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Economie

PSA officiellement renfloué par la Chine et l’État français

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 19/02/2014

Le groupe chinois Dongfeng et l'État français vont investir, chacun, 800 millions d'euros pour acquérir 14 % du constructeur français PSA. La famille Peugeot perd ainsi le contrôle sur le groupe. Qui va profiter de cette recapitalisation ?

Le mariage à trois est finalisé. PSA Peugeot Citroën a officialisé, mercredi 19 février, l'entrée de l'État et du chinois Dongfeng au capital de l’entreprise. La veille, les constructeurs chinois et français ont signé le protocole d'accord sur une augmentation du capital du numéro un français de l'automobile. Une information que l'État avait également confirmé, par la voix du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Ce dernier a qualifié cette implication de l’État "de décision de patriotisme économique et industriel".

Au terme de cet accord, Dongfeng et l'État vont injecter, chacun, 800 millions d'euros dans PSA pour acquérir 14% du groupe. La famille Peugeot va voir sa participation dans le groupe baisser de 25% à 14% et perdra, du coup, le contrôle de cette marque emblématique de l'industrie française.

Une perte de pouvoir rendue nécessaire par les difficultés persistantes du constructeur français. Actuellement à la peine même sur les marchés brésilien et russe qui lui réussissaient jusqu’à présent, Peugeot a tout intérêt à resserrer ses liens avec le deuxième constructeur automobiles chinois. Mais pas pour la raison qu’on invoque généralement en premier lorsqu’il est question de la Chine : “Ce n’est pas pour permettre à PSA d’avoir accès au marché chinois, car le constructeur français a déjà un accord avec Dongfeng en ce sens”, rappelle Jean-François Dufour, président du cabinet de conseil DCA Chine-Analyse. 

Un intérêt 100 % financier

L'intérêt de cette éventuelle alliance serait à 100 % financier. Non seulement, une entrée de Dongfeng au capital de PSA implique un apport immédiat de fonds, mais “c’est aussi la porte d’entrée pour avoir accès aux prêts des banques chinoises”, affirme Jean-François Dufour. Pour cet expert, le principal avantage des constructeurs automobiles chinois sur leurs concurrents européens est le soutien sans faille des banques chinoises à un secteur que Pékin a désigné comme prioritaire. “C’est comme ça que Volvo, racheté il y a trois ans par Geely, a pu bénéficier des prêts bancaires chinois qui lui ont permis de rebondir”, remarque Jean-François Dufour.

En mettant de l’argent sur la table pour entrer au capital de PSA, Dongfeng facilite la vie du constructeur français pour obtenir des prêts, et incite son nouveau partenaire chinois à continuer à le soutenir financièrement pour que l’investissement des banques soit justifié.

Partenaires un jour, concurrents demain ?

Mais PSA n'est pas le seul gagnant de cet accord. Pour Dongfeng, l'enejeu est simpe : profiter de transferts des technologies du groupe français. “Les constructeurs chinois sont actuellement sous pression de Pékin pour développer leurs propres marques de voitures capables de concurrencer les marques occidentales, mais ces groupes ne sont pour l’instant pas encore technologiquement au point pour le faire”, explique Jean-François Dufour.

C’est d’autant plus important pour Dongfeng qu’il est le seul grand constructeur automobile chinois à ne pas avoir le genre de participation directe dans des marques occidentales, qui favorise les transferts technologiques.

Une implication d’autant plus importante de l'État français que de l'autre côté, Dongfeng jouera probablement une carte de choix au sein de l'appareil du régime chinois pour peser sur les négociations. L’actuel ministre de l’Industrie, Miao Wei, a, en effet, été le patron du constructeur chinois au début des années 2000.

Pour PSA, un rapprochement avec le constructeur chinois se révèle donc tout à son avantage à court et moyen terme, alors que Dongfeng mise, de son côté sur le long terme. Si pour l’instant, les deux intérêts ne sont pas antagonistes qu’en serait-il lorsque, grâce à la technologie de PSA, le nouveau meilleur ami de Peugeot deviendrait aussi l’un de ses concurrents ?

Première publication : 18/02/2014

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