de cette voiture [découverte à Beyrouth, NDLR], qui devait se rendre dans la banlieue sud de Beyrouth", bastion du Hezbollah, a indiqué l'agence de presse libanaise l'ANI.
 
Au-delà du désamorçage de ces deux véhicules et de la découverte de plusieurs caches d’armes, l’enquête et l’interrogatoire du suspect ont permis d’en savoir beaucoup plus sur les intentions du groupe terroriste.
 
La banlieue sud chiite dans le viseur
 
Le quotidien libanais al-Joumhouria, souvent bien informé sur les questions sécuritaires, dévoile vendredi, le plan complet des brigades Abdallah Azzam pour mettre à feu et à sang la banlieue sud de Beyrouth. Précisément le 16 février, une date traditionnellement commémorée par le Hezbollah comme "la journée des martyrs". Ce jour-là, le secrétaire général du pari, Hassan Nasrallah, devait prononcer un discours comme de coutume, chaque année. Un évènement qui a été annulé pour des raisons sécuritaires, avant même les aveux de Naïm Abbas.
 
Selon le journal, une voiture piégée était programmée pour exploser près du siège de la chaîne al-Manar, la télévision du parti de Hassan Nasrallah. Un lieu aussi symbolique que sécurisé. En outre, al-Joumhouria indique qu’au même moment une autre explosion devait secouer le secteur de Ghobeiri et de Chiyah, dans la banlieue sud. Enfin, cette même banlieue sud, aurait dû être visée le même jour par des tirs de roquettes, ainsi que par plusieurs kamikazes chargés de se faire exploser au moment de l’arrivée des secours sur le lieu du bombardement, afin de faire le plus de victimes possibles.
 
Fin décembre, l'armée libanaise avait capturé dans le sud du pays, Maged al Maged, le chef suprême des Brigades Abdallah Azzam. Mais le ressortissant saoudien qui souffrait de problèmes rénaux, est mort peu après sa capture en détention des suites de sa maladie. Son groupe qui a prêté allégeance à Al-Qaïda, est considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis depuis 2009. Il a notamment revendiqué le double attentat-suicide contre l'ambassade d'Iran qui a fait 25 morts en novembre dernier, à Beyrouth.

 

Première publication : 14/02/2014

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